Daniel Gérard cumule-t-il un troisième mandat en tant que président de l’Association mauricienne de Handball (AMH). C’est la grande question que l’on se pose à l’issue de l’assemblée générale élective de cette fédération tenue le 9 mars dernier, à Phoenix. Interrogé, Daniel Gérard a affirmé que tel n’est pas le cas dans la mesure où la fédération n’était pas officiellement enregistrée auprès du Registrar Of Associations avant 1997.
Le Sports Act est clair à ce sujet. Aucun membre d’une fédération sportive n’a le droit de cumuler plus de deux mandats, soit huit années comme président. La section 6 (5) c stipule clairement d’ailleurs que: «No person shall hold office as president of the National Managing Committee of a federation beyond two mandats of four years each that is to say, for a maximum of eight years.» Daniel Gérard toutefois ne se retrouve pas dans cette situation, car après avoir pris les destinées de la fédération en main pour trois ans, en remplacement à Elvis Bonne, il a été élu pour un deuxième mandat, le 9 mars, a-t-il expliqué. Et qu’en est-il de 1996 où la presse faisait état de lui comme président de l’AMH? A cette question, Daniel Gérard a précisé que ça dépend comment on veut interpréter la chose.
Car selon lui, la fédération n’existait pas à cette époque. «Il est bon de noter qu’en 1989, un groupe de professeur d’éducation physique avait pris la décision de lancer le handball à Maurice. Il n’y avait donc pas de fédération officiellement reconnue à cette époque», a-t-il souligné. Il a ajouté qu’à cette époque, il s’occupait effectivement du handball, mais que la fédération n’était pas enregistrée auprès du Registrar of Associations.  
Où se trouve l’avis du SLO?

Daniel Gérard a ainsi affirmé que «ce n’est qu’à partir de 1997 ou 1998 que l’Association mauricienne de Handball a été enregistré auprès du Registrar Of Associations. Le premier président élu a été Sébastien Jauffret.» Pour lui donc, sa présidence n’est pas remise en cause dans la mesure où il estime qu’il cumule actuellement son deuxième mandat qui prendra fin dans quatre ans, soit en 2017. «A mon niveau, un mandat équivaut à une olympiade, donc quatre ans. J’ai officiellement occupé la présidence pendant trois ans pour la première fois et actuellement, je suis à mon deuxième mandat», a-t-il fait ressortir.
Encore une fois nous nous retrouvons dans une situation où un dirigeant de fédération interprète le Sports Act à sa façon. Mais est-ce que le ministère de la Jeunesse et des Sports s’offusque pour autant? A notre humble avis non, car soulignons que le président de la Fédération mauricienne de Lutte (FML), nommément Richard Papie, a été récemment élu comme président. Or, il s’avère que ce dernier n’est pas à son deuxième mandat, mais cumule bel et bien un troisième mandat. Comme nous l’avons démontré noir sur blanc dans un récent article sur la question.
Cette question dit-on a été référée au State Law Office (SLO) pour avoir un avis. Or depuis plus de cinq semaines cet avis, tant attendu de l’avocat No 1 du gouvernement se fait attendre. Pour combien de temps encore nul ne sait et le pari déjà pris que ce dossier est déjà aux oubliettes et que comme d’habitude beaucoup au MJS vogueront à leurs habitudes qui consistent à ne rien faire à longueur de journée dans les couloirs au 3e étage de l’Emmanuel Anquetil Building.