Sephora Lent, ici à l'épaulé, est actuellement dans la tourmente.

La jeune haltérophile, par le biais d’Emmanuella Lent, crie au scandale, après avoir estimé que que la fédération n’a pas joué franc-jeu envers sa nièce.

Selon elle, les responsables auraient dû être mieux informée que la compétition n’était pas ouverte aux moins de 15 ans comme précisé, hier, par l’IWF.

C’est l’affaire qui fait actuellement grand bruit dans le paysage de l’haltérophilie locale, soit la non-sélection de la jeune Sephora Lent, aux 10es Jeux des Iles de l’Océan Indien (JIOI) prévus du 19 au 28 juillet. Après avoir brillamment passé l’épreuve des Championnats de Maurice en avril dernier,qu’est la dernière étape qualificative pour les JIOI avec un total de 114 kg, elle pensait avoir fait le plus difficile. Malheureusement, elle ne sera pas de la partie après avoir finalement appris que la compétition n’était pas ouverte aux moins de 14 ans. L’International Weightlifting Federation (IWF) l’a confirmé hier, selon le président de la Mauritius Amateur Weightlifters’ & Powerlifters’ Association (MAWPA), Magarajen Moonien. Emmanuella Lent, triple médaillée d’or aux derniers JIOI, en 2015 à La Réunion et tante de Sephora, crie elle au scandale, surtout par la façon dont ce cas a été traité, au niveau de la fédération locale.

Emmanuella Lent a d’emblée reproché à la MAWPA de n’avoir pas joué franc-jeu avec sa nièce qui, dit-elle, faisait partie de la liste nominative en vue des Jeux. «Elle était présélectionnée depuis l’année dernière. Si elle ne pouvait pas participer aux Jeux en raison de son jeune âge, pourquoi ne lui avoir pas dit plus tôt ? Tout cela est inconcevable » s’insurge Emmanuella. Cette dernière ajoute, « c’est à l’occasion d’un stage résidentiel, tenu récemment qu’on lui annoncé qu’elle ne serait pas de la partie. Elle était dévastée, car elle s’y était beaucoup investie.»

Pour la triple médaillée d’or des JIOI de 2015, ce n’est pas parce que Sephora Lent est avec elle, qu’elle a décidé de «voice out», mais en raison surtout que la jeune haltérophile est pétrie de talents. «La question que je me pose est de savoir comment ma jeune sœur, Ketty, alors âgé de 14 ans en 2015, avait pourtant participé aux JIOI à La Réunion ? 

Qui plus, elle avait été médaillée. Je ne comprends pas », fait-elle ressortir. Emmanuella Lent dit même avoir cherché des explications auprès du président de la MAWPA, Magarajen Moonien. « Cette conversation remonte à un mois de cela. Il m’avait dit qu’il allait référer l’affaire à l’International Weightlifting Federation (IWF). Depuis, j’attends… »

Anguille sous roche…

À hier toutefois, soit le samedi 8 juin 2019, le président de la MAWPA nous faisait parvenir un courriel de l’IWF, par le biais du directeur général, Attila Adamfi stipulant, « All athletes must be 15 yrs or older, in order to compete, there is no special rule that would allow younger athletes to compete at the Games.» Affaire close ? Pas forcément, d’autant que Ketty Lent a elle participé aux Jeux de 2015, alors qu’elle n’était supposément pas éligible. Ce à quoi le président a répondu, « C’était il y a quatre ans. Les Réunionnais n’ont pas fait une fixette la dessus. Ketty a pu y prendre part sans que cela soit vérifié. Elle était, en ce temps là, l’étoile montante de l’haltérophilie locale.  Mais dans le cas de Sephora, nous ne voulons pas que les autres pays participants fassent des réclamations quant à sa participation. Cela aurait des répercussions néfastes sur nous », a confié Moonien.

Mais là ou le bât blesse, c’est que l’homme fort de la fédération affirme, avec conviction, qu’à aucun moment, « nous avions dit à Sephora Lent qu’elle était dans la laprésélection. Sachant qu’elle avait moins de 15 ans, nous n’allions pas prendre de risques », confesse-t-il. Qui croire, alors que selon un courrriel de l’entraîneur national Ravi Bhollah, en date du 18 avril 2019, démontrait clairement que Sephora Lent, faisait partie de la liste nominative pour les JIOI. Avouez qu’il y a de quoi être perplexe. « Nous avons demandé conseil au COJI qui nous a fait comprendre de voir nos lois, en vue des JIOI. To be on the safe side, on a référé l’affaire à l’IWF. »

Par rapport dans le clan Lent, on estime que Sephora n’aurait pas eu un «fair treatment», notamment en raison de sa relation tendue avec l’entraîneur national, Ravi Bhollah. « Sephora a fait une demande, par le biais de ses parents à la MAWPA, pour qu’elle s’entraîne avec l’assistant entraîneur national, Gino Soupprayen. Ce dernier est toutefois en Chine, pour un stage intensif avec les athlètes sélectionnés. En se rendant aux entraînements, Ravi Bhollah lui a fait comprendre qu’elle ne pouvait pas s’entraîner ! » s’est offusqué notre interlocutrice.

Le président de la fédération, a lui, une autre lecture de la situation. « Vu qu’elle (Sephora Lent) ne souhaitait plus s’entraîner avec Ravi et que Gino est actuellement en Chine, comment pouvait-t-on lui laissé s’entraîner seul au gymnase ? Personne ne l’a chassé », nous a-t-il avouéQuoi qu’il en soit, cette affaire est loin d’être terminée. Espérons maintenant que ce climat toxique ne ruine pas les chances de médailles, en vue de ces JIOI. Attendons voir…