Le récent déplacement de Roilya Ranaivosoa suscite bien des interrogations quant à son inscription et sa participation au Grand Prix d’Autriche. Si la Fédération mauricienne d’haltérophilie (FMH) est depuis février sous le coup d’une suspension de reconnaissance de la part du MJS, alors qui a bien pu cautionner et valider cette participation ? Il nous revient que le déplacement de deux haltérophiles mauriciennes aura été déjà finalisé depuis le 9 avril, soit bien avant le 30 avril, jour de la réunion de conciliation qui avait réuni au Comité olympique mauricien (COM) les deux farouches opposants de la FMH, nommément Nunkishor Fakun et Poorun Bhollah, en présence d’un représentant du MJS.
Lors de cette réunion, les protagonistes étaient arrivés à un consensus en acceptant que toute demande d’inscription à des compétitions internationales par le MJS passe normalement par la FMH pour des raisons techniques évidente. Or, il se trouve que rien sur ce déplacement n’avait été divulgué le 30 avril alors que l’enregistrement final avait déjà été fait.
« Lors de cette réunion, j’avais attiré l’attention en disant que vu que le ministre Devanand Ritoo m’avait déclaré qu’il continuerait à soutenir les athlètes en dépit de la suspension de la FMH, je n’allais pas y objecter pour ne pas pénaliser ces derniers. Mais je n’ai jamais été informé sur place par le MJS que l’enregistrement des haltérophiles avaient été déjà finalisé sans tenir compte de l’accord conclu. De plus, la participation de Shalinee Valaydon et de l’entraîneur entraîneur national, Gino Soobarayen, avaient aussi été déjà conclue. La réservation avait été bien faite pour deux chambres simple et trois personnes », dénonce Nunkishor Fakun.
Mais quelle est la personne qui aura signé les documents pour l’enregistrement des haltérophiles au nom de la FMH avant de les faire valider par le MJS ? « Là-dessus je n’ai aucun doute, il s’agit de Poorun Bhollah, qui a signé en tant que président (ndlr : ancien secrétaire qui s’était aussi proclamé président de la FMH en juillet 2012 jusqu’en janvier 2013) », affirme Nunkishor Fakun en ajoutant qu’il en a la preuve (voir hors texte). « Poorun Bhollah a-t-il agi avec l’aval et la complicité du MJS alors que le Registrar of Associations a formellement déclaré que son comité directeur était illégal ? Si c’est le cas, c’est scandaleux ! C’est la raison pour laquelle j’ai aussitôt alerté la fédération internationale (FIH) et le COM (Comité olympique mauricien) pour notifier que la FMH n’a jamais été mêlée ni de près ni de loin à cette situation et que j’attendais une réaction immédiate de la FIH pour éviter de tomber sous le coup d’une suspension », fait-t-il ressortir.
Intervention de Ravi Bhollah
Invité à signer un document, Poorun Bhollah a cependant refusé d’attester par signature qu’il n’aurait, entre autres, pas fait de déclaration à la presse autour de la participation mauricienne au GP d’Autriche. Sur quoi Nunkishor Fakun avoue que « sa bonne foi peut effectivement être mise en doute. »
Si l’organisation du GP est intervenue in extremis pour bloquer la participation de Roilya Ranaivosoa, celle-ci a quand même pu s’aligner en -69 kg, mais sur l’intervention de l’haltérophile Ravi Bhollah auprès de l’organisation de la compétition. « Là encore, on se demande en quelle capacité et au nom de qui Ravi Bhollah a-t-il pû agir ? Quant à Shalinee Valaydon, personne ne sait pourquoi elle n’a finalement pas participé. Or, il est impérieux de donner les détails en date et lieu des haltérophiles conformément aux dispositifs antidopage mis en place par la FIH. Son whereabout notification a-t-il été amendé ? Si c’est le cas, par qui ? » s’interroge Nunkishor Fakun
Cette nouvelle agitation n’est certainement pas de nature à ramener le calme au sein de la FMH. Ce GP d’Autriche tenu du 9 au 12 mai a vu Roilya Ranaivosoa finir 6e de sa catégorie avec un total olympique de 161 kg (76 kg à l’arraché et 85 kg à l’épaulé-jeté). Mais cette performance sera-t-elle validée par la FIH par rapport aux circonstances douteuses dans lesquelles ce déplacement fut conclu ?
D’autant que Nunkishor Fakun semble bénéficier du soutien sans condition du président de l’instance internationale, Tamas Ajan. Celui-ci avait réagi officiellement en ce sens le 2 avril dans un courrier adressé, entre autres, au Comité international olympique avant de renouveler sa position le 15 mai pour insister que Nunkishor Fakun, en tant que président de la FMH reconnu par le FIH, est le seul à décider quant à la participation des haltérophiles mauriciens aux compétitions internationales.
Il nous revient que cet après-midi, le MJS comptait rencontrer à 17h au NPF à Rose-Hill les fédérations sportives dans le cadre des préparatifs aux 9es Jeux des îles de l’océan Indien 2015. Mais la FMH n’y a pas été invitée, affirme Nunkishor Fakun. « Pourtant, Poorun Bhollah est bien intervenu avec l’aval du MJS dans le cadre du GP d’Autriche. Si le MJS reconnaît Bhollah, pourquoi ne me reconnaît-il pas en tant que président de la FMH ? Il accepte de reconnaître un usurpateur plutôt qu’un vrai président. C’est aberrant », déplore-t-il. La réunion de cette après-midi devrait pourtant porter sur l’autonomie des fédérations sportives et le dossier financier.
Hier après-midi, les haltérophiles avaient prévu de tenir un point de presse à 17h au centre d’entraînement national à Vacoas. Mais l’exercice fut annulé à la dernière minute pour des raisons encore inconnues.