Un budget Rs 187 950 alloué pour les cinq mois de préparation à avenir, y compris la participation aux compétitions internationales

Le déplacement prévu aujourd’hui au Maroc a été annulé, pour fonds insuffisants

Les neuf athlètes qui ont réalisé les minima pour les Jeux paralymiques, prévus du 25 août au 6 septembre prochain à Tokyo au Japon, ne pourront avoir une préparation de haut niveau pour espérer valider ces minima en qualification. Cela après avoir été informés qu’ils bénéficieront d’un soutien financier dérisoire du ministère de la Jeunesse et des Sports. Au total, Rs 187 950 seulement a été mis à leur disposition, soit une allocation mensuelle de Rs 3 480 par athlète ! Et dire que ce même MJS a accepté de participer récemment aux frais de rapatriement de la sélection nationale de futsal de Laayoune. Au total, Rs 500 000 ont été décaissé des fonds publics pour soutenir la Mauritius Football Association, fortement à blâmer dans cette affaire !

Ce qu’il faut bien mettre en perspective dans cette affaire, c’est qu’une demande de quelques Rs 9M avait été transmise au MJS par le Mauritius Paralympics Committee (MPC) au début du mois. Somme que nous considérons quand même de très élevée, notamment pour une préparation de cinq mois seulement. Sans oublier qu’aucune garantie n’est donnée que les neuf athlètes concernés décrocheront tous une qualification pour Tokyo. Appelé à commenter sur cette demande, le président du MPC, Krisley Appadoo, a expliqué que ce budget a été préparé en fonction des demandes des trois fédérations handisportives concernées, soit physique, intellectuelle et visuelle. «J’ai effectivement monté un budget global autour de Rs 9M, comprenant entre autres les compétitions et les Jeux paralympiques de Tokyo. Cela en me basant sur des demandes qui y ont été effectuées», fait-il remarquer.

Si ce budget paraît certes élevé, en revanche, la démarche du MJS d’allouer un soutien de Rs 187 950 seulement relève tout simplement d’un manque total de considération à l’égard de ces handisportifs. Car n’oublions pas que ces derniers ont tous réalisé les minima imposés par l’International Paralympics Committee (IPC), contrairement aux athlètes qui n’ont toujours pas réalisé les minima ou valider leurs qualifications pour les Jeux olympiques de juillet prochain, au Japon toujours.

Des sponsors sollicités
Pour sa part, Krisley Appadoo concède que Rs 187 950 ne sera pas suffisant pour participer à autant de compétitions souhaitées par les fédérations. Il n’empêche qu’il dit comprendre le MJS sur la question. «La trésorerie du MJS n’a pas une somme illimitée et on doit comprendre cela», dit-il. Ce qui n’est pas forcément l’avis des handisportifs, entraîneurs et des dirigeants de fédération qui ont eux à cœur de valider, le plus tôt possible, une qualification pour les Jeux de Tokyo. «C’est sûr qu’il nous faudra trouver des sponsors pour compléter notre budget. Nous avons d’ailleurs déjà sollicité des sponsors avec lesquels nous avons rendez-vous la semaine prochaine (Ndlr: cette semaine)», déclare-t-il.

À partir de là, précise le président du MPC, les fédérations auront à se décider des compétitions auxquelles ils souhaitent participer. Ce que nous pouvons d’ores et déjà affirmer, c’est que la participation au Meeting du Maroc est déjà tombée à l’eau faute de soutien financier, comme confirmé par Krisley Appadoo. Désormais, les fédérations travaillent sur le Grand Prix de Sharjah et de Dubaï, prévus le mois prochain aux Emirats Arabes Unis. Cette année toujours, les handisportifs aspirent aussi à participer au Grand Prix d’Italie, de Suisse et de Tunisie.

À noter que neuf athlètes ont réalisé les minima pour les Jeux paralympiques. Ces derniers sont Noemi Alphonse (au 100m, 400m, 800m, 1500m et 5000m fauteuil T54), Roberto Michel (100m et 800m fauteuil T34), Anaïs Angéline (100m, 200m et longueur T37) et Brandy Perrine (100m T54) chez les physiques. Denovan Rabaye et les Rodriguais Brigilla Clair (poids T20) et Eddy Capdor (longueur T20) l’ont fait chez les handicapés intellectuels (longueur T20), tout comme Anndora Assaun (100m T11) et Rosario Marianne (poids F11) et leurs guides Loïc Bhugeerathee et Samuel Bousoula respectivement chez les handicapés visuels.