La handisportive Noemi Alphonse avait raté les prestigieux Jeux paralympiques de Rio au Brésil, l’année dernière. Après avoir été injustement suspendue par sa fédération, la Physically Handicapped Persons Sports Federation (PHYSFED), elle avait ensuite tenté de revenir sur le tard pour décrocher sa qualification, mais sans succès. Cette année, Noemi Alphonse sera bel et bien présente aux Championnats du monde d’athlétisme de l’International Paralympics Committee (IPC), prévus du 14 au 23 juillet au stade olympique de Londres, en Angleterre. Pour cette grande première, Noemi Alphonse vise l’exploit de décrocher une place en finale. Et même si elle n’y parvient pas, elle sera tout de même heureuse d’avoir pu se qualifier pour une compétition de cette envergure, tout en ayant fait honneur à son pays.
Cette année, plus précisément en mars dernier, Noemi Alphonse frappait un gros coup au 7th Sharjah International Open Athletics Meeting, aux Émirats Arabes Unis. À la clé, cinq records nationaux (100m, 200m, 400m, 800m et 1500m) et qualification pour les Mondiaux dans ces cinq épreuves. Elle a même fait mieux, deux mois plus tard, plus précisément lors d’une compétition à Arbon en Suisse, en améliorant, une fois encore, ses cinq records nationaux. « Mon objectif de départ, depuis l’année dernière, était de me qualifier pour les Championnats du monde de Londres. C’est désormais chose faite et, qui plus est, j’ai pu me qualifier dans cinq épreuves. Je suis vraiment très contente de voir mes efforts être récompensés », a-t-elle déclaré.
Cinq records nationaux
Avec autant de records nationaux battus en si peu de temps et cette qualification à ces Championnats du monde, Noemi Alphonse dit avoir dû revoir ses ambitions à la hausse. « Tout athlète doit toujours se fixer de nouvel objectif pour progresser davantage. On est perfectionniste et on cherche toujours à s’améliorer. Avec la qualification en poche, j’ai beaucoup travaillé, avec mon entraîneur Jean-Marie (Bhugeerathee), afin d’essayer maintenant de passer un autre cap », a-t-elle fait remarquer. L’exploit, selon elle, sera de se qualifier pour une finale mondiale. Quoiqu’elle soit d’avis que ce sera un bien tout autre pair de manche avec la présence de meilleures mondiales.
Consciente que ce sera très difficile, Noemi Alphonse est d’avis qu’il faudra tout de même essayer. « Un exploit est possible. J’ajouterai que rien n’est impossible dans la vie. Il suffit d’y croire et d’y mettre beaucoup d’envie. Je suis prête à tout donner pour réaliser ce rêve. Si je réussi, ce sera extraordinaire et même si j’échoue, ce ne sera pas grave. J’aurai quand même essayé. Je me contenterai de cette belle qualification qui m’aura permis de fouler la piste du stade olympique de Londres et de porter fièrement, sur le dos, les couleurs de mon pays », a-t-elle fait remarquer. Noemi Alphonse a tenu à remercier sa famille, Jean-Marie Bhugeerathee, Hewlett Nelson et les membres du Magic Parasports Club de Quatre Bornes, son sponsor ABC Motors, les autres partenaires financiers, le ministère de la Jeunesse et des Sports, le Trust Fund for Excellence in Sports et tous ceux qui l’ont soutenu de près ou de loin.
Travail psychologique
L’entraîneur national Jean-Marie Bhugeerathee croit également que l’exploit est réalisable, tout en restant très mesuré dans ses propos. « Noemi, tout comme mes trois autres athlètes, a reçu une longue préparation qui aura duré un peu plus de deux ans. Il ne faut pas oublier qu’en face, nous retrouverons les meilleurs mondiaux qui possèdent eux, non pas deux ans d’entraînements, mais bien dix ans de carrière ou plus au plus haut niveau. C’est pour dire à quel point ces Championnats du monde seront difficiles », a-t-il souligné.
Il n’empêche, a-t-il ajouté, que les qualifiés méritent amplement de savourer ce moment de bonheur acquis au prix fort de nombreuses heures d’entraînements. « Les jeunes sont tous excités de participer à cette compétition. Ils ne savent pas à quoi s’attendre à une compétition de cette envergure. Il y a donc eu un travail psychologique qui a été fait en amont et je peux dire que le groupe est prêt pour la grande aventure », a-t-il indiqué. Mais pour l’entraîneur national, c’est déjà un exploit pour ces jeunes, âgés entre 16 ans et 21 ans, de participer à une aussi prestigieuse compétition mondiale. « Il ne reste plus qu’à marquer l’histoire maintenant », a-t-il fait remarquer.
Pour conclure, Jean-Marie Bhugeerathee a, au nom de tous ses athlètes, et du Magic Parasports Club, remercié Air Mauritius qui a pris en charge les billets d’avion de Noemi Alphonse, Anaïs Angéline, Ashley Telvave et Denovan Rabaye, et offert une remise de 50% pour les billets de Hewlett Nelson, accompagnatrice, et pour lui-même. « Merci à Air Mauritius, au ministère de la Jeunesse et des Sports, au TFES, à ABC Motors, à I-Motion, son manager Hugo Dalais, Audrey Grandcourt, Vincent Boitier et à ces dames qui s’entraînent dans ce gymnase et qui ne manquent pas un seul instant à nous soutenir », a indiqué Jean-Marie Bhugeerathee. Il n’a pas manqué de remercier la nutritionniste Anya Benoit, qui suit ses athlètes depuis une année et le président de la Mentally Handicapped Persons Sports Federation (MHPSF), Jean-Marie Malépa, qui ne sera cependant pas du voyage, faute de moyen.