À la suite de l’annonce du ministre de l’Éducation à l’Assemblée nationale mardi pour l’institution d’un Fact Finding Committee au sujet des cas de harcèlement allégués au Mauritius Institute of Training and Development, l’Union of Staff of MITD et le MITD Training Officers and Instructors Union sont montés au créneau pour réclamer qu’une commission d’enquête soit instituée plutôt. Les deux syndicats de l’institut sollicitent par ailleurs une rencontre avec le Premier ministre, qui disent-ils, a été mis à maintes reprises au courant de la situation prévalant au MITD.
C’est au siège de la Federation of Parastatal Bodies and Other Unions (FPBU) à Port-Louis que les deux syndicats du MITD, soutenus par le syndicaliste Deepak Benydin, ont animé un point de presse hier pour évoquer la situation jugée chaotique qui perdure au sein de l’organisme depuis des années. L’exercice de transfert des employés de l’ex-IVTB et du Technical School Management Trust Fund a débuté il y a trois ans et, depuis, rien n’a été finalisé, disent-ils. Le personnel, qui se dit dans le flou, attend le nouvel organigramme.
Si le ministre de l’Éducation a annoncé la mise sur pied d’un Fact Finding Committee pour se pencher sur les cas d’allégation de harcèlement, les syndicats sont catégoriques : « Il y a d’autres problèmes au sein de l’institut sur lesquels il faudrait enquêter. » Et selon le président de l’Union of Staff of MITD, Sanjay Raggoo, il y aurait plusieurs anomalies et zones d’ombre autour de la direction du MITD ; toutefois, le board ne réagit pas.
Les deux syndicats réclament ainsi l’institution d’une commission d’enquête pour se pencher sur les récents recrutements et la gestion de l’institut. « Il y a des magouilles au sein de cette institution. Ceux qui y travaillent depuis plus de dix ans sont toujours sur contrat alors que ceux qui viennent d’être embauchés ont déjà été confirmés », avance par ailleurs Navindeo Gobin, président du MITD Training Officers and Instructors Union (TOIU). Il évoque aussi des cas où certaines personnes ont été embauchées alors qu’elles n’avaient pas les qualifications requises. Plusieurs employés, poursuit-il, subiraient des menaces et intimidations de certains supérieurs.
Les deux syndicats s’interrogent par ailleurs sur le rôle du Pr Torul qui est supposé soumettre un rapport sur la situation qui prévaut au MITD. « Le Pr Torul travaille depuis longtemps sur ces problèmes et aurait dû soumettre un rapport depuis longtemps. Or, nous avons appris qu’un draft a été envoyé au bureau du ministre de l’Éducation. Est-ce que le ministre doit corriger le rapport d’abord ? », s’interroge-t-il. Le MITD TOIU se montre aussi très critique envers certains syndicats fraîchement formés qui, soutient-il, se composent de personnes qui font objet d’enquêtes policières. « Comment peuvent-elles parler au nom du MITD alors qu’elles sont en train de défendre leurs propres intérêts », soutient M. Gobin. Le MITD TOIU et l’Union of Staff of MITD sollicitent également une rencontre avec le Premier ministre, qui, affirment-ils, a été averti à maintes reprises par le biais des lettres envoyées à son bureau, de la situation.
Par ailleurs, les syndicats ont soutenu que le rapport 2013 du Pay Research Bureau serait à l’origine d’une confusion totale parmi les employés. Il est à noter que le MITD TOIU est en négociation officielle depuis juillet 2011 avec la direction s’agissant de l’organigramme. Son président du syndicat, Navindeo Gobin, déplore que le rapport fasse état de plusieurs nouveaux postes alors que la nouvelle structure pour le MITD n’existe pas encore.