Pour la première fois de son histoire, la République de Maurice sera représentée par six athlètes lors d’une édition des Championnats du monde d’athlétisme de l’International Paralympics Committee (IPC). Contrairement au passé où le Mauritius Paralympics Committee (MPC) avait bénéficié d’invitations, cette fois, Brandy Perrine, Noemi Alphonse, Anaïs Angéline (handicap physique), Rosario Marianne (handicap visuel), Ashley Telvave et Denovan Rabaye (handicap intellectuel) ont tous obtenu leurs billets pour Londres grâce aux performances réalisées sur les pistes synthétiques. Pour l’entraîneur national Jean-Marie Bhugeerathee, attaché à la Mentally Handicapped Persons Sports Federation (MHPSF), et aussi entraîneur personnel de Noemi Alphonse et d’Anaïs Angéline, l’objectif sera de viser une ou deux places en finale.
 La compétition débutera le 14 juillet pour prendre fin le 23 juillet au stade olympique de Londres, basé plus précisément dans le quartier de Stratford. Pour Jean-Marie Bhugeerathee, le fait d’être sur place dix jours avant le début de cette compétition est « un gros avantage ». Car cela permettra à ses athlètes « d’être mieux acclimatés » aux conditions locales. Pour l’heure, les démarches en vue de ce déplacement sont « en bonne voie », quoique les frais de participation et d’hébergement n’ont pas encore été réglés par le ministère de la Jeunesse et des Sports pour Hewlett Nelson (accompagnatrice), Jean-Marie Malépa (président du MHPSF) et Jean-Marie Bhugeerathee.
Soutien du TFES
Selon Jean-Marie Malépa, la fédération a déjà déposé son dossier par rapport à cette participation aux Mondiaux au MJS. « Le dossier concerne l’hébergement de nos deux athlètes et la prise en charge de l’entraîneur, de l’accompagnatrice et de moi-même comme président. Au cas où nous n’avons pas la totalité du budget, je ne ferai alors pas le déplacement », a-t-il déclaré. En revanche, Jean-Marie Malépa a salué l’initiative du Trust Fund for Excellence in Sports, qui fera les frais des billets d’avion des deux athlètes à la hauteur de Rs 80 000. Noemi Alphonse, Anaïs Angéline, Ashley Telvave et Denovan Rabaye et les trois dirigeants quittent le pays le 8 juillet.
D’autre part, Jean-Marie Bhugeerathee a indiqué que la préparation se déroule « dans de bonnes conditions » et que ses athlètes ont un volume de travail de cinq à six heures quotidiennement. Les samedis, c’est trois heures, tout comme les dimanches matin. « Les athlètes sont tous très motivés et sont déterminés à réaliser de très bonnes performances à ces Mondiaux. Le fait d’être présent à Londres est une aventure très excitante pour eux. C’est la récompense d’un travail effectué au cours de ces deux dernières années, entamé quelques mois avant les Jeux des îles de l’océan Indien de 2015 à La Réunion », a-t-il indiqué.
Selon l’entraîneur national, décrocher une médaille à ces Mondiaux sera très difficile, mais pas impossible. Toutefois, a-t-il ajouté, il faut rester réaliste. « Nous serons tous très heureux si un ou deux athlètes parvenaient à atteindre une finale mondiale. Si cela se réalise, ce sera grâce au travail et à la détermination de ces jeunes. On pourra alors dire que nous avons accompli notre mission », a-t-il fait ressortir. Mais le fait même d’avoir pu se qualifier pour cette prestigieuse compétition est une grosse fierté pour Jean-Marie Bhugeerathee. « C’est exceptionnel. Au moins, on dira que ces jeunes se sont donnés à fond pour réaliser ce rêve. Rien n’arrive par hasard et si aujourd’hui nous sommes qualifiés, c’est grâce aux efforts consacrés lors des nombreuses séances d’entraînement », a-t-il indiqué.
Records nationaux
Jean-Marie Bhugeerathee n’a pas manqué de saluer le soutien de tous ceux qui ont jusqu’ici soutenu ses athlètes. Selon lui, c’est la preuve que le travail se fait avec beaucoup de sérieux et que l’argent investi par ceux concernés est utilisé à bon escient. « Si nous continuons à bénéficier du même soutien jusqu’aux prochains Jeux paralympiques, je peux vous assurer que nos athlètes réaliseront quelque chose de très grand », a-t-il fait remarquer. Et qui dit soutien, dit aussi participation à plusieurs compétitions de très haut niveau à l’étranger. Et ce n’est que de cette manière que les athlètes progresseront davantage.
« Il a d’ailleurs été prouvé, à chacune de nos sorties internationales, à quel point nos athlètes ont progressé en améliorant notamment leurs records nationaux », a-t-il expliqué. Ces sorties, a-t-il poursuivi, ont aussi permis d’améliorer la performance des athlètes grâce au travail de correction qui a été entrepris par la suite. « À Paris récemment, Denovan (Rabaye) avait été disqualifié après avoir raté son départ. À notre retour, nous avons beaucoup travaillé et, depuis, il s’est amélioré. Je salue Eric Milazar, lui-même un ancien international du 400m, pour le gros coup de main qu’il nous donne à ce niveau », a-t-il fait ressortir.