Après avoir pris en main les destinées du Mauritius National Paralympic Committee (MNPC), en avril 2013, Jean-Marie Malépa veut maintenant dynamiser le handisport au niveau de l’océan Indien. C’est ainsi que lors de l’assemblée générale de la International Paralympic Committee (IPC), tenue en novembre dernier en Grèce, il a proposé la création d’un comité paralympique de l’océan Indien auprès des représentants des Comores, de Madagascar, des Seychelles et du Djibouti. « Tous ceux contactés sont favorables. J’espère rencontrer les présidents de ces quatre comités paralympiques d’ici la fin d’avril pour la concrétisation de ce projet », a expliqué Jean-Marie Malépa.
L’idée de regrouper les fédérations handisportives de la région est de donner une nouvelle dimension à cette discipline et également une nouvelle motivation à ses athlètes. « Tous ceux à qui j’ai exposé cette idée sont d’accord pour bouger dans ce sens. Car ce sera un plus pour le handisport régional. J’ajouterai que nous bénéficierons du soutien de l’APC (African Paralympic Committee) dans le cadre de ce projet », a déclaré Jean-Marie Malépa.
Selon Jean-Marie Malépa, les dirigeants des quatre îles sont en contact régulier depuis novembre dernier et qui plus est, la vice-présidente du Seychelles Paralympic Committee, nommément Patricia René, était à Maurice il y a deux semaines. « Nous avons eu des discussions très positives sur le sujet. Nous espérons maintenant organiser une rencontre entre les quatre présidents d’ici la fin du mois prochain. Le lieu et la date restent à déterminer », a-t-il souligné. Si tout se passe comme prévu, le dossier comité paralympique de l’océan Indien sera ensuite déposé devant l’assemblée générale de l’APC qui devrait se tenir en juillet prochain. Le lieu n’ayant pas encore été arrêté.
Le président du NPC a indiqué que son objectif était aussi d’organiser les premiers jeux handisports régionaux, cette année. Malheureusement a-t-il indiqué,  les démarches n’ont pas abouti. « Avec la création prochaine du comité de l’océan Indien, organiser une compétition de cette ampleur sera beaucoup plus facile. Si nous avions pu organiser ces Jeux cette année, notre objectif était de classifier les athlètes de la région. Pour ce faire, il fallait attirer les classificateurs étrangers. Toutefois, cela n’a pas été possible dans le sens où il faut informer la IPC une année à l’avance. Ce que nous comptons faire prochainement en vue des Jeux de 2015 », a-t-il fait remarquer.
Arrivé à la tête de la NPC en avril dernier pour succéder à Dominique Pancham, Jean-Marie Malépa s’est mis en tête de donner un nouveau visage au handisport régional et local surtout. Son objectif: « ne plus voir souffrir les athlètes comme moi je l’ai vécu. Dans le passé, il y avait trop de conflits entre les différentes fédérations handisportives (mentally, physically, aurally et visually) et c’était les athlètes qui étaient pénalisés. Mon objectif est de travailler très dur, afin que les athlètes aient les moyens et l’encadrement nécessaires pour s’épanouir », a expliqué Jean-Marie Malépa. Champion de Maurice du 100m et deux fois quatrième sur 1 500m aux Jeux des Iles de l’océan Indien de 1998 (La Réunion) et de 2003 (Madagascar), Jean-Marie Malépa a également pratiqué du tennis en fauteuil.
Climat de confiance
A 34 ans, Jean-Marie Malépa a indiqué que son objectif est aussi d’instaurer un climat de confiance et de sérénité parmi la communauté handisportive. « Le plus dur lorsque j’ai pris la présidence, c’était de faire passer mes idées », a-t-il dit. D’ailleurs, l’un de ses premières actions impopulaires, a-t-il ajouté, demeure sa décision de refuser des invitations pour les 7es Jeux de la Francophonie, tenue en septembre dernier, à Nice en France. « Il était hors de question que nous fassions de la figuration à ces Jeux d’où ma décision de refuser ces invitations et de fixer des minima. »
L’autre mesure que Jean-Marie Malépa dit avoir mis en place demeure justement l’épreuve de minima, un passage obligé, a-t-il souligné, pour ceux envisageant une participation à des compétitions internationales. « Cette mesure est toute simple, puisqu’il encourage les athlètes à travailler encore plus et à se surpasser », a-t-il fait ressortir. Jean-Marie Malépa se dit aussi heureux que trois athlètes ont pu récemment participer au Grand Prix International de Dubaï dans le but de se faire classifier. « La classification demeure le point noir du NPC, car en dix ans, nous n’avons eu que quatre athlètes classifiés. Ce qui n’était pas normal. Avec les Jeux que nous comptons organiser en 2015 et la venue probable des classificateurs de la IPC, nous espérons avoir encore plus d’athlètes classifiés », a-t-il fait remarquer.
C’est ainsi qu’après une année de travail, Jean-Marie Malépa, également président de la Mentally Handicapped Persons Sport Federation, se dit satisfait de ce qui a été accompli et ce, avec le soutien des quatre fédérations. « Le courant passe désormais très bien et l’objectif est de continuer à travailler tous ensemble, afin que le handisport mauricien franchit un autre pallier. »
D’autre part, le président du NPC a avancé que la préparation pour les Jeux du Commonwealth (23 juillet au 3 août) à Glasgow en Écosse se poursuit avec beaucoup de sérieux et comme l’a souligné l’entraîneur national Jean-Marie Bhugeerathee, dans ces mêmes colonnes dimanche dernier, des minima seront imposés pour la qualification de trois athlètes et d’un nageur à ces Jeux.