Les joies de la handisportive mauricienne Noemi Alphonse à l’issue du 7th Sharjah International Open Athletics Meeting des 25 et 26 mars dernier aux Émirats Arabes Unis avaient vite laissé place à une grosse déception. Malgré le fait d’avoir validé son billet pour les Mondiaux de Londres (Angleterre) de juillet prochain (14 au 23), elle a appris, il y a deux semaines, que les minima réalisés sur 100m, 200m, 400m, 800m et 1500m n’étaient pas reconnus par l’International Paralympic Committee (IPC).
La raison est que le Mauritius Paralympic Committee (MPC) n’avait pas pris les dispositions nécessaires pour renouveler les licences. Des démarches ont été alors entreprises par son club, le Magic Parasports de Quatre-Bornes. Finalement, et ce, après un échange de courriels avec l’instance internationale, une exception a été faite pour Noemi Alphonse. Mais pas pour Ashley Telvave, athlète qualifiée sur 800m et faisant partie de la Mentally handicapped Persons Sports Federation (MHPSF).
C’est en découvrant que les noms de Noemi Alphonse et d’Ashley Telvave ne figuraient pas au classement mondial 2017 de l’IPC, il y a deux semaines, que la présidente de Magic Parasports Club, Hewlett Nelson, a entamé les démarches nécessaires. « Nous avons été surpris de constater que le nom de Noemi ne figurait pas dans le classement comme cela aurait dû être le cas. Cela nous a inquiétés, alors que Noemi était, elle, très affectée. Elle n’a d’ailleurs pas arrêté de pleurer en apprenant la nouvelle », a déclaré Hewlett Nelson.
Une rencontre a même été sollicitée avec le ministre de la Jeunesse et des Sports, Stephan Toussaint, qui a alors conseillé au club de s’enquérir auprès de l’IPC. « C’est ce que nous avons fait, et nous avons été atterrés d’apprendre que la licence de Noemi n’avait pas été renouvelée par le MPC », a fait remarquer Hewlett Nelson. Cette dernière a avoué avoir difficilement digéré la nouvelle, d’autant qu’elle avait écrit au président de la Physically handicapped Persons Sports Federation (PHYSFED), Jason François, le 13 février dernier, pour lui demander d’entamer les démarches nécessaires auprès du MPC afin que soient renouvelées les licences de Noemi Alphonse et d’Anaïs Angéline en vue de leurs participations au Sharjah International Open.
« Demars pe korek-la »
Hewlett Nelson dit avoir même rencontré Jason François lors du National Sports Award le 3 mars. Ce dernier lui a affirmé que « demars pe korek-la ». Ainsi, soutient-elle, « le fait que nos athlètes ont tout simplement besoin de présenter leur Identification Number pour être en mesure de participer à une compétition, nous avons mis le cap sur les Émirats Arabes Unis avec la certitude que le nécessaire avait été fait par le MPC. On s’est malheureusement trompé », a-t-elle précisé. Sans une licence renouvelée donc, les résultats de Noemi Alphonse n’ont pas été homologués.
Dans une première réponse de l’instance internationale, il est indiqué la raison pour laquelle les noms de Noemi Alphonse et d’Ashley Telvave ne figuraient pas au classement mondial 2017. Selon le courriel de l’IPC, il est précisé qu’Ashley Telvave « ne possède pas de licence », alors que Noemi Alphonse a obtenu la sienne « après la compétition ». Pour figurer dans le classement mondial, il est important d’avoir une licence avant toute compétition. « J’ai expliqué à la personne concernée que nous avions pris toutes les mesures nécessaires pour la participation de nos athlètes à cette compétition, mais que la faute n’était pas la nôtre. J’ai même fait part des efforts consentis par Noemi Alphonse pour réaliser cinq minima pour les Mondiaux de Londres », a fait ressortir Hewlett Nelson.  
Le MPC responsable
Et dans une dernière correspondance de l’instance internationale, il est indiqué, et ce, après vérification, que le paiement des licences a été effectué avant la compétition. La présidente de Magic Parasports Club a ajouté que l’IPC « a décidé de faire une exception et, pour cette fois uniquement, reconnaître les minima réalisés par Noemi à Sharjah. Cela a été un grand soulagement pour nous tous et pour Noemi en particulier. Nous remercions ceux avec qui nous avons été en contact à l’IPC et le ministre Toussaint pour son soutien. »
Le problème résolu, cela n’a toutefois pas empêché Hewlett Nelson de déplorer ce qui s’est passé. « Que l’on sache que cela n’aurait pas été facile pour Noemi de rééditer ces mêmes performances à une autre compétition surtout dans l’état qu’elle se trouvait après cette triste mésaventure! Nous déplorons le fait que certaines personnes n’ont pas assumé leurs responsabilités, ce qui aurait pu coûter très cher à une athlète. Pour nous, la faute revient au MPC, qui aurait dû faire le nécessaire pour renouveler les licences. Car après avoir effectué le paiement pour les licences, il était important de les renouveler par la suite en ligne. Heureusement que tout est rentré dans l’ordre », a-t-elle conclu.