Il faudra repasser. Ce ne sera pas cette fois encore qu’une équipe mauricienne inscrira son nom au palmarès de la Coupe des clubs de l’océan Indien de handball. Au gymnase de Phoenix lundi, le rêve de l’Union Sportive Beau Bassin Rose-Hill n’aura duré qu’une mi-temps lors de la finale masculine. Par la suite, les Réunionnais de la Jeunesse Sportive Bénédictine faisaient étalage de leur classe pour faire la différence (29-18). Chez les dames, il aura fallu l’épreuve fatidique des tirs au but pour départager les Malgaches du Tananarive HBC et les Réunionnaises du HBF Saint-André. Les premières nommées s’avéraient plus adroites lors de cet exercice (5-4), après un score de parité de 15-15 à l’issue du temps réglementaire.
Ce sont deux habitués des lauriers qui se sont de nouveau retrouvés sous le feu des projecteurs. La JSB décrochait un cinquième titre après ceux acquis de 2006 à 2009, alors que les joueuses de la Grande île étoffaient leur palmarès après s’être avérées les meilleures en 1997 et 98. Pourtant, l’USBBRH aura longtemps cru en l’exploit et en une grande première.
Elle en sera ainsi au coude à coude avec son adversaire tout au long de la première période. Dans ce chassé-croisé, Cédric Kistohurry, capitaine de l’USBBRH, se mettait d’ailleurs en évidence. Certes, la JSB avait un but d’avance à la pause (13-12). Il n’en demeure pas moins qu’on avait encore en mémoire des somptueuses secondes périodes de l’équipe des villes soeurs face au Curepipe Starlight et à l’ASHB Tamponnais.
Mais voilà, la JSB est d’une autre trempe. Ce n’est certainement pas par accident que cette formation caracole actuellement aux commandes du championnat de l’île soeur avec quatorze succès en autant de sorties. Bruno Arive, auteur de huit buts, et ses camarades haussaient alors les enchères et les handballeurs mauriciens ne voyaient que du feu.
La blessure de Jordan L’Aiguille n’était pas pour arranger les choses et l’écart se creusait alors inexorablement. De ce fait, les dés étaient jetés à douze minutes de la fin avec cet écart de sept buts (20-13). Qui plus est, Gérald Mandon, gardien de but de la JSB, était en état de grâce. Face à la déferlante adverse, l’USBBRH ne pouvait que limiter les dégâts.
« Nous avons tenu toute une mi-temps et puis nous avons fait du n’importe quoi. Le collectif n’a plus fonctionné et la blessure de Jordan nous a compliqué la tâche », regrettait Jean-Michel Poitevin. Tout en se disant heureux d’être parvenu en finale, l’entraîneur de l’USBBRH soutenait ne pas vouloir baisser les armes en attendant une nouvelle bataille.
Quant à Fernand Chane-Kune, entraîneur de la JSB, il a déjà tourné la page sur cette compétition. « Nous avons des matches phares dans notre championnat et il va falloir que les joueurs récupèrent. D’ailleurs, nous affrontons l’Étang-Salé mercredi (aujourd’hui). Pour ce qui est de la finale, nous avons posé des problèmes à notre adversaire en seconde mi-temps et il n’a pas su les résoudre ». Ce podium masculin était complété par l’ASHB Tamponnais, large vainqueur de la sélection de Rodrigues (40-18).
Walk-out
Du côté féminin, le suspense aura cette fois duré jusqu’au bout. Les Malgaches ont mené pratiquement tout au long de la rencontre avant de se faire accrocher (12-12) à onze minutes de la fin. La formation de Saint-André prendra les devants à la 28e minute, mais le Tananarive HBC remettra les pendules à l’heure (15-15) au cours des dernières secondes. Pas de prolongations, mais la cruelle épreuve des tirs au but au cours de laquelle la Réunionnaise Elina Ichaye voyait son tir repoussé par le poteau.
Reste que cette rencontre hachée et tendue, surtout au cours du premier quart d’heure, aura été marquée par un walk-out des joueuses de Tananarive. Le carton rouge direct infligé à Mamisoa après onze minutes de jeu n’avait pas plu aux dirigeants de cette formation. Après d’âpres discussions avec notamment Stéphane Errapah, responsable technique de la compétition, les Malgaches sont revenus à de meilleurs sentiments.
Toutefois, Gilbert Lejoyeux, entraîneur du HBF Saint-André, déplore cette attitude. « C’était de l’intox et de l’intimidation. Il faut rester fair-play. » Et d’ajouter : « Lors de l’épreuve des tirs au but, c’était du pile ou face. Nous sommes tombés avec les honneurs et je n’ai rien à reprocher à mes joueuses. »
Du côté de l’équipe de la Commune urbaine d’Antananarivo, ce troisième sacre est accueilli avec une saveur particulière. « Cela nous permet de nous qualifier pour la Coupe d’Afrique des clubs champions prévue en octobre de l’année prochaine. Nous avons accompli notre mission malgré le manque de compétition à Madagascar », se réjouissait l’entraîneur, Seth.
À l’arrivée, les quatre équipes de l’île soeur se retrouvent donc sur le podium. La quatrième étant le FC Port, vainqueur de l’USBBRH. Cette dernière formation, après un début de parcours encourageant, termine donc à la quatrième place après sa défaite face aux Portoises (14-28). Une rencontre au cours de laquelle ses buts ont été réalisés par Hélène et Marjorie Trifilio (4), Sharone André (3), Andréa, Géraldine Victor et Joëlle Janvier (1).