Honneur aux leveuses mauriciennes lors de la deuxième journée des Championnats d’Afrique d’haltérophilie qui se sont poursuivis hier en fin d’après-midi au centre national à Vacoas. Emmanuella Labonne (-69 kg) et Alison Sunee (-75 kg) ont enrichi chacune de trois médailles d’argent l’escarcelle mauricienne, portant à neuf le total de médailles d’argent, après les trois autres remportées jeudi par Ketty Lent (-58 kg), ainsi que les trois médailles d’or de Roilya Ranaivosoa (-48 kg) et les trois de bronze de Jonathan Coret (-62 kg).
Hier après-midi, Emmanuella Labonn et Alison Sunee étaient d’humeur très combative, car l’opposition était à la hauteur des attentes dans les deux catégories. Leur concours s’est résumé à une lutte à trois. En -69 kg, la Tunisienne Ghada Hassine s’est révélée nettement au-dessus, débutant même son concours toujours en dernière position après ses deux adversaires. Puissante et impressionnante d’aisance, Ghada Hassine a survolé les deux épreuves d’un trait, réussissant 87-90-92 kg à l’arraché, couplé d’un seul essai à 115 kg à l’épaulé-jeté, pour un combiné de 207 kg. Là encore, elle aurait pu faire mieux, n’était un échec à 121kg.
Comparativement, Emmanuella Labonne débute à 80 kg à l’arraché, puis repousse la charge avec succès à 87 et 91 kg. À l’épaulé-jeté, elle soulève d’entrée 100 kg, mais rate ses deux tentatives à 110 kg en raison « d’un long temps mort qui m’a fait perdre toutes mes sensations quand je me suis retrouvée sous la barre », explique-t-elle. Mais l’honneur est sauf puisqu’elle devance l’Algérienne Cherara dans les deux épreuves et au combiné.
« Je voulais battre mon record personnel qui se situe à 108 kg depuis les derniers Jeux des îles 2015. Mais ce n’est que partie remise. Par contre, j’y suis arrivée à l’arraché en réalisant 91 kg. Dans l’ensemble, je réalise un bon concours, d’autant que la Tunisienne était une inconnue, car c’est la première fois qu’on s’affronte. Vu que l’an dernier au Cameroun j’ai raté deux médailles à l’épaulé-jeté et au combiné, je suis bien satisfaite de mes trois médailles d’argent. Ma performance, je la dois à mon coach (le DTN Chinois Mu Hong He) que je remercie, car jamais je n’aurais cru pouvoir soulever 91 kg à l’arraché, même tenter 110 kg à l’épaulé-jeté. Même si c’est l’argent qui me revient une fois de plus et ce, depuis 2003, j’en suis très fière pour ma famille également et pour mon père à qui je rends hommage », confie Emmanuella Labonne. À bientôt 33 ans, elle avoue qu’elle a encore des choses à prouver aux Jeux du Commonwealth l’année prochaine, ainsi qu’aux Championnats du Commonwealth.
Quant à Alison Sunee, 17 ans seulement, elle avoue avoir réussi sa grande première aux Championnats d’Afrique. Elle aligne d’entrée 65, puis 71 kg à l’arraché, mais rate une barre à 75 kg. À l’épaulé-jeté, elle se contente d’un seul essai à 80 kg, ayant échoué ses tentatives à 91 et 96 kg. Elle estime que c’est de bon augure pour le futur. « Il y a les Jeux du Commonwealth 2018, puis surtout les Jeux des îIes 2019 où j’espère pouvoir faire encore mieux. » Ses premières médailles africaines, elle les dédie à son père (l’ancien champion de boxe Richard Sunee), son coach et sa famille. Elle espère faire encore honneur à son pays.
À noter que le Mauricien Dinesh Pandoo était lui aussi en action hier soir en -69 kg, où il termine 5e avec une performance de 106 kg à l’arraché et 135 kg à l’épaulé-jeté (total : 241 kg), améliorant au passage trois records nationaux chez les jeunes et chez les juniors.