Côtoyer des artistes étrangers procure à Hary Bouf un sentiment de fierté. Cet habitant de Curepipe a décroché sa place pour un colloque de sculpture qui se tiendra en Suisse. Une participation qui lui prouve que son talent de sculpteur est reconnu et qu’il a eu raison d’y croire. En juillet, s’il parvient à trouver les fonds nécessaires, le jeune homme et son ami Bleck Lindor représenteront Maurice.
En attendant de vivre cette nouvelle expérience, Hary Bouf revient sur son parcours.
Bois, métal, plâtre de Paris, polystyrène ou toute autre matière pouvant être recyclée et transformée : tout y passe lorsque la créativité d’Hary Bouf est en ébullition. Chez ce sculpteur âgé de 28 ans, les oeuvres s’empilent et prennent possession du moindre recoin de sa demeure. Certaines sont inachevées; d’autres, plus poussiéreuses, lui rappellent ses premiers coups de ciseaux dans le bois. Cela se passait en 2006, lorsqu’il avait rejoint les classes de sculpture de Lewis Dick. Hary Bouf n’aurait pas pu rêver de meilleur professeur. Une rencontre et un apprentissage déterminants qui lui ont permis de découvrir sa voie. “J’ai toujours été attiré par l’art et le dessin. J’étais conscient que j’avais quelque chose en moi qui ne demandait qu’à s’exprimer. Je suis très reconnaissant que mes parents ont su comprendre et accepter que j’étais différent et qu’ils m’ont encouragé à développer mon talent.”
Hary Bouf représente sa vision du monde dans un style abstrait et figuratif. Lorsqu’il est dans sa bulle, son imagination n’a pas de limite. Avec un rayon de bicyclette, l’aiguille d’une horloge et d’autres éléments en métal, il a voulu décrire la manière dont les gens laissent leur vie guider par le temps. “Je ne sais jamais d’avance ce qui va prendre forme lorsque je commence un travail. Je vis tout sur le moment présent. Cette passion est innée en moi et j’ai toujours plein d’idées en tête. Il n’y a pas d’obstacle dans l’inspiration.”