L’heure est à la reprise pour les haltérophiles de l’équipe de France. Depuis maintenant une semaine, ils sont bien au chaud à Maurice pour un stage intensif qui leur sert de rampe de lancement vers les prochains championnats d’Europe prévus en avril à Tel Aviv (Israël) pour lesquels les espoirs de médailles sont bien réels. Yann Morisseau, qui entraîne cette équipe, est visiblement enchanté d’être là pour, d’une part, effectuer un travail foncier dans des conditions idéales et, d’autre part, comparer les connaissances et les partager avec les haltérophiles locaux qui, eux aussi, me manqueront pas de défis cette année.
Arrivés le 21 janvier, les Français se sont facilement adaptés pour se mettre aussitôt à la tâche. Quelques éléments manquent toutefois à l’appel, dont « le plus fort d’entre eux tous », Benjamin Hennequin, qui relève de blessure, et deux autres qui connaissent pour la première fois la joie d’être papa. « Sinon, tout le reste est bien là. Les toutes meilleures filles également. Nous avons aussi Giovani Bardis qui a déjà été aux Jeux Olympiques de Pékin en 2008. Quant à Hennequin, on va le récupérer au prochain stage puisqu’il a encore des soins importants à faire », indique d’entrée Yann Morisseau. Ce dernier assume ses fonctions depuis septembre 2013 seulement, après avoir « beaucoup travaillé à la fédération française, puis en tant que préparateur physique dans différentes disciplines au centre national à Paris. »
Hier matin, toute la bande qui comprend sept athlètes ainsi que l’entraîneur national Frantz Félicité, en poste depuis 2006, et Florian Bissler, le kiné de l’équipe, était là à l’heure précise au centre national d’haltérophile à Vacoas. Les championnes mauriciennes Shalinee Valaydon et Roilya Ranaivosoa profitent également de cette dynamique de stage pour faire le plein de motivation. Elles étaient rejointes peu après par Emmanuella Labonne. Les autres leveurs mauriciens s’entraînent l’après-midi en raison de leur obligation professionnelle.
Partage et comparaison
Dans quelle mesure ce stage peut-il être bénéfique tant aux Mauriciens qu’aux étrangers ? « Ça peut être très intéressant en terme de partage de connaissances. On peut voir comment s’entraînent les haltérophiles mauriciens et nous, Français, s’il y a des différences ou des similitudes, puis faire un échange et des comparaisons allant dans le sens du progrès. Il est intéressant de voir, par exemple, comment s’entraîne la championne mauricienne Shalinee Valaydon, quelles sont ses charges de travail par rapport aux nôtres », explique Yann Morisseau.
« L’avantage, c’est que, nous, on est vraiment en stage et, donc, on n’a que ça à faire. Par contre, pour les Mauriciens, c’est davantage une question de dynamique et d’ambiance pour s’entraîner. Nous somme heureux de pouvoir bénéficier de toutes les facilités qui nous sont offertes ici au centre national. Les conditions climatiques sont aussi idéales et très avantageuses. Et maintenant qu’on connaît le lieu, on y reviendra plus régulièrement parce qu’en France on est en plein hiver et il fait très froid. Ici il existe toujours en cette période des conditions propices avec une température au-delà de 20 °C. On peut donc effectuer un travail de qualité », poursuit-il.
Ce stage est le premier d’une série de quatre, le deuxième étant prévu à la fin de février en Espagne, puis les deux autres à Paris, « car c’est là qu’on a les plus grosses intensités d’entraînement et il faut être sur place et vraiment bien équipé et bien encadré à l’approche de l’échéance. L’objectif c’est bien les championnats d’Europe en Israël et on espère aller chercher des médailles avec cette équipe. Nous pouvons avoir effectivement des prétentions de médailles. »
S’imposant comme fer de lance de cette équipe française, Manon Lorentz fut médaillée de bronze à l’arraché en 48-53 kg l’an dernier au rendez-vous européen qui s’était tenu à Tirana en Albanie. Elle avait aussi été médaillée de bronze à l’arraché aux Jeux méditerranéens, toujours l’an dernier. On y compte aussi Anaïs Michel, qui avait terminé 5e en 67 kg en Albanie, Florence Baillet et Chloé Mamone. Chez les hommes, outre Giovani Bardis, on y trouve Redon Manushi et Kevin Bouly.
Ce stage est financé par la Fédération française d’haltérophilie. La possibilité qu’il soit envisagé fut évoquée déjà depuis l’an dernier par Shalinee Valaydon alors qu’elle était en stage à l’INSEP. Yann Morissea s’en réjouit. « Elle en avait beaucoup parlé beaucoup avec Frantz Félicité et on s’est dit pourquoi pas. On cherchait en fait un lieu dans l’hémisphère sud pour s’entraîner. Ici, on est sûrs d’avoir du soleil de la chaleur et des structures capables de nous accueillir. »
Quant à Gino Souprayen, l’entraîneur national adjoint de Maurice, il estime que « ce stage permet aux leveurs mauriciens de bien entamer la saison. Ils ne suivent pas forcément le même programme que les Français, mais ils gagnent en expérience en effectuant un travail de qualité. Cela peut les rendre moralement plus forts en vue des compétitions à venir. »
Cette première visite à Maurice laisse entrevoir des possibilités d’échanges entre les deux pays, nous dit l’entraîneur français. « Je l’espère en tout cas. Shalinee devait normalement revenir en France. Mais il y a eu des problèmes d’accueil à l’INSEP et les places étaient déjà prises. J’espère qu’elle reviendra et on l’accueillera avec plaisir. »