Hans Nayna

Il a du swing dans la peau, une voix teintée de soul et ce charisme à soulever les foules. Hans Nayna, qui aura 30 ans le 3 mars, est un artiste doté d’une fibre artistique et qui ne cesse d’émouvoir son auditoire. Lors du “Hilton Unplugged”, qui s’est tenu en début d’année à l’hôtel Hilton, en véritable “performer”, il a emballé son auditoire et, au clap de fin, demeurait encore dans la tête des clients de l’hôtel cette magie ambiante dont personne ne pouvait se détacher. Cet artiste hors pair en a profité pour présenter des extraits de son troisième album, qui paraîtra au mois d’août, Burning Pages, tout en révélant que du 10 au 28 février, son groupe et lui feront partie de la quinzaine d’artistes choisis par l’IFM et la Cité des Arts de La Réunion pour participer à une résidence artistique à l’île sœur.

À la scène comme dans le privé, Hans Nayna reste un artiste chaleureux qui prend le temps de partir à la rencontre de ses fans. Guitare en bandoulière, il se lance dans ses balades d’improvisation qui touche l’âme, comme en témoigne son premier titre, Music For the Soul, sorti en 2016. Au Hilton, où il faisait sa première prestation, il s’est dit conquis par cette chaleur ambiante émanant des clients de l’hôtel. Il y a aussi eu le succès grandissant de son deuxième album, Time Flies, en 2017, et prochainement, au mois d’août, il dévoilera son troisième album, Burning Pages, qui, dit-il, marque un arrêt sur sa vie sentimentale. « Une rupture est tout aussi difficile », soupire Hans, qui dès lors puise sa force dans son art.

Lors de la rencontre, il évoque aussi la maladie de son fils de deux ans, allergique aux protéines et qui vit en Belgique aux côtés de sa mère. Sur l’album Burning Pages, Hans Nayna est toujours au stade de l’écriture et, parmi les rythmes composés, il y aura Stars, Take me away et Revolution, le titre phare de Burning Pages. Un moyen pour lui de livrer ses états d’âme. Dans ce bousculement d’émotions, le chanteur essaie de survivre et c’est à travers la création qu’il se sent le mieux. Dire qu’il voulait être pilote de ligne, mais le destin lui a joué un tour agréable et, de son premier groupe Hans Nayna Trio, où il était accompagné de ses deux acolytes Bryan Armoogum et Roberto Reine de Carthage, Hans pose ses marques.

Cette année, Hans avoue s’être inspiré du blues rock et l’album, entièrement en anglais, « reflète bien ma personnalité ». Il ajoute : « Je crois dans la révolution musicale des mots, des notes, d’où le titre “Revolution”. Ma musique, je veux la faire tourner autour du monde. Quand j’écris, je m’inspire grandement de ma vie personnelle tout en gardant cette influence de Bob Marley. Ma vie est faite de hauts et de bas, d’ascension et de déclin, mais je suis un survivant. Je suis aussi un romantique. »

Se fixer des objectifs

Hans Nayna surfe sur tous les fronts de Baz’Art Session de Mouv Production. Il a remporté le Grand Casting de l’océan Indien à Mayotte en 2014, tout en faisant chavirer bien des cœurs avec le morceau Mo Lam en 2015. Grâce au “crowdfunding”, il parviendra à enregistrer son premier album solo Music For the Soul. Le succès est décuplé et Hans se fait même remarquer aux États-Unis. Sa musique s’exporte au-delà des frontières, en Europe, où il est interviewé par Laurent Amar, le fondateur du magazine français Stars Média. Il se produira également à Madagascar lors du Libertalia Festival. De La Réunion, à Dubayy, Hans avait séduit avec son deuxième album, Time Flies. « Chanter en anglais ouvre pas mal de portes à l’international et dans ce registre je me sens à l’aise. Je m’attelle à la composition de dix titres et je me pencherai par la suite sur l’élaboration de la maquette », indique-t-il. La langue de Shakespeare épousant à la perfection sa personnalité, Hans ne se voit pas chanter pour le moment ni en français ni en créole.

Chacun de ses concerts sonne comme une note d’intimiste et, quand on lui parle de sa philosophie de vie, il répond modestement : « Il faut se fixer des objectifs et travailler dans le fond. » Lui, qui a connu une période sombre, veut aujourd’hui avancer dans la lumière. « Ma carrière s’est faite à Maurice, c’était un de mes principaux objectifs. Je me suis retrouvé en 2017 lors du Prix découvertes RFI 2017 parmi les dix finalistes grâce à deux titres figurant sur mon premier album Music for the Soul, soit Mo Lam et Pieces Of the World », souligne-t-il. Dans cette kyrielle de sélectionnés, il y avait des artistes en provenance de divers pays d’Afrique. Hans, le seul représentant de Maurice, a décroché la troisième place.

Lorsqu’il sera en résidence artistique à La Réunion au mois de février, le chanteur projette de compléter son album Burning Pages qui sera précédé du single Revolution. Le clip sortira au mois de juin et l’album, en août. En attendant, le chanteur continue de jouer dans la cour des grands, car sa musique passionne et sa voix subjugue. Il est sans conteste une valeur sûre de la chanson locale.