Il y a exactement deux semaines, Week-End évoquait les milles problèmes auxquels la handisportive Noemi Alphonse avait à faire face, notamment pour aller s’entraîner chaque matin au stade Maryse Justin, à Réduit. Selon nos informations, la Physically Handicapped Persons Sport Federation (PHYSFED) aurait fait une requête auprès du ministère de la Jeunesse et des Sports et, depuis lundi, Noemi Alphonse peut profiter d’un moyen de transport de l’Etat pour se rendre à ses entraînements deux fois par semaine. En revanche, elle dit toujours attendre une reconnaissance du gouvernement pour sa performance au Grand Prix de l’International Paralympics Committee (IPC) de juin dernier en Italie.
Noemi Alphonse n’aura plus besoin de se déplacer six fois par semaine en bus de Ste Croix à Réduit pour participer à ses entraînements. Même si elle aurait aimé bénéficier d’un moyen de transport pour ses six déplacements hebdomadaire, elle se contentera, pour l’instant, des deux jours qui lui ont été offerts.  » C’est sûr que si je pouvais bénéficier d’un transport pour les six jours, cela m’aurait grandement aidée. Mais deux jours, c’est toujours quelque chose au lieu de rien. Car cela me permet d’éviter les milles difficultés que je rencontre chaque jour pour me déplacer de Ste Croix à Réduit « , a-t-elle expliqué.
En effet, c’est très tôt chaque matin, soit à 7h, qu’elle quitte le domicile familial à Ste Croix pour la gare du nord à Port-Louis. C’est ensuite à pied qu’elle rallie la gare Victoria avant de prendre un autre bus pour le stade Maryse Justin, à Réduit.  » Sans compter que l’après-midi, c’est le même combat pour retourner à la maison « , a-t-elle fait remarquer, elle qui a été amputée à la hauteur du mollet gauche depuis sa naissance et qui a encore d’autres handicaps physiques.  » Comme je l’ai déjà expliqué, il n’est guère évident de faire  un aussi long trajet en bus et à pied en tenant en compte mes handicaps. Mais par amour pour le sport, je fais abstraction de mes problèmes, afin de pouvoir réaliser mon rêve de participer aux Jeux paralympiques de l’année prochaine à Rio (Brésil). Je ne suis pas loin des minima B et je suis convaincue que je pourrai le faire « , a-t-elle indiqué.
Selon son entraîneur personnel, Jean-Marie Bhugeerathee qui est lui attaché à la Mentally Handiccaped Persons Sport Federation, Noemi Alphonse a les moyens d’atteindre son objectif, elle qui avait remporté le 1 500m fauteuil en Italie avec un chrono de 4.54:88. Depuis, a-t-il indiqué, la handisportive tourne dans les 4.30 à l’entraînement et possède les qualités nécessaires pour réaliser les minima B (4 minutes). Pour ce faire, Noemi Alphonse espère ainsi avoir la chance de participer, dès février prochain, à une série de Grand Prix, à commencer par celui de Canberra en Australie.
Par ailleurs, Noemi Alphonse a déploré le fait que l’Etat n’a toujours pas reconnu sa première place au 1 500m fauteuil de juin dernier en Italie. Cette absence de considération de l’Etat envers la handisportive avait d’ailleurs constitué le thème central de notre article du 1er novembre dernier. Malheureusement, aucun développement n’est intervenu d’où la déception de la principale concernée.  » J’attends toujours et comme je l’ai dit, cela me fend le coeur de constater que l’Etat n’a toujours pas reconnu ma performance en Italie. Malgré cela, je ne baisse pas les bras. Je poursuis ma préparation avec le même sérieux et la même détermination, afin  d’aller chercher une qualification pour les Jeux paralympiques « , a-t-elle conclu.