Des poèmes et des paysages illustrés à l’encre noire dans un style qui lui est propre. He JiaLin, peintre et calligraphe de réputation, transmet sa vision de son pays natal, la Chine, à travers l’art. À l’aide d’Irène Kwan pour la traduction, l’homme qui manie des pinceaux aux plumes d’oiseaux se dessine…
À 52 ans, He JiaLin présente un parcours formidable. Il a voyagé de par le monde pour exposer ses beaux paysages de la Chine immortalisés sur du papier Xuan (fabriqué avec du bois de santal et de la pulpe de bambou) et à l’encre noire. Il a séjourné à Maurice – qu’il décrit comme un one dimension country – dans le cadre du Salon du Livre Confluences pour animer un atelier sur ce moyen d’expression qu’est la calligraphie chinoise, le samedi 9 mars.
Réputation.
Plusieurs récompenses reçues et un nom dans le domaine de la peinture et de la calligraphie chinoise. He JiaLin avoue que sa passion remonte à sa plus tendre enfance. Mais il ne s’y est mis qu’au collège. “Je pense que c’est un talent inné. L’art m’a permis de devenir qui je suis et de le rester”, confie notre interlocuteur.
Méconnu des Mauriciens, mais réputé auprès des connaisseurs de cet art chinois, He JiaLin s’est dessiné une réputation après sa graduation de la China Academy of Fine Arts. Avoir étudié dans cette université, c’est en quelque sorte faire partie de l’élite : “Les personnes accordent plus d’importance à votre travail quand vous sortez d’une école aussi prestigieuse que celle-là. Mais ma réputation, je l’ai aussi acquise grâce à la première compétition de dessin à laquelle j’ai participé, où j’ai décroché la deuxième place.”
Relève.
La calligraphie est une technique où prime la précision. L’écriture s’effectue de droite à gauche, d’un seul trait, sans jamais s’arrêter. Ses études tertiaires l’ont beaucoup aidé à maîtriser cette technique, mais également la poésie chinoise, qu’il retranscrit. “La littérature chinoise est ma passion. Je l’ai étudiée et, aujourd’hui, je transmets mon savoir aux plus jeunes. Enseigner me permet de rester proche de ce que j’aime, de continuer à apprendre, à lire et à comprendre ce domaine”, confie He JiaLin.
La peinture et la calligraphie chinoise datent de plus de trois mille ans, mais les jeunes s’y intéressent de plus en plus, estime le peintre. “Je connais énormément de jeunes admis à l’université qui s’acharnent à passer leurs examens après plus de six ans d’études. L’art chinois n’est pas une matière facile, mais ces jeunes essaient et ne baissent pas les bras”, souligne He JiaLin. Évidemment, ils les encouragent dans cette voie car ils sont la relève.
Art.
He JiaLin invite les artistes des quatre coins du monde à s’intéresser à ce qu’il chérit : la peinture chinoise. C’est ce qu’il a fait lors de son atelier au Salon du Livre où une audience composée d’une vingtaine d’amateurs était au rendez-vous. He JiaLin ajoute, avec une touche d’humour, que même le grand Picasso s’est inspiré de la Chine pour peindre quelques-uns de ses plus grands chefs-d’oeuvre.
Pour l’artiste, le talent n’est pas une affaire de personne : “Art is a fair opportunity for everyone.” Il y a deux choses qui déterminent un bon peintre ou calligraphe : la manière dont la personne tient son pinceau (fabriqué à partir de bambou et de plumes d’oiseaux) et sa personnalité : “Ces deux facteurs montreront sa façon de dessiner et comment il s’exprime sur le papier Xuan.”
Les mots de He JiaLin sont précis, réfléchis et reflètent ses dessins : “Painting is just one way to express a language. It’s part of life…”