Hansel et Gretel, créé par le compositeur Engelbert Humperdinck et inspiré du conte allemand des frères Grimm, est d’inspiration populaire. Cet opéra a été interprété au piano par Paul Wilmot et représenté dans les rôles principaux par Katrin Caine (Gretel) et Sandrine Thomas-Herchenroder (Hansel). Après la première représentation mardi dernier, l’impression générale du spectacle reste positive. Le public a eu droit à un petit théâtre d’une merveilleuse naïveté et d’une invention intéressante pour ce qui est des costumes (Nora Tiesler) et du décor (Emilien Jubeau). Deux chanteuses lyriques partagent la scène avec les enfants du Choeur « Opera Mauritius » et des formes marionnettes sur roues qui témoignent de l’enfance. L’opéra est chanté en anglais et traduit en français (on a pu noter des problèmes de diction chez certains chanteurs). Hansel et Gretel apparaît d’abord comme une initiation à l’opéra pour enfants même si le public adulte est touché par la partie vocale. Le scénario résume le parcours de Hansel et Gretel envoyés dans la forêt par leurs parents pour trouver de la nourriture. C’est là qu’ils rencontrent la sorcière qui transforment les enfants en pain d’épices. Mais les enfants arrivent à faire entrer la sorcière dans son propre piège. C’est un beau conte où l’épouvante, le fantastique, la féerie sont subtilement mélangés. Ce qui marque le plus dans cet opéra c’est le décor soigné de bout en bout où le bon jeu des enfants nous emporte dans un monde à la fois magique et féérique. Des couleurs flamboyantes, des personnages ambigus et un bon dosage entre entre le « happy end » et le fantastique. Le rythme du spectacle est assez rapide pour ne pas ennuyer le spectateur et on nous épargne une fin mièvre avec une moralité au profit de la présentation du travail des enfants sur scène en fin de spectacle. Esthétiquement le spectacle est beau. On déplore cependant l’interprétation peu expressive des principaux personnages, hormis la sorcière. Les acteurs restent souvent dans la gestuelle, le mimétisme, pour combler le manque de jeu d’acteur. Ce qui ferait penser qu’il a manqué chez certains un travail sur ses propres émotions et un manque d’engagement sur le plan artistique.