Alexandre Laridon

Alors que le fameux gouvernement Lepep – enfin de ce qu’il en reste – promettait monts et merveilles, y compris une baisse du prix des carburants par Rs 10 durant la campagne des élections de 2014 ainsi qu’un chapelet d’effets d’annonce à chaque exercice budgétaire, il semble que le petit Mauricien consommateur tirera encore pendant longtemps le diable par la queue. Avec la quatrième augmentation du prix de l’essence et du diesel depuis la prise de fonction – hautement contestée par l’opinion publique en général – de Pravind Jugnauth au poste de Premier ministre, le citoyen lambda mauricien commence à sortir de ses gonds à un an et demi des prochaines législatives. Eh oui, l’explosion de colère légitime sur les réseaux sociaux et la presse suite à l’augmentation du prix des carburants n’est pas passée inaperçue. Une colère basée sur le simple fait que, depuis janvier 2017, le prix de l’essence est sorti de Rs 38,85 pour atteindre Rs 52,00 le litre aujourd’hui. Ce qui fait que le citoyen mauricien paie plus cher son essence, depuis ces 15 derniers mois, par Rs 13 alors que la STC achèterait le litre de Brent moins cher aujourd’hui qu’en décembre 2014 selon certaines sources.

Et qui dit hausse du prix de l’essence, dit également hausse de tous les produits dont le transport est un composant du prix. Ce qui mène à une spirale inflationniste ainsi qu’à une érosion généralisée du pouvoir d’achat et crée par la suite un risque d’explosion sociale. Nous avons récemment vu comment les habitants de Cassis, des Salines et de Résidence Vallijee sont montés au créneau pour réclamer à cor et à cri la baisse du prix des taxis trains dans ces régions qui ont augmenté leurs prix de Rs 20 à Rs 25. C’est-à-dire une augmentation de 25% alors que le prix de l’essence est monté par 9,93%. Il est vrai que personne n’a de contrôle sur le prix de vente du pétrole sur le marché mondial. Sauf qu’il est évident et clair que le gouvernement profite de cette dépendance énergétique des Mauriciens sur les énergies fossiles importées (tout comme la cigarette et l’alcool) pour pomper encore plus des poches des contribuables afin de renflouer les caisses de l’Etat suite à la facture des erreurs constantes de gestion.

Mais le Mauricien n’est pas dupe ! Le prix du pétrole brut ne représente en moyenne qu’un tiers du prix à la pompe puisque – selon nos renseignements – le prix « Cost, Insurance and Freight » (CIF) du litre d’essence, à son arrivée au port, est de Rs 19.48. Ce qui flambe donc le prix du carburant ce sont les huit différentes taxes dont chaque Mauricien s’acquitte en passant à la pompe telles que les différentes contributions aux subsides pour le riz et la farine, les taxes, les marges de profits des distributeurs et des revendeurs, l’inexistant Maurice Ile Durable, les droits d’accises, et la TVA.

Mais considérant qu’il est fort probable qu’il y ait une autre majoration du prix de l’essence dans quelques mois avec le conflit au Moyen Orient et nos fournisseurs capricieux, qui dictent les prix selon leurs agendas et leur humeur, il ne fait pas de doute que ces taxes vont encore exploser. Que fera donc le gouvernement afin d’amortir ce coup de massue sur la tête des consommateurs mauriciens ? Eux qui promettaient tant à l’époque et qui persistent toujours à ce fameux deuxième miracle économique !