La première d’Hansel et Gretel s’est tenue mardi dernier devant une salle comble au théâtre Serge Constantin, à Vacoas. Avec des moyens bien plus modestes que Carmen l’an dernier, ce spectacle parvient tout de même à créer une certaine magie grâce à ses deux principales solistes, la vivacité de la mise en scène, ses choeurs d’enfants et ses décors oniriques. Le spectacle reprend ce soir et demain soir à 19 h, ainsi que dimanche à 15 h.
Après une ouverture au piano romantique au début puis de plus en plus joueuse, nous découvrons une Sabine Herchenroder portant casquette, dans le rôle du petit garçon Hansel, puis une Katrin Caine portant à merveille le sarrau et les nattes de Gretel. Lui fabrique des balais tandis qu’elle coud, mais surtout ils chantent, jouent, se chamaillent et dansent comme des enfants de leur âge. Le décor représente un intérieur de maison campagnarde particulièrement chaleureuse grâce à ses couleurs ocres et rouges. Mais on devine déjà à travers les fenêtres la forêt profonde et mystérieuse qui l’entoure. Très vite, les enfants parlent de leur condition extrêmement démunie et de la faim qui leur tenaille le ventre, découvrant avec joie qu’il reste un pot de lait et rêvant déjà du riz au lait que leur mère va préparer.
Celle-ci, incarnée part Ingrid Ducasse, dont la voix restera un peu en retrait, revient des champs alors qu’ils jouent à la ronde. Elle découvre que les enfants n’ont guère avancé leurs tâches et se montre particulièrement acariâtre. Dans un mouvement de colère, elle brise le fameux pot de lait et chasse ses enfants, les envoyant chercher des fraises dans la forêt. Commence alors une complainte solitaire dans laquelle elle décrit son accablement et la pauvreté qui l’afflige. C’est alors que le père, incarné par le baryton Paul Jhureea, se fait entendre du fond de la salle, mais semble forcer un peu sa voix et ne pas parvenir à monter en puissance ainsi que dans les aigus. Il arrive cahin caha par l’allée droite du théâtre, passablement éméché. Bouteille à la main, il raconte sa journée et déballe les victuailles inespérées qu’il a ramenées pour sa famille. Découvrant l’absence des enfants, il s’inquiète du sort que pourrait leur réserver la sorcière qui hante les bois et tient littéralement du diable.
Ce premier acte permet déjà de reconnaître la griffe d’Angela Brandt qui propose une mise en scène pleine de vivacité même dans cette partie qui n’est pourtant pas la plus mouvementée. Le deuxième acte nous fait découvrir les êtres de la forêt, s’ouvrant dans l’insouciance sur la comptine de l’églantine que Gretel chantonne pendant que son frère s’amuse à cueillir des champignons et taquiner les animaux. Alors que Paul Wilmot assure l’essentiel de la partie musicale, avec un jeu au piano bien sonore, et plusieurs parties purement instrumentales qui illustrent quelques mouvements de ballets, le son d’une flûte traversière jouée par Sandra Rabier s’élève des profondeurs des bois.