Au-delà des cheveux jaunes style dragon ball Z et des vidéos teintées d’autodérision postées sur ses comptes Facebook et Snapchat, Hashvine Oodith, le “zanfan Candos” est un petit jeune au grand cœur. Plusieurs semaines après son buzz sur les réseaux sociaux avec son morceau “Zanfan Candos”, le jeune Français d’origine mauricienne n’en revient toujours pas. Et à quelques jours de la sortie de son album à huit titres, il se confie à Week-End.

Il a fait le tour des réseaux sociaux et de la presse locale. Hashvine Oodith est un petit jeune du 93, à Seine-Saint-Denis, en France, qui n’a pas perdu un mot de son créole mauricien. Nous l’avons interviewé il y a quelques jours après être tombé sur une de ses publications sur les réseaux sociaux. Très sensé, le jeune homme passe un message fort aux jeunes.

“Mon père a fait construire une maison à Candos et je n’y suis pas retourné depuis sept ans, soit depuis le décès de mon père. Je me souviens qu’il était revenu spécialement en France, alors qu’il était à Maurice pour faire construire sa maison ici, pour m’aider. Je n’avais que 17 ans et j’avais déjà des embrouilles. Il ne m’a jamais laissé tombé”, raconte-t-il. Depuis, il rattache beaucoup d’importance à cette région de l’île, surtout connue pour son hôpital, sa colline et son school shop ! Et contrairement à ce que pourrait laisser entendre la chanson, les enfants de Candos sont belles bien des gens sages. “Moi mo enn zanfan Candos ! Moi, je suis un bad boy. Je n’ai jamais voulu dire que c’était le cas pour tous ceux originaires de Candos”, dit-il, en riant.

Zanfan Candos recherche un dénommé Jordan

“Ça fait vraiment plaisir”, nous confie par ailleurs le jeune homme de 24 ans. Un peu dépassé par le buzz que son morceau a créé sur les réseaux sociaux, il s’apprête à sortir son deuxième album… “zanfan candos”. Le premier étant “Protez Nou Lakaz” sorti en mai 2018 et qui sera bientôt accessible aux Mauriciens. En attendant, il nous raconte la genèse de ce tube… pour le moins spécial. “C’est une bonne amie à moi qui m’en a parlé un soir après avoir publié une photo de moi à Candos. Elle me disait qu’elle n’habitait pas très loin et c’est elle qui m’a appelé zanfan Candos”, se rappelle-t-il. De là, a germé l’idée d’enregistrer ce son totalement improvisé. “Par contre, il y a un certain Jordan qui a fait une version dancehall de la chanson et qui est très bien ! Malheureusement je n’arrive pas à le retrouver. Donc, si Jordan est dans les parages, qu’il me fasse signe”, rigole-t-il.

En effet, après plusieurs milliers de vues sur les réseaux sociaux et des centaines de “memes”, soit des photomontages humoristiques avec le fameux “zanfan Candos” — qui n’est tout autre que le refrain de la chanson éponyme—, Hashvine Oodith, benjamin d’une fratrie de trois enfants, est devenu une vraie petite célébrité. “Je suis bien conscient que cette chanson peut faire rire ! J’aurai fait pareil si j’avais entendu la même chose !”, dit-il, en toute simplicité. Mais le jeune homme garde bien les pieds sur terre. “J’ai beaucoup galéré dans la vie”, confie-t-il.

Ainsi, il publie sur sa page Facebook un long message adressé aux jeunes. Des jeunes Mauriciens sur lesquels il est conscient d’avoir un certain impact. “Un jour, un petit bonhomme, Venilen, m’envoie un message sur Facebook. On commence à discuter et là il m’ annonce que les étudiants du SC venaient d’avoir leurs résultats et que plusieurs d’entre eux étaient découragés”, dit-il. “Venilen m’a alors dit d’utiliser mes chansons, ma plate-forme pour véhiculer des messages et pour encourager les jeunes du pays.” Une idée de génie. Le soir même Hashvine Oodith, touché par les paroles de ce petit jeune, décide d’écrire.

“Mo avoy enn mésaz tou bann étidian. Mo’nn tann dir examen finn pasé dan Moris ? Ena séki inn gagné, Léna seki’nn raté. séki inn gagné… féliciations. Seki’nn raté, ekout mwa bien. Mwa mo’nn quitte lékol laz 16 ans. Mo pa fier. Azordi l’âge 24ans bientôt 25 mo bizin repran lékol pou aprann enn kitsoz. Mwa mo konpran zot. Mo konpran zot vraiment… Mo ti préfér ale fér lafet, boire, fimé, fréquente zanmi, mo ti delaisse lékol. Mais enn zafér ki mo’nn aprann dans tout ça, kan mo pou ena ene garson mo pou dir mo zenfant al lékol plutôt. Alors écoute moi bien! Pas peur recommence examen la encore une fois! Avant ariv 25 ans 30 ans et 40 ans pou régrété.. Met la tête sérieux dans études. Après zot pou ena létan profité! Létan voyager! Létan fer cash. Ressayé ankor. Faire sacrifice mo bann frer/ser faire sacrifice ! Sacrifié la boisson, sacrifié la fet, sacrifié kamarad, Bondieu ki Seigneur, ki Allah, ki Shiva. Li pou aide zot lakoz zone sacrifié letemp ladan…” écrit-il.

Un message avec plus de 3 000 likes et 592 partages sur Facebook. “On m’a sollicité quelquefois pour venir à Maurice, mais je ne pense pas faire un concert avec un seul morceau que j’ai enregistré dans ma voiture. Je dois d’abord sortir un album, faire des vidéos qui tiennent la route et ensuite je pourrai dire fièrement que je suis près de prendre l’avion pour un concert”, dit-il posément. En attendant, Hashvine Oodith continue de suivre ses cours en bossant au Subway à temps partiel. Il reviendra peut-être à Maurice, le temps que le “zanfan Candos” soit prêt…