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  • L’ancienne SG déplore le manque de transparence et le fonctionnement de cette fédération

Une semaine après avoir soumis sa démission en tant que secrétaire générale de l’Association mauricienne de handball (AMH), Kristel Chellen crève l’abcès sur les raisons qui lui ont poussé vers la sortie. C’est après mûres réflexions et surtout sans langue des bois qu’elle s’est confiée à WeekEnd, la semaine dernière. « Sans regrets ! » C’est en ces termes que Kristel Chellen évoque sa démission du poste de SG, dans sa lettre adressée au président de l’AMH, Ludovic Carré, le 18 octobre dernier.

Kristel Chellen

Selon elle, c’est une décision mûrement réfléchie, car la Fédération et elle, ne partageaient plus les mêmes valeurs. « Je crois sincèrement que c’était la meilleure chose à faire, car continuer à évoluer au sein de ce comité, aurait été contre mes principes. Je suis quelqu’une qui croit dans la confiance, le professionnalisme, l’approche méthodique, l’ouverture d’esprit et la transparence », déclare-t-elle. Malheureusement, ajoute Kristel Chellen, l’AMH ne prônait pas ces valeurs qui, pour elle, sont primordiales pour permettre à cette discipline de progresser et ce, à travers une gestion saine.

Remuant le couteau dans la plaie, l’ancienne SG a dénoncé le mode-opératoire du comité directeur de l’AMH qui, selon elle, va à l’encontre du Sports Act 2016. En premier lieu, elle fait état de la non-soumission des procès-verbaux. « De toutes les réunions qui se sont tenues pendant une année, je n’ai réceptionné qu’un procès-verbal de trois minutes alors que j’avais insisté, dès le départ, pour qu’ils me soient remis après chaque réunion », dit-elle. Qui plus est, déplore-t-elle, c’est « une pratique courante à l’AMH de prendre des décisions importantes et ce, en dépit du fait d’un nombre insuffisant pour composer le quorum. Cela a été le cas notamment pour les déplacements à l’étranger et l’allocation du budget aux différentes catégories de joueurs entre autres. »

« Décisions prises à mon insu »

Autre grief évoqué par Kristel Chellen demeure le manque de tact et de respect à son égard en tant que secrétaire-générale. À titre d’exemple, précise-t-elle, des documents officiels ont été envoyés au ministère de la Jeunesse et des Sports ainsi qu’aux clubs et autres dirigeants sans sa signature ! « Certaines décisions ont été prises à mon insu et je le déplore fortement», avance-t-elle.

Pour elle, le président de l’AMH, Ludovic Carré n’est pas exempté de tout reproche dans tout ce qui se passe au sein de cette fédération. Elle explique d’ailleurs dans sa lettre de démission qu’au cours d’une réunion « vous (ndlr : Ludovic Carré) aviez déclaré que vous êtes l’entraîneur de l’équipe de beach handball (garçon), même si vous saviez très bien qu’un tel rôle n’est pas autorisé tout en étant président », souligne Kristel Chellen dans sa lettre.

Ce déplacement en Argentine pour les Jeux olympiques de la Jeunesse aura d’ailleurs constitué la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Ne mâchant pas ses mots, Kristel Chellen a déploré l’absence de la réaction du Managing Committee. « Avec tout le respect que je dois aux membres du comité, je trouve inacceptable s’ils souhaitent continuer à être partie prenante de la politique de l’autruche. De la façon dont le président gère cette fédération, il était préférable et surtout raisonnable pour moi de partir », lâche-t-elle.

Carré regrette ce départ

De son côté, Ludovic Carré admet que c’est « regrettable » de perdre sa secrétaire générale. « Malheureusement, je ne peux pas la retenir. Son choix est déjà fait. Kristel est une personne très professionnelle. Je comprends sa décision », déclaret-il. En ce qui concerne les critiques concernant sa crédibilité et celle de sa fédération, il explique que l’AMH est encore une jeune fédération. « Faute d’expérience, nous ne maîtrisons pas encore certaines choses. Il y a aussi eu des moments où on devait prendre des décisions rapidement et où nous n’avons pu contacter Kristel. Il faut aussi savoir que nous sommes des bénévoles et que nous ne sommes pas rémunérés pour ce travail. On essaie de faire de notre mieux. Ce n’est pas facile de gérer une fédération compte tenu de nos obligations professionnelles et familiales », explique-t-il.

Par ailleurs, l’AMH n’est pas au bout de ses peines, puisque son comité directeur ne tient qu’à un fil. Avec les démissions de Jason Chellen (pro), d’Andy Serviable (trésorier) et de Burty Caramsing (membre) en 2017 suivie de celle de Kristel Chellen (secrétairegénérale) cette année, ils ne sont plus que sept personnes à diriger le handball Mauricien.