Présente dans le monde de l’intégration sociale des handicapés physiques et mentaux depuis au moins huit ans, l’Association pour l’éducation et la réhabilitation des personnes avec déficience intellectuelle (APERPDI) peut se flatter d’avoir réussi, jusqu’ici, à concrétiser quelques-uns de ses objectifs. Ainsi, le Centre journalier qu’elle opère depuis sa création en 2005 est passé de ce stade préliminaire pour être reconnu à présent en tant que Special Education Needs School (SENS), nouvelle dénomination qui a pris effet à partir de janvier 2012. Cette association doit son existence surtout à la bonne foi et à la débrouillardise de son fondateur et actuel président, Balraz Boodooa, domicilié à Dagotière, de même qu’à ses collaborateurs.
Aujourd’hui, l’association, qui est parrainée entre autres par l’Overseas Education Center et la Global Rainbow Foundation, est membre de la toute nouvelle Federation of SEN Schools. En vue de se mettre au diapason des idées avant-gardistes en ce domaine particulier, elle a établi des relations fructueuses avec trois organisations similaires d’outre-mer, deux basées en Inde et une au Japon. Grâce à ces contacts de niveau international, l’association s’est familiarisée avec une nouvelle méthode pédagogique dans le contexte de la formation de la personne handicapée et cette méthode se concrétise en faisant usage d’un appareil intitulé panel theatre. Il s’agit en fait d’un tableau spécifique sur lequel l’élève est appelé à visualiser concrètement l’objet de son apprentissage tout en étant simultanément à l’écoute d’une musique douce. Cette méthode pédagogique est originaire du Japon.
En 2008 et 2010 et cette année-ci, l’association a accueilli des éducateurs indiens et japonais dans le domaine de l’éducation des infirmes et ceux-ci ont donné des causeries à des représentants de divers corps de métiers impliqués dans l’intégration sociale de cette catégorie de personnes. Lors de ces causeries, les éducateurs indiens et japonais ont mis l’accent sur l’utilisation du panel theatre.
Cette année-ci, également, l’association a accueilli chez nous des éducateurs indiens et japonais et ceux-ci se sont livrés au même exercice en face de leurs pairs mauriciens et, une fois de plus, le « Panel Theatre » y a tenu la vedette.
Balraz Boodooa nous explique brièvement ce petit quelque chose qui a déclenché en lui le déclic en faveur de la personne handicapée : « Il fut un temps où je travaillais comme chauffeur pour un ex-diplomate qui était en poste à Maurice et, entre autres choses, je lui ai fait visiter des écoles maternelles aux quatre coins de l’île. Et, dans certaines de ces maternelles, il y a quelque chose d’insolite qui a frappé mon esprit : pêle-mêle parmi les tout petits il y avait des infirmes à l’âge de l’adolescence et même au-dessus de cet âge. C’était bizarre. Par la suite, j’ai fini par comprendre que ces infirmes y étaient placés par leurs parents pour y passer la journée faute d’un centre approprié pour les accueillir en vue d’une réadaptation sociale. »
C’est alors que naît en lui le désir de s’intéresser de plus près au sort des infirmes et, joignant le geste à la parole, il se met à participer activement à des activités de levée de fonds en vue de créer des centres pour cette catégorie de personnes.
Dévouement
À partir de 2005, Balraz Boodooa va se consacrer entièrement aux activités qui s’insèrent dans le cadre de la réinsertion des infirmes. Fort du soutien d’un commanditaire stable et d’un médecin, il fonde l’APERPDI, association qui créera par la suite un Centre journalier qui sera placé à titre temporaire au Centre Social de St-Pierre. Parallèlement, M. Boodooa profitera de toutes les opportunités qui s’ouvrent à lui pour acquérir une bonne formation dans la mise en oeuvre de cette activité de nature subtile et exigeante. Les cours sont dispensés par le biais des divers organismes qui y sont concernés.
Autre tournant dans la vie de notre interlocuteur : en 2007, suite à un ordre du Conseil de District de Moka-Flacq, son Centre journalier doit déménager pour aller s’installer ailleurs… « À ce moment, mon association faisait face à un grave problème financier et, de mon côté, je n’avais pas le droit de me désengager de ces 30 handicapés qui avaient pris l’habitude de fréquenter quotidiennement notre Centre journalier. Dans cette conjoncture difficile, j’ai pris la seule décision possible, c’est-à-dire, implanter le Centre journalier au sein de mon domicile, à Dagotière, quitte à rétrécir l’espace vital de mon logis pour les membres de ma famille. Finalement, je l’ai fait avec l’assentiment de mon épouse et de mes enfants et je leur en suis redevable. »
À ce moment-là, avec l’aide d’organismes philanthropiques, il exécute un formidable travail de rénovation au sein de sa demeure en vue d’y installer un Centre journalier digne de ce nom pour sa clientèle. En peu de temps, le mobilier requis et les équipements appropriés y prennent place. M. Boodooa achète également une fourgonnette pour assurer lui-même à titre gracieux le transport des adhérents, pour l’arrivée du matin comme pour le retour de l’après-midi. Jusqu’à présent, chaque adhérent bénéficie de cette facilité : le matin on le prend devant sa porte et, après la journée scolaire, on le dépose à son domicile.
Aujourd’hui, il s’agit d’une école spécialisée qui accueille chaque jour 22 handicapés physiques et mentaux dont les âges varient de six ans à 21 ans. Ainsi, ces infirmes se voient créer en leur for intérieur une expectative pour un meilleur avenir.
Autre fait à retenir : l’APERPDI est l’une des 65 associations bénévoles qui, depuis le début de l’année en cours, se sont vues attribuer un don en argent avec la mise en pratique du Programme de Coopération Décentralisé financé par l’Union européenne. Ce don, un montant de Rs 293 000, lui a permis de créer au sein de son centre, pour le mieux-être de ses adhérents, une unité de confection de produits artisanaux tels que des paniers en rotin, des fleurs artificielles, des sacs en toile, des broderies sur toile, etc.