Après une année entachée d’un cas de dopage impliquant un jeune de 15 ans, la Fédération mauricienne d’haltérophilie (FMH) a le devoir de s’assurer que cette affaire ne se répète plus, alors que toute l’attention « est braquée sur les 9es Jeux des îles (1er-8 août) à La Réunion », nous dit son président, Poorun Bhollah. Il confie être également en quête d’un nouveau directeur technique national (DTN) après le désistement du Roumain Urdas Constantin, dont la candidature avait été approuvée par le MJS en octobre dernier.
Le comité d’enquête qui devait être initié par la FMH pour faire la lumière sur un cas de dopage est toujours en suspens. Celui-ci, qui implique l’athlète Anthony Madanamootoo (69 kg), avait éclaté le 19 avril 2014 aux championnats d’Afrique juniors en Tunisie. Mais c’est sept mois après que la fédération internationale a prononcé la sentence en faveur d’une réduction de suspension de deux à une année, lors de la tenue de son congrès à l’occasion des mondiaux d’Almaty au Kazakhstan (4 au 16 novembre).
Qu’adviendra-il donc du comité d’enquête qui devrait servir à démasquer le ou les véritables coupables ? « Même si nous avons obtenu le feu vert du MJS pour aller de l’avant, nous n’avons pas les moyens financiers pour le faire, à moins que le MJS ne s’en porte garant. Nous devrons recourir aux services d’un pharmacien, d’un officier du MJS et d’un homme de loi pour constituer ce comité d’enquête. Et tout cela implique des frais qui s’élèvent, selon nos estimations, de Rs 75 000 à Rs 100 000. Il reste aussi à déterminer le nombre de fois où ce comité devra se réunir », déclare Poorun Bhollah.
Est-ce un aveu d’abandon du cas ? Seul l’avenir nous le dira. D’autant que de l’avis du président, si les conclusions de l’enquête devaient établir la culpabilité d’Anthony Madanamootoo, ce dernier pourrait être banni de la fédération. La FMH devait également préparer un dossier complet sur toute l’affaire pour l’expédier à l’IWF.
Quant au recrutement d’un nouveau DTN, la fédération mauricienne privilégie diverses pistes qui s’orientent vers l’Inde, le Pakistan, l’Afrique du Sud, la Malaisie et même Madagascar. Une requête en ce sens a été faite au MJS. « Mais tout dépendra du budget qui sera proposé ».
L’autre option qui est envisagée sous condition d’un accord avec le MJS, précise le président de la FMH, serait « de faire se déplacer quatre-cinq athlètes en Roumanie pour un stage de longue durée » selon ce qui conviendrait le mieux aux athlètes dans le cadre de leur préparation en vue des Jeux des îles. « Au lieu de financer les services d’un DTN, les meilleurs leveurs pourraient à la place bénéficier de trois à quatre mois de stage dans ce pays avant de rentrer à Maurice pour les Jeux ».
Valeur du jour, il estime que les médaillés d’or potentiels sont Cédric (-77 kg) et Jonathan Coret (-62 kg), Ivan Pierrot (-94 kg), Roilya Ranaivosoa (-58 kg), Shalinee Valaydon (+75 kg) et Emmanuella Lent (-63 kg). Il le dit « sans diminuer le mérite des autres athlètes ».
Reste que la première compétition 2015, la ligue nationale à l’épaulé-jeté, est prévue au mois de mars. Elle débouchera sur l’établissement d’une première présélection nationale en vue des JIOI. Attention sera aussi accordée aux compétitions régionales et continentales dont les championnats d’Afrique prévus en septembre dans l’un des pays du Maghreb. « Le Maroc s’est porté candidat, mais rien n’a été défini à ce jour ».
Et que dire des Jeux du Commonwealth de Glasgow, événement phare de 2014, qui auront finalement été marqués par des résultats décevants de la part des quatre athlètes mauriciens qui y concourraient ? « Ce n’était qu’une étape. On a tenté le coup avec Roilya en la faisant baisser de catégorie, passant de -69 à -58 kg pour augmenter ses chances de médaille. Mais cela n’a pas abouti. Puis, il a y eu toute la polémique qui s’en est suivie au retour de la délégation. Personnellement, je crois qu’on a plus ou moins appris quelque chose à Glasgow. Cela nous a aidés à gagner en maturité. La prochaine fois, les athlètes qui seront sélectionnés devront déjà être mieux préparés ».
Plus tard courant novembre aux mondiaux d’Almaty, Roilya Ranaivosoa établissait deux nouveaux records nationaux en -58 kg, le premier à l’épaulé-jeté avec 101 kg au 2e essai et l’autre au total olympique avec 180 kg, dont 79 kg à l’arraché. Début décembre, lors des championnats nationaux, elle aura repoussé plus loin ses limites en soulevant 83 kg à l’arraché, 102 kg à l’épaulé-jeté pour une charge totale de 185 kg. Un début finalement prometteur dans sa nouvelle catégorie.