Les Championnats d’Afrique d’haltérophilie ont connu leur dénouement dimanche dernier au Centre national, à Vacoas. La sélection mauricienne a ramené pas moins de trois médailles d’or, 13 d’argent et huit de bronze. Une bien meilleure moisson qu’en 2016 au Cameroun, où Maurice était revenue à trois breloques dorées, une d’argent et deux de bronze. L’on retiendra toutefois que dans certaines catégories, les médailles étaient prévisibles compte tenu du nombre de participants.
Les performances des Mauriciens sont encourageantes pour l’avenir, surtout en vue des Jeux des îles de l’océan Indien (JIOI), qui se tiendra sur nos terres dans deux ans. Si l’équipe féminine s’en est plutôt bien sortie, chez les garçons, force est de constater qu’ils ont encore du pain sur la planche pour rivaliser avec les meilleurs du continent, voire de la région. Madagascar et les Seychelles ont également démontré qu’ils en avaient sous le pied et qu’il faudra définitivement compter sur eux la saison prochaine. Les Malgaches, notamment, ont été très convaincants dans les petites catégories chez les hommes, soit en -56 kg et -62 kg, où les frères Éric et Alain Andriatsitohaina ont confirmé leur supériorité face aux Mauriciens.
Un gros vide reste à combler dans ces petites catégories, un impératif pour la fédération qui devra trouver un plan de travail pour remédier à cet écart. La déception est venue d’Anthony Madanamoothoo, qui n’a pas été au rendez-vous chez les -77 kg. Certes, la compétition était rude, mais compte tenu de son potentiel, on est en droit d’attendre beaucoup mieux. Il aura l’occasion de se rattraper aux Championnats d’Afrique juniors en octobre, en Ouganda, et aux Championnats du Commonwealth Jeunes et juniors en septembre.
Roilya Ranaivosoa reste le fer de lance de la sélection, étant une athlète confirmée au plus haut niveau. Certes, dans sa catégorie, il n’y avait qu’une seule adversaire venant de Madagascar. Mais la talentueuse haltérophile est l’une des rares à maintenir un niveau de régularité exemplaire. Ce n’est pas pour rien qu’elle conserve sa couronne chez les moins de 48 kg. Une athlète de qualité qui possède encore une marge de progression. Emmanuella Labonne (69 kg) s’est, comme au Cameroun l’année dernière (où elle avait raté l’or d’un kilo), adjugé l’argent. Mais si en 2016, elle était revenue avec une breloque argentée autour du cou, cette fois, elle en a gagné deux de plus. Une progression pour cette dame de fer, qui ne compte pas s’arrêter maintenant.
Les jeunes à l’honneur
Les plus jeunes ont également été de la fête à l’instar d’Alison Sunee et Ketty Lent. Cette dernière, soeur cadette d’Emanuella (Labonne), a ce sport dans le sang. Pour sa première participation chez les seniors, elle a ramené trois médailles d’argent avec records nationaux jeunes et juniors à la clé. Alison Sunee (-75 kg), qui vient récemment de souffler ses 18 bougies, a elle aussi réussi sa grande première à ces Championnats d’Afrique avec trois médailles d’argent. La jeune Wendy Iram, appelée à la dernière minute pour intégrer le plateau des +75 kg, s’est offert trois médailles de bronze dimanche dernier, étant déjà assurée de finir sur le podium du fait que sa catégorie ne comprenait que trois participantes. Au final, elle a soulevé 40 kg à l’arraché et 55 kg à l’épaulé-jeté.
Shalinee Valaydon, engagée dans la catégorie des plus de 105 kg, a récolté une médaille d’argent, et deux de bronze sur trois participantes également. La victoire est revenue, sans surprise à l’Égyptienne Shaimaa Khalaf, numéro 3 mondial. La bonne surprise est venue d’Alvin Jooron (+105 kg) qui a décroché deux médailles d’argent et une de bronze, lui qui avait pris ses distances avec la discipline pour effectuer un retour gagnant. Au classement par équipe, Maurice a terminé première au tableau féminin, suivie par la Tunisie et Madagascar. Au tableau masculin, le pays termine au pied du podium. L’Algérie a remporté ce concours, suivie par la Tunisie et le Maroc. Au total, Maurice a ramené 24 médailles de ces championnats.