• La grève de la faim de Rosario Marianne suspendue, dans l’attente d’une décision importante

L’International Paralympics Committee (IPC) a été alerté après le refus de la Visually Handicapped Persons Sports Federation (VHPSF) d’accorder une licence internationale à Samuel Bousoula et Loïc Bhugeerathee, guides des handisportifs aveugles Rosario Marianne et Anndora Asaun respectivement.

Rosario Marianne

C’est le Magic Parasport de Quatre Bornes qui en a pris l’initiative, estimant que les droits de deux de ses athlètes ont été lésés. Il nous revient que le ministère de la Jeunesse et des Sports aurait écrit à la VHPSF, pour rappeler à ses membres leurs responsabilités et leur devoir de remettre une licence aux guides. C’est la réponse de la VHPSF, en date du 24 avril et signée par le secrétaire Dominique Pancham, qui a poussé la présidente de Magic Parasport, Hewlett Nelson, à s’en remettre à l’IPC.

Une réponse considérée comme étant «insultante », considérant que la demande de Loïc Bhugeerathee avait été adressée le 18 février dernier et celle de Samuel Bousoula, le 7 mars dernier ! Il aura ainsi fallu que Rosario Marianne se décide à entamer une grève de la faim, pour que la VHPSF nous sorte, mercredi dernier, une réponse qui frise l’ironie à l’égard des deux guides. « We apologise (sic) for our late reply, following the last meeting of the Managing Committee of the VHPSF, your request for a license as guide runner has been discussed. We hereby this letter (sic) inform you that only guide runners who are member (sic) of a club affiliated to the VHPSF, are granted a guide runner license (sic). Thanking you for your comprehension.» Suffisant pour pousser les membres de Magic Parasport à bout, d’où la décision du club de solliciter, en milieu de semaine, une rencontre avec le ministre de la Jeunesse et des Sports, Stephan Toussaint.

«À ce jour toutefois, nous n’avons pas eu de réponse. Il n’empêche que j’ai pu parler au responsable de communication du MJS qui m’a fait comprendre que la VHPSF a déjà été rappelée de ses responsabilités», fait remarquer Hewlett Nelson. Elle précise aussi que, selon le Sports Act 2016, il n’existe aucune loi pouvant interdire à la fédération d’émettre une licence aux guides et encore moins, si le club de ces derniers n’est pas affilié à la fédération.

Une solution rapide souhaitée

L’IPC a d’ailleurs été informé des dessous de cette affaire. Il est même précisé que c’est lui seule qui est habilité à délivrer des licences. «L’IPC reconnaît uniquement le MPC (Ndlr: Mauritius Paralympics Committee). Ce dernier n’a d’ailleurs qu’à signer “l’eligibility form” des guides pour que l’IPC approuve les licences», fait-elle ressortir. Elle a ajouté que, selon ses sources, l’IPC a demandé que ce problème soit réglé le plus rapidement possible.

Contacté, le président du MPC, Krisley Appadoo, a déclaré: «Je ne sais pas si l’IPC a été alerté, mais ce que je peux confirmer, c’est qu’il a pris contact avec moi. On m’a demandé des informations sur toute cette affaire. J’ai proposé qu’une visioconférence soit organisée entre les parties concernées et on m’a fait comprendre qu’on reviendra vers nous. Pour ce qui est d’une lettre du MJS à la VHPSF, je ne suis pas au courant. »

Hewlett Nelson a, d’autre part, expliqué que la grève de Rosario Marianne est suspendue, dans l’attente d’une décision importante qui devrait intervenir cette semaine. Pour rappel, le handisportif avait, dans un premier temps, décider de ne pas aller de l’avant avec sa démarche, après avoir été informé, mardi, de la tenue d’un Time Trial, pour le lendemain dans le cadre des JIOI. Toutefois, une fois sur place, il devait apprendre qu’aucune compétition n’était prévue pour ceux souffrant d’une déficience visuelle ce jour-là. «Cette situation n’a que trop duré et il est grand temps qu’on me permette de pratiquer ma discipline au plus haut niveau, avec mon guide à mes côtés», conclut-il.