Les employés de la Corporation nationale de transport (CNT) ont accepté hier l’augmentation salariale de 19 % proposée par le gouvernement, à l’issue des négociations à la Victoria House, Port-Louis. Ceux présents à l’assemblée générale dans la soirée au Tamil Hall à Vacoas ont cependant voté pour une révision des conditions de travail avant la signature d’un accord avec les autorités compétentes. Les négociations reprendront le 30 juillet.
Le « deuxième round » des négociations salariales entre les syndicats et représentants de la Corporation nationale de transport (CNT) et le ministre du Travail, Shakeel Mohamed, ont abouti à un accord sur une augmentation salariale de 19 % : 15 % la première année, 2 % la deuxième et 2 % la troisième année. L’accord rentrera en vigueur le 1er août prochain.
À l’issue de trois heures de négociations dans la salle de conférence du ministère du Travail, des Relations industrielles et de l’Emploi, au premier étage de la Victoria House, syndicats et gouvernement sont tombés d’accord sur le taux de 19 %. Les discussions ont été laborieuses, les syndicats maintenant jusqu’au bout leurs propositions pour un quantum jugé satisfaisant à leurs yeux, même si par moments on entendait des éclats de rire provenant de la salle de conférences.
« Taux insuffisant »
Rencontrant la presse à l’issue des négociations, Reeaz Chuttoo, de la Confédération des Travailleurs du Secteur Privé (CTSP), Ashok Subron, de l’UBIW, et Deepak Benydin, du National Trade Union Congress (NTUC), ont été unanimes à saluer le sens de l’unité des employés. « C’est un taux insuffisant. Li pa pou sifi pou travayer transpor pou roul zot lakwizinn. Me se enn premie pa an avan. Ce n’est que le commencement d’un combat pour la cause des travailleurs », a soutenu Ashok Subron.
Au cours de l’assemblée générale dans la soirée, la présidente du CTSP, Jane Ragoo, a abordé les grandes lignes des consultations tripartites, rappelant que le principal adversaire des syndicalistes en faveur des employés de la CNT, était le gouvernement. Reeaz Chuttoo a pour sa part salué la détermination des employés qui ont lutté pour la cause et les conditions des employés de la CNT. « Depi nou finn sorti dan negosiasion, finn ena bann traktasion pou fer nou sign lakor. Li or de kestion ki nou sign lakor tan ki pa ankor get kondision travay. Nou bizin disosie NRB de lakor kolektif », a-t-il lancé. Ashok Subron a, lui, soutenu que la signature d’un accord « lor ninport ki issue priverait les travailleurs de leur droit légal de grève en cas d’autres revendications ». « Nous ne pouvons signer d’accord sur une mesure alors qu’une trentaine d’autres attendent d’être négociées », a-t-il déclaré.
Reeaz Chuttoo a aussi rappelé à l’assemblée des travailleurs que l’augmentation proposée n’est pas un « cadeau » du gouvernement « me zot du, seki zot napa finn gagne pandan plizier lane ». Et d’expliquer : « 15 % ki zot finn gagne-la, li reprezant erozion salarial ki zot finn soufer ki etabli a 10 à 12 %. »
Ashok Subron concède quant à lui que c’est la grève du 26 juin qui a donné lieu au résultat obtenu hier après-midi. « Se lagrev, arm prinsipal bann travayer », a-t-il lancé. Le succès des négociations est, selon lui, une réalité grâce à l’unité syndicale. Deepak Benydin, de la NTUC, a également salué l’unité syndicale qui s’est créée tout en mettant l’accent sur la réduction de l’écart des salaires entre le privé et le public.
L’assemblée générale a cependant débuté avec quelques incidents ; certains représentants syndicaux en sont même venus aux mains. La tension est montée lorsque certains membres du syndicat ont reproché à Kishore Bholah, Workers Director, sa présence sur l’estrade. Les deux parties ont fait une déposition au poste de police de Vacoas.