Intervenant samedi après-midi à la pose de la première pierre du Haven-Residential Care Home, à Rose-Hill, l’Archevêque de Canterbury, Mgr Justin Welby, a fait un vibrant plaidoyer pour la non-stigmatisation des malades souffrant de maladies mentales. Il a repris une déclaration de la présidente de Friends In Hope, Shakuntala Jugmohun, affirmant que le degré de civilisation d’une société se mesure à la façon dont elle traite les plus vulnérables.
« Nous ne stigmatisons pas une personne qui a une jambe cassée ; il ne faut pas non plus stigmatiser les malades mentaux », a affirmé l’Archevêque de Canterbury, Mgr Justin Welby, à une bonne centaine de personnes réunies sous une salle verte dressée dans la cour du St Hugh’s Anglican Home, Rose-Hill. Étaient présents, entre autres, l’Archevêque de l’Église Anglicane de l’océan Indien et Évêque de Maurice, Mgr Ian Ernest, le maire de Beau-Bassin/Rose-Hill, Rashid Daureeawoo, John Leung Yinko, président de St Hugh’s Anglican Home, et la présidente de l’ONG Friends In Hope, Shakuntala Jugmohun. L’Archevêque de Canterbury procédait à la pose de la première pierre du Haven-Residential Care Home, un foyer destiné à des patients atteints de graves troubles mentaux.
Pour Mgr Justin Welby, souffrir d’une jambe cassée ou souffrir d’une schizophrénie, c’est la même chose : c’est être malade. « C’est notre devoir et cela nous enrichit de consacrer nos ressources à prendre soins des groupes vulnérables, comme les patients mentaux, les handicapés ou les prisonniers », a-t-il expliqué.
L’Archevêque de Canterbury a ensuite repris une déclaration de Shakuntala Jugmohun qui peu avant lui avait affirmé que le degré de civilisation d’une société se mesure à la façon dont elle traite les plus vulnérables. « Prendre soin des plus vulnérables démontre non seulement notre humanité, mais indique également leur capacité à enrichir nos vies », a-t-il précisé.
Mgr Justin Welby a fini son intervention en se félicitant de l’harmonie sociale qu’il a dit avoir notée à Maurice durant sa courte visite.
Pour sa part, dans son discours, Mgr Ian Ernest a déclaré que ce projet de construction d’un home pour les malades mentaux est en ligne avec la vision et le travail de ses prédécesseurs depuis 1814 de prendre soins des plus vulnérables de la société mauricienne sans considération de race, de communauté, de couleur, de sexe ou de situation sociale. Il s’est félicité, dans ce contexte, de la collaboration de l’église anglicane de Maurice avec l’ONG Friends in Hope pour réaliser ce projet. « Si nous oublions le besoin d’aimer et de prendre soin des autres, tous nos efforts pour le développement et le progrès seront vides de sens et nous empêcheront, à la longue, de respecter la dignité humaine », dit-il.
Shakuntala Jugmohun, de son côté, a placé la construction de ce foyer destiné aux malades mentaux dans le cadre du respect de la Convention des Droits des Personnes avec Handicap. « Certes la Convention donne aux personnes handicapées des droits et les protège de la discrimination. Mais les clauses de la Convention, si elles ne sont pas appliquées, ne changent pas, par elles-mêmes, la vie de ces personnes ». C’est dans ce contexte, a-t-elle poursuivi, que Friends In Hope a été fondée 17 ans de cela, pour accompagner les personnes qui souffrent de troubles psychiatriques ainsi que leurs familles.
Shakuntala Jugmohun a ensuite fait un long plaidoyer pour que les maladies mentales ne soient plus taboues. Elle a exprimé la détermination de son association à compléter ce projet.
Mgr Justin Welby a ensuite procédé à la pose de la première pierre du Haven-Residential Care Home. « C’est la première fois de ma vie que je procède à la pose de la première pierre d’un bâtiment… J’espère qu’il tiendra debout après », a-t-il plaisanté.