• C’est ce que réclame le père de l’haltérophile, Jack Madanamoothoo, dans un courriel adressé, au ministre Stephan Toussaint, le 11 septembre

Le cas de l’haltérophile Anthony Madanamoothoo, triple médaillé d’or aux Jeux des Iles de lOcéan Indien (JIOI), est loin d’être classé, à en croire la position adoptée par son père, Jack Madanamoothoo. Retiré, à la toute dernière minute, de la liste des sélectionnés pour les Junior African Championships en Ouganda, pour des raisons qu’il qualifie injustifiables et de graves surtout que ce dernier a sollicité le ministre de la Jeunesse et des Sports, Stephan Toussaint, à travers une plainte formelle le 11 septembre dernier. Jack Madanamoothoo demande au MJS de prendre ses responsabilités, estimant que la Mauritius Amateur Weightlifters’ & Powerlifters Association (MAWPA) est allé à l’encontre du Sports Act 2016.

C’est un Jack Madanamoothoo toujours très remonté que Week-End a rencontré jeudi après-midi, pourtant trois semaines après l’éclatement de cette affaire. Lui n’en démord pas. « La fédération est allée à l’encontre du Sports Act et ça, c’est inacceptable», déplore-t-il. Car selon lui, l’Article 5 (Objects of National Sports Federations) du Sports Act n’a pas été respecté, soit: « Every National Sports Federations shall (b) uphold and operate on the principles of good governance, transparency, democracy, fairness and non-discrimination. » Il va même plus loin en évoquant l’Article 6 pour justifier ses griefs. Cette section indique qu’une fédération nationale « shall, in the discharge of its functions and exercise of its powers – (h) select the most deserving athletes to represent Mauritius in international competitions on the recommandation of its National Technical Director, National Coach or selection committee. »

Or, selon Jack Madanamoothoo, la MAWPA n’a pas respecté cette section de la loi. Il considère même que les contraintes financières de dernière minute évoquées par la fédération pour justifier le retrait de son fils de la sélection ne tient pas débout. «Il est clair que les droits d’Anthony ont été lésés. C’est clair comme l’eau de roche», dit-il. C’est pour cette raison qu’il a pris la décision de solliciter le ministre Stephan Toussaint. « J’attends que le MJS prenne ses responsabilités et que ceux qui ont fauté, soient sanctionnés», souligne-t-il avant d’ajouter: « J’apprécie beaucoup l’approche du ministre par rapport au bien-être des athlètes. Il fait toujours appel aux parents pour encourager leurs enfants dans leur vie sportive. Mais ce qui s’est passé récemment est très difficile à encaisser. La façon de faire de certains à la MAWPA est intolérable.»

Des sanctions souhaitées

Jack Madanamoothoo dit espérer que sa démarche sera prise en considération et que cela conduira ensuite à des sanctions. Car trois semaines après, il arrive toujours difficilement à comprendre comment un haltérophile de la trempe d’Anthony Madanamoothoo ait pu être enlevé de la liste des sélectionnés. D’autant, affirme-t-il, que son fils est à sa dernière année junior et que son coefficient était le plus élevé ! Jack Madanamoothoo veut aussi savoir si ce retrait a été approuvé par le directeur technique national, Constantin Dabija, et si la question a fait l’objet de discussions au sein du comité technique de la fédération.

Ce que Jack Madanamoothoo déplore encore plus et qui, selon lui, est loin de rejoindre la logique, c’est le choix du remplaçant de son fils. « L’athlète que la fédération a sélectionné a été crédité d’un total olympique de 240 kg. Or, il se trouve qu’Anthony a été triple médaillé d’or aux JIOI avec 280 kg au total olympique, soit 40 kg de plus ! Comprenne qui pourra !», avance Jack Madanamoothoo qui tient à préciser ne rien avoir de personnel contre l’haltérophile en question. « Il n’empêche que je suis en droit de poser des questions et de réclamer que justice soit rendue ? La fédération n’est-elle pas censée donner la chance aux plus performants de défendre le quadricolore ? Que l’on sache que je ne compte pas rester les bras croisés », souligne Jack Madanamoothoo.
Intervention du ministre ?

Même s’il reconnaît que le MJS n’a pas le droit d’interférer dans les affaires interne d’une fédération, Jack Madanamoothoo est lui d’avis que les autorités peuvent agir là où le Sports Act n’a pas été respecté. Il cite d’ailleurs le cas de l’ancien président de la MAWPA, Poorun Bholah, qui avait été appelé à démissionner pour cette raison. Il va même plus loin en évoquant un cas très particulier à ses yeux. «Cédric Coret avait eu maille avec le DTN lors du stage en Roumanie avant les JIOI. Un rapport défavorable avait même été soumis par ce dernier à son encontre. Que s’est-il ensuite passé pour que Cédric Coret fasse finalement ce déplacement, alors que la fédération ne l’avait pas retenu au départ ? Le ministre était-il intervenu dans cette sélection ? C’est sûr que quelque chose s’est passée et il va falloir que l’on me le l’explique», avance-t-il.

Une chose est sûre: la MAWPA devrait s’attendre à de nouvelles secousses après cet énième problème. Car au train où vont les choses, il est quasi-certain que Jack Madanamoothoo ne lâchera pas le morceau aussi facilement que cela.