Déclaré officiellement inéligible au poste de président de la Fédération mauricienne d’haltérophilie (FMH) par le ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS) sur avis du State Law Office (SLO), et ce, en raison du fait qu’il est depuis 2012 un membre actif du conseil de village de Nouvelle France, et également membre et responsable de trois commissions au conseil de district de cette localité, Poorun Bhollah a mis le cap samedi soir sur Achkhabad au Turkménistan, qui a accueilli le lundi 29 octobre le congrès de la Fédération internationale d’haltérophilie (IWF) et les championnats du monde qui se tiennent du 1er au10 novembre.

De l’avis du SLO et de la conclusion du MJS, Poorun Bhollah aurait exercé son rôle de président de la FMH en violation de la Sports Act 2016 sous la section 9 (5) (i). Pour rappel, vendredi dernier dans une correspondance signée Mubarak Boodhun, secrétaire permanent au MJS, la FMH a été officiellement avisée du cas et invité à prendre des actions pour élire un nouveau président. « We have been advised that Mr P. Bhollah is disqualified from being a member of the Managing Committee of the Mauritius Amateur Weightlifting and Powerlifters Association under Section 9 (5) (i) of the Sports Act 2016 », avait fait valoir Mubarak Boodhun dans le courriel adressé au secrétaire de la FMH.

Poorun Bhollah avait donc été prévenu des faits qui lui sont reprochés par par le MJS un jour avant son départ. Mais il aura malgré tout mis le cap sur le Turkmékistan… Serait-ce en tant que président de la FMH pour assister justement au congrés de l’instance internationale ? Car il a rejoint depuis février 2017 en tant que membre coopté l’éxécutif de la Fédaration afriaine (WAF), en sus d’avoir été nommé depuis novembre dernier membre du comité de Développement et Éducation de l’instance mondiale (IWF) lors d’une réunion qui avait eu lieu à Anaheim aux Etats-Unis au cours de la prédédente édition des championnats du monde.

De source sûre, on apprend que l’IWF a été informée depuis mercredi que Poorun Bhollah n’était plus président de la FMH et qu’il était déjà disqualifié à ce poste avant son départ pour Achkhabad. De plus, il est évident que la Sports Act 2013, qui devint effective le 14 janvier 2014, était déjà en vigueur au moment où le président de la FMH était membre des conseils de village et de district. La section 5 (1) (f) stipule : « Every national sports federation shall, inforeherence of its objects use its best endeavours to ensure that no person actively engaged in politics chairs any of it’s regional sports Committees or any sports Clubs enrolled with it. »

Double amende de Rs 100 000 ?

Les amendements apportés au texte de loi en 2016 dans la partie Organisation of Sport, sous la section 6 : Functions and Powers of National Sports Federations, soulignent que « a National Sports Federation shall, in the discharge of its functions and exercice of its power — (f) ensure that no persons actively engaged in politics, coach or athlete sits on its Managing Committee or acts as chairperson of any of its regional sports committees or sports club affiliated with it ; (5) No persons shall be éligible for election as a member of a Managing Committee of a National Sports Federation where — (i) he is actively engaged in politics. »

Plus loin dans la partie (7), le texte fait également ressortir que « a person shall not be eligible to stand as candidate for election as a member of the Managing Committee of a National Sports Federation unless he has signed a declaration in the form set out in the Third Schedule and communicated that declaration to its regional sports committee not less than 15 days before the date fixed for the General Assembly. »

Cette dernière déclaration a-t-elle été soumise par les membres concernés qui siègent dans une fédération ? À défaut, une amende de Rs 100 000 est appliquable car tous les membres devraient être déclarés coupables puisque le règlement implique une responsabilité collective. En sachant que les fédérations sportives ont tenu au moins deux fois leur assemblée générale élective entre 2012 et 2017, on peut considérer que la FMH pourraient avoir commis une double offense qui équivaudrait à une double amende…

Notons que le MJS a également rappelé à l’ordre vendredi dernier la Fédération mauricienne de cyclisme et l’Association de pétanque de l’île Maurice pour qu’elles prennent les actions respectivement à l’encontre de M. K. Ramadhin, conseiller de village de Baie-du-Tombeau et membre du conseil de district de Pamplemousses, et M. R. K. Rajcoomar, qui siège au conseil de village.