Il est devenu à 17 ans le tout premier médaillé d’or mauricien en haltérophilie aux Jeux d’Afrique de la Jeunesse. C’était jeudi dernier à Alger, quand Dorian Madanamootoo est monté sur la plus haute marche du podium dès le premier jour des compétitions. Après un passage en avril aux Jeux du Commonwealth à Gold Coast, le leveur aura comblé les attentes en réalisant 84 kg à l’arraché et 105 kg à l’épaulé-jeté, et 189 kg au combiné.

« Nous sommes tous extrêmement satisfaits de ce jeune qui a vraiment tout donné, même lorsqu’il a eu des crampes à l’épaulé-jeté dès le premier essai. Mais il a tenu ferme pour donner le meilleur de lui-même », se réjouit l’entraîneur national adjoint, Gino Souprayen, qui était présent à Alger. Comme le hasard fait parfois bien les choses, tout l’honneur échut à ce dernier, lui-même devenu l’unique médaillé d’or mauricien aux Jeux d’Afrique des élites en 1995 au Zimbabwe en -56 kg toujours, d’être le témoin de ce sacre historique.

« Ce n’était pas forcément une médaille d’or attendue, mais après avoir vérifié les entrées, on a vu qu’il pouvait être sur le podium et que même l’or était à sa portée. C’est un garçon courageux et je connais sa force », confie le coach, qui est rentré du périple algérien mercredi avec les deux autres leveurs mauriciens, eux aussi médaillés, à savoir Ketty Lent, triple médaillée d’argent en -58 kg, et Dinesh Pandoo, médaillé d’argent à l’arraché en -69 kg. Dorian Madanamootoo, que nous avons cherché en vain à contacter au téléphone hier matin, avait commencé à ressentir des crampes lorsqu’il débutait son concours à l’épaulé-jeté. Un moment critique, avoue Gino Souprayen. « On lui a remonté le moral et cela lui a redonné confiance. Et il a relevé le défi. »

À l’arraché, Dorian Madanamootoo réalise 80 kg, puis 84 kg, mais échoue à 85 kg. Et à l’épaulé-jeté, il soulève d’entrée 100, puis 105 kg, ce qui lui assure déjà la médaille d’or. Il ne tentera pas de repousser ses limites quand bien même il avait réussi 85 kg et 180 kg respectivement dans les deux épreuves à Gold Coast en avril. « Puisqu’il est toujours mis sous régime ces derniers temps à cause de son poids, on n’a pas voulu le forcer », explique le coach. Dorian Madanamootoo devance ainsi à l’arraché le Nigérian James Eche Ajayi (83 kg) et l’Algérien Mohamed Roumaili (81 kg), et à l’épaulé-jeté les mêmes Algérien (104 kg) et Nigérian (103 kg) pour une charge totale de 189 kg, contre 186 kg à Ajayi et 185 kg à Roumaili.

Dorian Madanamotoo avait fait l’impasse sur les Championnats d’Afrique jeunes et juniors disputés fin mars au Caire en Égypte, où ses coéquipiers avaient réussi une belle moisson composée de 10 médailles d’argent et 8 médailles de bronze. Du coup, c’est aussi en considérant le palmarès et les résultats qui ont marqué cette même compétition que l’encadrement technique de la Fédération mauricienne d’haltérophilie a déduit que le leveur avait définitivement de fortes chances de décrocher le titre.

« À partir de là, pour moi, il était clair que Dorian était donné favori dans sa catégorie. Sur le papier, il était un cran au-dessus. Et bien que la logique a été respectée, personne n’est à l’abri d’une défaillance au jour J. Donc, bravo à Dorian, qui a été exact au rendez-vous. Bravo aussi à Ketty et Dinesh », se félicite pour conclure l’entraîneur national, Ravi Bhollah.