Roilya Ranaivosoa a été comme prévu exacte au rendez-vous hier lors des Championnats d’Afrique d’halterophilie qui ont débuté à Yaoundé au Cameroun. La Mauricienne a rafflé les trois médailles d’or en jeu en -48 kg, soulevant 78 kg à l’arraché et signant un nouveau record national de 102 kg à l’épaulé-jeté, totalisant une charge de 180 kg. Elle a nettement devancé une Tunisienne qui termine avec un total de 144 kg et une Nigériane avec 140 kg.
Avec l’absence dans cette catégorie d’une Egyptienne qui a déjà validé son billet pour les Jeux Olympiques de Rio et celle de la Nigériane Elisabeth Onuah qui est sous le coup d’une suspension pour dopage aux 11es Jeux d’Afrique en septembre dernier au Congo-Brazzaville, il faut bien dire que Roilya Ranaivosoa n’avait pas droit à l’erreur, d’autant que c’était l’ultime compétition qualificative qui lui restait pour décrocher sa place aux Jeux Olympiques de Rio (5-21 août). La médaille d’or était tout ce qui lui importait, bien qu’il lui faudra attendre le 20 juin, soit la fin de la tenue de tous les championnats continentaux, notamment pour les zones Amériques (nord et sud) et Océanie prévus dans l’intervalle, pour savoir si elle est qualifiée.
Mais pour l’heure, elle a assuré sa place à plus de 90%, préfère dire l’entraîneur national, Ravi Bhollah. « Elle a relevé le défi, mais c’était attendu qu’elle gagne confortablement. Elle était aussi attendue au tournant après avoir effectué une longue préparation déjà l’an dernier en Roumanie et puis depuis le début de cette année toujours en Roumainie. Autrement, ç’aurait été une immense déception. Mais à ce stade, elle est qualifiée à 90% pour Rio, car attendons la fin des épreuves qualificatives et le 20 juin, soit le date de la proclamation des qualifiées par la Fédération internationale d’haltérophilie, pour être fixés sur son cas. »
Le mois de juin s’annonce donc décisif et la leveuse ne devrait pas en cas de qualication s’aligner à des compétitions jusqu’à l’échéance olympique. Elle devrait se contenter d’améliorer son niveau en poursuivant crescendo sa préparation en Roumanie sous la supervision du DTN, le Roumain Urdas Constantin.
Hier, l’opposition n’était pas à ce point relevée face à des concurrentes qui étaient de loin inférieures à la Mauricienne, si on considère l’écart qui la sépare d’elles. Mais il faut dire que rien n’est pour autant gagné d’avance à ce niveau en sachant que, par exemple, personne n’est à l’abri d’une blessure, même lorsqu’on est promise à la médaille d’or ou au podium. Roilya Ranaivosoa a battu son record national à l’épaulé-jeté où elle avait été créditée de 100 kg en novembre dernier aux mondiaux de Houston aux États-Unis. Par contre, elle avait réussi 80 kg à l’arraché, son record national. C’est dire qu’elle détient encore une marge de progression en attendant les JO.
Pour l’heure, elle savoure sa réussite et confie qu’elle a tenu sa promesse. « J’ai tenu ma promesse et dédie toutes mes médailles à toi Yvan Pierrot, champion forever, et à Cédric Coret, qui a tout donné mais qui s’est blessé à l’entraînement en voulant faire honneur à son pays. Il aurait dû être là lui aussi. Je pense également à ma famille, mes amis et tous ceux et celles qui m’ont soutenue, au TFES avec lequel je travaille en collaboration depuis trois ans et à Soudesh Appadoo (MJS). Je vous remercie du fond du coeur. Je suis celle qui ne lâche pas prise, je reviens toujours plus forte », se réjouit-elle en clamant haut et fort ces trois mots : « Force, Volonté, Courage ! »
La compétition se poursuit pour les deux autres leveuses mauriciennes engagées à ce sommet africain. Vu que le comité technique a décidé d’avancer les horaires d’un jour, Roilya Raivosoa étant censée entrer en action aujourd’hui, Shalinee Valaydon (+75 kg) montera elle sur la plateforme ce vendredi au lieu de jeudi. Par contre, Emmanuella Labonne (- 69 kg) sera engagée comme prévu ce mercredi. Celle-ci pourrait crééer la surprise.