Yvan Pierrot, 14 ans, est le seul des sept haltérophiles mauriciens à avoir remporté une médaille aux Championnats du Commonwealth tenus du 25 au 30 novembre à Penang en Malaisie. Il a été sacré chez les -17ans en -94 kg en sus d’avoir enlevé le bronze chez les juniors en soulevant 120 kg à l’arraché, 147 kg à l’épaulé-jeté pour réussir un total olympique de 267 kg. Les autres leveurs mauriciens qui étaient en action se sont contentés pour certains de records nationaux.
La délégation mauricienne qui est rentrée mardi était accompagnée de l’entraîneur national, Ravi Bhollah, et du président de la Fédération mauricienne d’haltérophilie, Poorun Bhollah. Avant-dernier leveur à être en action, Yvan Pierrot a décroché sa médaille vendredi face à deux concurrents, dont un Malaisien qui faisait figure de grand favori, nous dit Ravi Bhollah. Mais le jeune mauricien, grâce à une bonne stratégie d’approche, a porté d’entrée un coup décisif au moral de son adversaire.
Yvan Pierrot souleva 110 kg à l’arraché contre 100 kg à son adversaire. Mais alors que ce dernier passera avec succès 113 kg à l’essai suivant, la barre de 115 kg que souleva le Mauricien ne lui sera pas validée pour faute technique, relate l’entraîneur national. « Et c’est là que tout s’est joué, puisqu’on savait qu’il pouvait tuer le concours en soulevant à son essai suivant 120 kg. Ce qu’il tenta avec succès vu qu’il avait réussi précédemment 115 kg assez aisément », se réjouit le coach. Par contre, le Malaisien échoua à 115 kg.
Pour la suite du concours, « on n’a eu qu’à bien gérer à l’épaulé-jeté. » En effet, Yvan Pierrot réussissait tour à tour 141 kg, 147 kg, mais échoua à 150 kg. Par contre, son adversaire ne fit pas mieux que 145 kg après deux essais ratés avec une barre à 150 kg. « On s’attendait en fait qu’il soit sur le podium et qu’il se batte si possible pour la médaille d’or. Car le Malaisien était bien le favori, mais nous l’avons pris par surprise en lui faisant croire qu’Yvan Pierrot était un novice », explique Rav Bhollah. Le Malaisien et un Sri-Lankais complétèrent le podium. Cette médaille d’or permit aussi à Yvan Pierrot de prendre la troisième place au classement juniors derrière un concurrent de Papouasie-Nouvelle Guinée et de Grande-Bretagne.
Pour le reste, « il y a eu des satisfactions, quoiqu’il n’y a pas eu de médaille. » En -77 kg, Cédric Coret a amélioré deux records nationaux chez les seniors à l’épaulé-jeté avec 145 kg et au total olympique où il a réalisé 253 kg. Il fut crédité de 108 kg à l’arraché et a terminé 11e au classement sur 20 concurrents.
En catégorie jeunes -69 kg, Anthony Madanamootoo, 14 ans, a amélioré trois records nationaux en soulevant 77 kg à l’arraché et 94 kg à l’épaulé-jeté pour un total olympique de 271 kg. Il s’est classé néanmoins dernier. « Il était le plus jeune parmi ses adversaires. Mais il représente l’avenir. L’essentiel était de lui donner le goût de la compétition et de l’aider à progresser », soutient l’entraîneur national.
En féminin -69 kg, Roilya Ranaivosoa a repoussé plus loin le record national à l’épaulé-jeté avec un charge de 96 kg. Elle réalisa 70 kg à l’arraché pour terminer 9e et dernière. Quant à Shalinee Valaydon, « elle a fait son maximum » pour réussir 107 kg à l’épaulé-jeté et 90 kg à l’arraché. « Elle a tenté de battre, sans succès, le record national. On savait que c’était dur dans sa catégorie avec des adversaires situées plusieurs crans au-dessus d’elle. C’était malheureusement inévitable. Elle termine 9e et dernière. Une Nigériane avec 120 kg l’arraché et plus de 150 kg à l’épaulé-jeté a remporté l’or devant une autre compatriote et une concurrente de Samoa. »
Ravi Bhollah dira que, « dans l’ensemble, les résultats sont satisfaisants. Nous avons obtenu pour la première fois une médaille d’or au niveau intercontinental, surtout chez les jeunes, où Yvan Pierrot a aussi égalé le record des championnats. Le plus important maintenant est de bien l’encadrer pour exploiter au mieux son potentiel et le faire progresser. Il détient encore environ 20 kg de marge de progression. »