Quatorze ans que cela dure. L’hégémonie de l’Union Sportive Beau Bassin Rose-Hill au niveau du handball masculin s’est maintenue, quoiqu’au forceps, samedi dernier au gymnase de Phoenix lors d’un débat crucial dans le cadre des play-offs.
Face à une équipe du Curepipe Starlight qui aura longtemps fait illusion, l’équipe des villes soeurs renversait une situation compromise (9-14 à la mi-temps) pour s’imposer sur le fil (24-23). Un succès qui lui permet de terminer cette compétition invaincue et d’aborder la Coupe des clubs de l’océan Indien avec encore plus de sérénité.
Avec ses cinq buts d’avance à l’entame de la seconde tranche, le Curepipe Starlight était somme toute bien parti pour connaître enfin son jour de gloire. Lui qui s’est toujours contenté du rôle de Poulidor dans ce championnat. Mais voilà, même si la cause paraissait désespérée, l’USSBBRH aura de nouveau prouvé qu’elle possède un destin hors du commun et qu’elle pouvait compter sur le potentiel d’un effectif plus étoffé que ses adversaires pour se maintenir au sommet.
Quant au Curepipe Starlight, il devra longtemps s’en vouloir de n’avoir su gérer son avance. La défaite est certes cruelle, mais les Curepipiens devront vite se ressaisir en vue de leur prochaine sortie face à l’Association Sportive Vacoas-Phoenix samedi. Le second visa en vue de la CCOI sera alors en jeu, et il s’agira de ne pas connaître une nouvelle désillusion.
Ce fut donc une finale qui s’est jouée au couteau et qui était tendue avec quatre cartons rouges, dont trois directs infligés. Sans omettre le fait que les arbitres ont été bousculés sur la fin et cela devient comme une mauvaise habitude. Quoi qu’il en soit, le CSSC aura abordé ce débat pied au plancher, avec d’entrée de jeu trois buts de son fer de lance, Pascal Yeung Yin. De son côté, l’USBBRH devait rapidement se passer des services d’un de ses piliers, à savoir le Français Michael Verchère, renvoyé dans les gradins pour une faute grossière sur Vincent Virginie.
Même s’ils pêchaient quelques fois dans la finition, il n’empêche que les Curepipiens se montraient maîtres de la situation. Leur avance se chiffrait alors à 11-5. Tout semblait leur réussir, d’autant que le gardien de but Jonathan Ramsamy réussissait également de belles parades et que les contres de Brandon Natian et Fabrice Mardaymotoo s’avéraient efficaces.
Défense plus agressive
Mais l’USBBRH n’était pas prête à laisser ainsi si facilement sa couronne. Une défense plus agressive et entreprenante, un marquage beaucoup plus strict en particulier sur Pascal Yeung Yin et surtout un Cédric Kistohurry qui retrouvait ses sensations : autant d’éléments qui changeaient le cours du débat. Le capitaine de l’équipe des villes soeurs, muet en première période, sortait alors le grand jeu. Dès lors, l’écart se réduisait à une vitesse vertigineuse.
À un quart d’heure de la fin, les deux forces en présence étaient sur le même pied d’égalité (16-16). Entre-temps, le CSSC avait vu deux de ses éléments, à savoir Ashley Otakasena et Vincent Virginie, écoper du carton rouge direct. Cette formation tentait bien de s’accrocher, mais il était évident que l’USBBRH avait fait le plus difficile.
Le mano à mano persistait alors et le Curepipe Starlight reprenait de nouveau les commandes (23-22) à un peu plus d’une minute de la fin. Nouvelle égalisation signée Cédric Kistohurry, avant que Jean-Noël Lagarde ne porte l’estocade à 42” du coup de sifflet final. Les dernières tentatives du challenger s’avéraient imprécises et l’entraîneur de l’USBBRH, Jean-Michel Poitevin, pouvait rendre hommage à la volonté de vaincre de ses protégés.
« Ce fut une superbe victoire. J’ai toujours cru dans le potentiel de mes joueurs et je m’étais dit à la mi-temps que c’était encore jouable malgré l’écart concédé. »
Selon lui, la clé du succès aura été d’avoir adopté une défense plus agressive en seconde mi-temps. « Les joueurs ont bien réagi et ont su grâce à cette tactique récupérer beaucoup plus de ballons. Qui plus est, nous avons fini plus fort car nous étions mieux préparés physiquement. » Selon Jean-Michel Poitevin, il faudra maintenant braquer l’objectif sur la CCOI, avec l’espoir de décrocher un podium.
Du côté du Curepipe Starlight, on demeure conscient que ce relâchement pendant les premières minutes de la seconde mi-temps s’est révélé fatal au décompte final. « L’adversaire nous a posé des problèmes tactiques et nous avons alors peiné pour trouver des solutions. Le jeu est alors devenu plus difficile et rugueux. Qui plus est, l’USBBRH possède un effectif plus complet, alors que de notre côté nous n’avons pas suffisamment de joueurs du même niveau », explique l’entraîneur Dominique Filleul.
Reste que ce dernier s’attend à des lendemains meilleurs. « Les joueurs ont travaillé dur pendant toute une année et ont réalisé une progression intéressante. Il s’agira maintenant de bien figurer dans la CCOI et d’essayer de créer une belle surprise ».