L’Association des Consommateurs de l’île Maurice (ACIM) s’est dite prête à lancer un mot d’ordre auprès de la population pour qu’elle refuse de consommer du poulet pendant un certain temps afin d’amener les producteurs à baisser le prix de ce produit, qui a été augmenté de 6% depuis le 1er juillet dernier. Lors d’une conférence de presse ce matin, le secrétaire-général de l’ACIM, Jayen Chellum, a en effet demandé à la population de se tenir prête à faire des sacrifices « afin de ne pas laisser les consommateurs à la merci des producteurs irresponsables vis-à-vis de la société mauricienne ».
« Il est inacceptable que le prix du poulet ait été augmenté alors que le coût du principal intrant qu’est la nourriture a, lui, baissé sur le marché mondial », fait-il ressortir. Selon lui, les deux grands producteurs mauriciens de poulets sont en train « d’exploiter la situation en cette période de Ramadan », où les musulmans consomment plus de poulet. « D’un côté, le prix de la viande de boeuf a été ramené à la baisse et, de l’autre, celui du poulet a augmenté. Nous demandons au gouvernement de contrôler les prix », déclare-t-il.
Jayen Chellum indique avoir adressé une lettre au ministre de l’Industrie et du Commerce Ashit Gungah, réclamant l’institution d’une « enquête urgente » par rapport au prix du poulet sur le marché local. Selon lui, « les mécanismes en vigueur sur le marché favorisent les producteurs aux dépens des consommateurs, car il n’y a que deux producteurs qui opèrent dans une situation de monopole dans le pays ».
Parlant des principaux intrants dans les coûts de production du poulet, le secrétaire-général de l’ACIM parle du coût de la nourriture, qui varie entre 40 et 60%, celui des poussins, qui tournent autour de 16%, celui de la main-d’oeuvre, qui peut être de moins de 10% sur les fermes intégrées, ainsi que des coûts associés à l’électricité, aux services vétérinaires et à l’administration, entre autres. Jayen Chellum souligne que les prix de la nourriture pour les poulets que sont le maïs et le soja ont chuté de USD 216,92 en mai 2014 à USD 166,30 en mai 2015, soit une baisse de près de 33% (Réf : Mundi Index). Ceux du soja, eux, ont chuté de USD 542,78 en mai 2014 à USD 340,47 en mai 2015, soit une baisse de près de 37%. « Les prix n’ont pas baissé lorsque le taux de change du dollar était de Rs 30 en janvier 2015 alors que les coûts des principaux ingrédients entrant dans la production du poulet étaient similaires à aujourd’hui. Le taux de change du dollar est passé à Rs 36 aujourd’hui, soit une hausse de 20% », fait-il ressortir. En conséquence, estime Jayen Chellum, le prix du poulet aurait dû baisser, et non pas augmenter, sur le marché local.