Les haltérophiles mauriciens ont réalisé de belles performances aux Championnats d’Afrique qui se sont tenus du 7 au 14 mai au Palais polyvalent des Sports de Yaoundé (Cameroun). Maurice a remporté six médailles au total avec notamment trois breloques dorées pour Roilya Ranaivosoa dans la catégorie des -48 kg. Une sacrée performance pour l’athlète mauricienne qui ne cesse d’impressionner.
La mauricienne d’origine Malgache, Roilya Ranaivosoa est sans conteste la reine de l’haltérophilie locale et d’ailleurs, elle porte désormais fièrement cette couronne sur la scène continentale. En effet, dimanche dernier, dans la catégorie des -48 kg, elle a mis tout le monde d’accord en s’adjugeant les trois médailles d’or avec une performance de 78 kg à l’arraché, 102 kg à l’épaulé-jeté pour un total olympique de 180 kg. Autant dire que notre compatriote n’a pas vraiment eu d’adversaire à sa taille puisqu’elle a nettement devancé une Tunisienne qui termine avec un total de 144 kg et une Nigériane avec 140 kg. D’autant qu’une Égyptienne, qui avait validé son billet pour les Jeux Olympiques de Rio n’était pas présente, au même titre que la Nigériane Elisabeth Onuah, sous le coup d’une suspension pour dopage aux 11es Jeux D’Afrique en septembre dernier au Congo-Brazzaville.
Les feux étaient au vert pour la Mauricienne qui a été exacte au rendez-vous et qui a montré toute l’étendue de ces qualités, elle qui s’est entraîné d’arrache-pied en terre roumaine en compagnie du Directeur Technique National (DTN) Urdas Constantin et ce, depuis février dernier. « C’est le fruit du travail qui paye car j’ai beaucoup donné aux entraînements et durant ma préparation j’ai repoussé mes limites pour être dans une forme optimale le jour J. À force d’envie et de détermination, j’ai réussi à faire honneur à mon pays et j’ai prouvé ma valeur en ramenant les trois médailles d’or », a-t-elle souligné. Elle a par la suite ajouté, « Je suis fière de dire que je suis championne d’Afrique de ma catégorie des -48 kg et championne des Jeux d’Afrique 2015 au total olympique, la seule que Maurice ait connue à ce jour. Tout le mérite revient à Gino Souprayen, car c’est lui qui m’a détecté et qui m’a dirigé vers cette discipline sportive. Merci à Urdas Constantin, ma famille, au ministère de la Jeunesse et des Sports, à Soudesh Appadoo et au Trust Fund For Excellence In Sports (TFES) sans qui je n’aurais jamais été en mesure d’atteindre un tel niveau dans ma carrière. »
Sans pour autant oublier son défunt ami Yvan Pierrot qu’elle considère comme son frère. « Toutes ces médailles sont pour toi Yvan Pierrot, champion forever, et à Cédric Coret, qui a tout donné mais qui s’est blessé à l’entraînement en voulant faire honneur à son pays. Il aurait dû être là lui aussi », a-t-elle précisé. Pour rappel, le rendez-vous africain de Yaoundé permet la qualification d’un athlète (hommes) par pays pour les cinq premières équipes au classement final du tournoi et une athlète (dames) par pays pour les quatre premières équipes. Et la Mauricienne devra patienter jusqu’au 20 juin, soit la fin de la tenue de tous les championnats continentaux, notamment pour les zones Amériques (nord et sud) et Océanie prévus dans l’intervalle, pour savoir si elle est qualifiée. Roilya Ranaivosoa, ancienne pratiquante de taekwondo et de lutte, est, depuis qu’elle a rejoint l’haltérophilie mauricienne, une véritable étoile montante, ayant remporté trois médailles d’or lors des derniers Jeux des Îles de l’Océan Indien (JIOI), l’or aux Jeux d’Afrique et une belle 13e place aux Championnats du monde de Houston (États-Unis). Une athlète confirmée au plus haut niveau.
Emmanuella Labonne rate l’or d’un kilo…
Les autres représentantes ont également été à l’honneur puisqu’Emmanuella Labonne a ramené l’argent dans la catégorie des -69 kg mercredi. C’est à l’arraché qu’elle a obtenu cette breloque avec une charge de 80 kg. D’ailleurs elle a raté le plus précieux métal d’un kilo seulement car la gagnante, une représentante du pays hôte, a réalisé une performance de 81 kg. La triple médaillée d’or des JIOI a été créditée de 100 kg à l’épaulé-jeté et un total olympique de 180 kg. La Mauricienne a aussi joué de malchance puisqu’elle a raté son troisième essai à l’épaulé-jeté avec une barre de 103 kg qui aurait bien pu changer la donne. Quoi qu’il en soit, c’est une performance très satisfaisante pour cette dame de fer qui n’a pas eu une préparation dès plus aisée en raison des incertitudes entourant son déplacement. C’est d’ailleurs une belle revanche puisque lors des épreuves de sélection, elle n’avait pas été en mesure de réaliser les minimas pour la compétition.
La dernière représentante, Shalinee Valaydon, en action vendredi, a aussi fait parler sa puissance de frappe, terminant en beauté avec deux médailles de bronze chez les -78 kg grâce à ses charges de 95 kg à l’arraché et de 115 kg à l’épaulé-jeté. Shalinee Valaydon est d’ailleurs très expérimentée sur le plan continental, ayant pris part à beaucoup d’évènements.