Alan Ganoo, leader de l’opposition et leader p.i. du MMM, a annoncé hier que l’opposition contestera au parlement la hausse « provocante et insultante » de la redevance télé par voie d’une Motion of Disallowance. Il trouve par ailleurs que la hausse des salaires des ministres « arrive au mauvais moment », où un membre de la majorité gouvernementale critique « l’incompétence » de certains d’entre eux.
Alan Ganoo estime que toute la population a été « choquée » par l’annonce de la décision du gouvernement d’augmenter à Rs 150 mensuellement la redevance télé. « Au MMM et au MSM, dit-il, nous ne sommes pas du tout d’accord avec cette décision provocante et insultante », dit-il. Il souligne à ce propos la « partisanerie » de la radio/télévision d’État, notamment lors de ses compte-rendus des travaux parlementaires du mardi ainsi que sa couverture des conférences de presse politiques.
Ce qui, explique le leader de l’opposition, constitue une « violation systématique » de la MBC Act. Alan Ganoo, qui annonce que l’opposition mènera campagne contre cette décision de majorer la redevance télé, indique que dès que la réglementation (Government Notice (GN)) à cet effet aura été publiée à l’officiel, cette décision sera contestée par l’opposition au parlement par voie d’une Motion of Disallowance, amenant ainsi le débat au niveau de l’Assemblée nationale.
Revenant d’autre part à la charge sur la Corporation Nationale de Transport (CNT), Alan Ganoo souligne que cette compagnie à capitaux publics ne cesse de défrayer la chronique depuis le terrible accident du vendredi 3 mai sur l’autoroute à Sorèze. Ce qui, selon lui, justifie amplement que le ministre de tutelle, Anil Bachoo, démissionne. Passant en revue les réponses parlementaires de ce dernier à sa PNQ et autres PQs des membres de l’opposition sur le sujet, le leader de l’opposition rappelle qu’Anil Bachoo avait fini par concéder, en substance, que l’état des véhicules de la CNT laissait beaucoup à désirer.
« En révélant que plus de 100 autobus sur une flotte de 519 étaient âgés de plus de 16 ans, l’on aura appris que la CNT opérait dans l’illégalité », dit-il. Aussi, pour le leader de l’opposition, si la compagnie avait pu mettre sur route 65 nouveaux autobus comme elle le projetait il y a 20 mois, beaucoup de problèmes auraient pu être évités dont, « probablement, l’accident de Sorèze ». Alan Ganoo rappelle à ce propos que le 27 octobre 2011, le conseil d’administration de la CNT décidait de l’achat de 65 nouveaux autobus pour le renouvellement de sa flotte. Le financement, explique-t-il, avait déjà été obtenu auprès de la SBM Ltd.
Depuis, une série de péripéties a fait que, finalement, bien qu’un appel d’offres fut lancé et que deux soumissionnaires firent leur offre respective à la date limite du 20 août 2012, le « tender exercice » fut, en fin de compte, annulé. Pour le leader de l’opposition, toute cette affaire démontre l’incapacité des autorités à mener à bien dans la sérénité un exercice d’appel d’offres. Ce qui fait que, malheureusement, dit-il, de vieux autobus sont encore appelés à desservir des routes de la CNT. Ce n’est que maintenant, deux ans après, explique Alan Ganoo, qu’un nouvel exercice d’appel offres est lancé.
Revenant d’autre part sur sa PNQ de mardi dernier portant sur la sécurité à bord des avions d’Air Mauritius, le leader de l’opposition soutient que c’est dans un souci de transparence et dans l’esprit même de la « freedom of information » qu’il a jugé utile d’interpeller le Premier ministre sur la question. Il rappelle que Navin Ramgoolam a, concédé qu’il il a eu trois incidents rapportés. Alan Ganoo allègue qu’à la suite de cette PNQ, la compagnie nationale d’aviation aurait loué les services d’experts étrangers en vue d’enquêter pour savoir comment il a obtenu ses informations.
Au sujet du récent jugement de la haute cour britannique dans la plainte logée par le Groupe Réfugiés Chagos (GRC) à propos du projet de parc marin autour de l’archipel mauricien occupé, il se dit « déçu mais pas surpris » du jugement rendu. Il exprime sa solidarité avec les Chagossiens et indique que la lutte pour faire prévaloir la souveraineté mauricienne sur l’archipel doit continuer. Tout en soutenant qu’il s’agit là d’un débat « non-partisan », Alan Ganoo regrette quand même que le gouvernement n’a pas jugé utile de prêter l’oreille à la « voix de la raison » de l’opposition.
Pour ce qui est la hausse des salaires des parlementaires, Alan Ganoo argue que l’opposition n’a pas encore étudié en détail la nouvelle grille salariale proposée. Il dit comprendre quand même la colère de la population par rapport à l’augmentation annoncée des salaires des ministres.