Face aux forces en présence, la sélection mauricienne arrive à tirer son épingle du jeu en étant à la hauteur des espérances. Si Roilya Ranaivosoa est la seule médaillée d’or, les autres haltérophiles ne sont pas en reste puisque certains arrivent à accrocher des podiums. C’est le cas des soeurs Ketty Lent et Emmanuella Labonne, ainsi qu’Alison Sunee et Jonathan Coret. Retour sur la performance de ces phénomènes, qui apportent également leur pierre à l’édifice.
La première à glaner l’argent est la jeune Ketty Lent dans la catégorie des moins de 58 kg. La Mauricienne a réussi une performance de 70 kg à l’arraché, 87 kg à l’épaulé-jeté pour un total olympique de 157 kg, terminant juste derrière la Sud-Africaine Johanri Taljaard, spécialiste de CrossFit, qui a été créditée d’une performance de 72 kg à l’arraché, 93 kg à l’épaulé-jeté pour un total olympique de 165 kg. La Sud-Africaine Johanri Taljaard a débuté son concours à 72 kg à l’arraché, contre 61 kg pour Ketty Lent et 86 kg à l’épaulé-jeté, contre 82 kg pour la Mauricienne. Cette dernière s’est accrochée à cette deuxième place, étant en confrontation directe avec la Malgache Sitrakiniaina Randrianandrasana. Après ses deux prochains essais réussis à l’arraché avec 66 kg et 70 kg, la Mauricienne a fait la différence à l’épaulé-jeté avec 82 kg et 87 kg malgré un échec à 93 kg.
Une belle prestation pour Ketty Lent, qui faisait son baptême de feu chez les seniors. « Ce sont mes premiers Championnats d’Afrique seniors et je récolte trois médailles d’argent. Je suis tellement contente et fière d’avoir défendu du mieux possible les couleurs de ma patrie. J’ai une pensée spéciale pour mon papa, Vivian, parti trop tôt l’an dernier et qui m’avait toujours accompagnée à toutes mes compétitions, ainsi qu’à ma soeur Emmanuella, Shalinee Valaydon et mon coach Ravi Bhollah. Je ferai beaucoup mieux la prochaine fois », a-t-elle avoué. À noter que ces performances sont des records nationaux jeunes et juniors de la catégorie.
Emmanuella Labonne et l’argent
À 32 ans, Emmanuella peut être considérée comme une des leveuses les plus expérimentées de l’équipe. Mais l’or fuit toujours la Mauricienne sur le plan continental, tout comme au Cameroun l’année dernière, où elle avait raté l’or d’un kilo et s’est adjugé l’argent. Mais si en 2016 elle était revenue avec une breloque argentée autour du cou, cette fois, elle en a gagnée deux de plus. C’est la Tunisienne Ghada Hassine qui a survolé le concours avec des performances de 92 kg à l’arraché, 115 kg à l’épaulé-jeté pour un total olympique de 207 kg. Emanuella Labonne a, elle, réalisé 91 kg à l’arraché et 100 kg à l’épaulé-jeté pour un total olympique de 191 kg. La médaillée d’argent a d’ailleurs avoué vouloir battre son record personnel, qui se situe à 108 kg depuis les derniers Jeux des îles de l’océan Indien de 2015. Mais elle pourra se consoler, car elle y est parvenue à l’arraché et a fait mieux que lors des derniers Championnats d’Afrique (A : 80 kg, E-J : 100 kg, TO : 180 kg).
« Dans l’ensemble, je suis satisfaite de ma performance, d’autant que l’année dernière j’ai raté deux médailles à l’épaulé-jeté et au combiné. Je tiens à dire un grand merci au Directeur technique national (DTN) chinois Mu Hong He, car je n’aurais jamais pensé pouvoir soulever 91 kg à l’arraché ou même tenter 110 kg à l’épaulé-jeté. L’argent me colle à la peau, et ce depuis 2003. Mais je suis très fière de moi. J’ai donné mon maximum. Je rends hommage à mon père qui me regarde du ciel et je dis un grand merci à Dieu. Sans l’aide du Tout Puissant, je n’aurais jamais pu atteindre un tel niveau », a-t-elle souligné. Et de poursuivre :« Je ne vais pas m’arrêter maintenant. Certains pensent que je suis âgée, mais ce n’est pas le cas. J’ai commencé très jeune et je me sens encore plus en forme qu’à mes débuts. À tous mes détracteurs, je n’ai qu’un message à adresser : vous me verrez encore longtemps. »
Alison Sunee, prometteuse
Pétillante, souriante, enjouée, Alison Sunee (-75 kg) est, du haut de ses 17 ans, une vraie petite boule d’énergie. La fille de l’ancien boxeur vedette, Richard Sunee, a une personnalité bien trempée et encore une belle marge de progression. Elle a réussi sa grande première à ces Championnats d’Afrique, alignant d’entrée 65, puis 71 kg à l’arraché, mais en ratant une barre à 71 kg. À l’épaulé-jeté, elle s’est contentée d’un seul essai à 80 kg, ayant échoué ses tentatives à 91 et 96 kg. C’est l’Algérienne Maghnia Hammadi qui a survolé le concours (A : 74 kg, E-J : 95 kg, TO : 169 kg). « Je suis très contente de ma performance. J’ai une joie indescriptible. Cette médaille est pour mon papa, ma famille, mes entraîneurs, tous ceux qui me soutiennent. C’est de bon augure pour ma progression. Maintenant, j’ai les yeux rivés sur les Jeux du Commonwealth 2018 et surtout les JIOI de 2019, où j’espère faire honneur à mon public. Je veux gagner. C’est mon ambition première », a ajouté cette petite dame de fer.
Chez les hommes, si Dorian Madanamoothoo a pris la 6e place en -56 kg, Jonathan Coret (-62 kg) s’est lui retrouvé dans un concours très relevé et a été dominé assez nettement par le Malgache Alain Adriatsitohaina, alors que le Tunisien Kraydi s’est contenté de l’argent. Le Mauricien a terminé son concours 3e avec un total de 242 kg, contre 267 kg au Tunisien et 272 kg au Malgache. Hier, Anthony Madanamoothoo (-77 kg) est passé à côté de son concours. Il a traversé la barre à 110 kg à l’arraché avant d’échouer à 115 kg puis 116 kg. À l’épaulé-jeté, il n’a pas réussi ses barres à 140 kg et 145 kg, ayant notamment été victime de crampe. Étaient également en action hier Valentino Félicité (-85 kg) et Akshay Jeeloll (-94 kg).