La sélection mauricienne d’haltérophilie des prochains Jeux des Iles s’est dessinée hier à l’issue de la deuxième manche de la ligue nationale tenue au centre national, Vacoas. Sept leveurs en masculins et autant en féminins ont été ainsi mis à part avec un réserviste de chaque côté. Jonathan Coret (- 62 kg) et Roilya Ranaivosoa (- 58 kg) ont été proclamés les meilleurs athlètes de la compétition, le premier totalisant 344 points Sinclair et l’autre 257 points.
La formule Sinclair se base sur un système de points qui est calculé par rapport au record du monde de la catégorie et divers paramètres techniques. Mais techniquement Jonathan Coret a soulevé 100 kg à l’arraché et a réalisé un record national de 127 kg à l’épaulé-jeté pour une charge totale de 227 kg. Roilya Ranaivosoa a été créditée d’un triple record national avec 75 kg à l’arraché, 95 à l’épaulé-jeté et un total olympique de 170 kg.
Si Shalinee Valaydon (+ 75 kg) a subi une contracture au coude, en général, les leveurs se sont eux-mêmes sélectionnés pour les Jeux en faisant bonne impression. Quelques-uns d’entre eux ont repoussé leurs limites à l’arraché, à l’image d’Ivan Pierrot (-105 kg) et Yannick Coret (- 69 kg) d’autres à l’épaulé-jeté, notamment Cédric Coret (- 85 kg) et Ivan Pierrot.
Mais on a surtout assisté au retour sur scène d’Anthony Madanamootoo (-77 kg) après une année de suspension. Celle-ci prenant fin la veille, le samedi 9 mai. Le jeune athlète s’est dit heureux de retrouver la compétition. Il l’a démontré avec le sourire en améliorant trois records nationaux en U 17 et juniors avec 95 kg à l’arraché et 117 kg à l’épaulé-jeté (total 212 kg). « C’était stressant, mais je suis arrivé à gérer. Ça m’a tellement marqué et aujourd’hui ça a explosé… La forme est là mais je me réserve quelques marges pour la suite. C’est reparti pour de bon », nous lança-t-il en compagnie de son père Jack. Ils remercient unanimement Michael Glover du Trust Fund for Excellence in Sport, le ministre Etienne Sinatambou, le président de l’instance mondiale d’haltérophilie, le président de la fédération mauricienne Poorun Bhollah, l’entraîneur national Ravi Bhollah et l’encadrement du Collège Saint-Esprit.
Gaya et Madanamootoo de retour
Deux autres athlètes ont aussi rejoint les rangs de la sélection. Il s’agit d’Hansley Gaya qui est rentré de République Tchèque mercredi dernier. Par contre, on peut dire qu’Alicia Lamusse (- 75 kg) a réussi depuis janvier sa conversion à l’haltérophilie après un passage dans l’athlétisme quand elle était plus jeune. Agée de 25 ans, elle est rentrée de Paris où elle a passé cinq ans dans un club de sport et de fitness aux Champs Elysées. « C’est ma première compétition d’haltérophilie depuis janvier. En France, j’ai décroché récemment un diplôme américain de Cross Fit niveau 1, une discipline qui comporte, entre autres, l’haltérophilie. C’est comme ça que j’ai commencé à m’y intéresser. J’ai travaillé avec des judokas et des athlètes et j’exerce essentiellement dans le domaine de la remise en forme et du personnel coaching. », précise Alicia Lamusse. Si hier, elle a été créditée de 50 kg et 58 kg dans les deux mouvements, elle avoue qu’elle a déjà fait mieux à l’entraînement.
Quant à Hansley Gaya, 30 ans, il est rentré de Prague à la demande de la fédération mauricienne en payant lui-même son billet d’avion. « Depuis que je suis parti en 2004, je n’ai jamais cessé de m’entraîner, même seul sur le chantier et ce, bien que moins intensément qu’avant », avise-t-il. « Mais là, je vais m’accrocher sérieusement à cause des Jeux. Cette compétition n’est simplement qu’une étape. Je n’aurai malheureusement pas la chance d’être en stage avec l’équipe par rapport à mes obligations professionnelles. Mais en rentrant à Prague, je vais gérer tout ça et poursuivre ma préparation jusqu’au bout. » Champion d’Afrique juniors au Kenya en 2002, il avait été médaillé aux Jeux des Iles en 2003, 2007 et 2011.