Nous évoquions dans notre édition du 10 janvier le cas de Laurent Ovide, jeune garçon en fauteuil roulant, qui n’arrivait pas à se faire admettre dans un collège. Alerté sur ce cas, l’Equal Opportunities Commission avait enclenché des démarches auprès des ministères de la Sécurité sociale et de l’Education. Hier, les trois parties sont parvenues à un accord : Laurent Ovide sera admis à la Port Louis North SSS et bénéficiera de soutien supplémentaire de la Sécurité sociale pour mener à bien ses études.
Sharone Ovide, la maman du jeune Laurent, peut enfin souffler. Depuis le 30 décembre dernier elle faisait le tour des collèges de la capitale dans l’espoir de trouver une place pour son fils qui venait de réussir à ses examens du CPE. Mais comme il est en fauteuil roulant et doit porter des couches, aucun collège n’a voulu l’admettre, car selon les responsables, il n’y avait pas d’infrastructures et de service appropriés pour encadrer des enfants avec ce type de problèmes.
Dans notre édition du 10 janvier, Sharone Ovide déclarait ainsi sa peine : « Partout où je me suis rendue, on m’a fait comprendre qu’on n’a jamais eu d’élève comme lui. (…) Cela me rend triste de voir que mon fils est rejeté. » Depuis, l’Equal Opportunities Commission (EOC) avait pris le dossier en main et comme mentionné dans notre édition du 15 janvier, la collaboration de l’Education et de la Sécurité sociale a été sollicitée pour trouver une solution.
Hier, Brian Glover, le président de l’EOC, a réuni les représentants des deux ministères. Deux options se sont présentées à la mère de Laurent Ovide : le collège privé DAV ou la Port Louis North SSS. Elle a choisi le dernier collège qui se trouve à Cité La Cure et qui accueille déjà des enfants avec handicap. De son côté, la Sécurité sociale s’engage à accorder une aide sociale à la famille pour les couches et les frais de transport de la maman qui doit se rendre au collège pour s’occuper de son fils. L’enfant recevra également la Student Allowance de Rs 750 par mois.
Par ailleurs, le ministère de l’Education a pris trois engagements au cours de cette rencontre avec l’EOC : un screening des candidats au CPE et avec des besoins spéciaux sera réalisé avant même les examens ; les procédures pour l’admission des enfants handicapés dans les collèges seront publiées et un travail de conscientisation sera fait auprès des responsables des collèges en lien avec la Convention des droits des enfants handicapés des Nations unies, dont Maurice est signataire.
Brian Glover se dit pleinement satisfait du dénouement de cette affaire. « Je salue le travail des ministères de l’Education et de la Sécurité sociale qui ont bien réagi. Le plus important est qu’on va mettre en place une structure afin que demain, nous ne nous retrouvions pas avec d’autres cas similaires. Je constate également qu’il y a un grand travail de sensibilisation à faire pour le respect des droits des enfants handicapés. »