Deux rivières traversent Henrietta : la rivière Vantard et la rivière Papayes

Henrietta, c’est cette localité au cœur vert qui délimite les contours de Vacoas-Phoenix. Un lieu hautement touristique, plongé dans une végétation luxuriante et connu pour abriter les fameuses “Sept cascades” (Tamarind Falls). Les habitants de cet ancien village sucrier sont satisfaits des infrastructures et du vivre ensemble. Mais quelques points noirs font tache dans ce tableau idyllique…

Henrietta est un ancien village sucrier

Henrietta est divisé en plusieurs régions : le village central, Camp Mapou, Camp Roches, Camp Bellin et Bord Cascade. Très prisées par les randonneurs, les “Sept cascades” de la rivière Tamarin est un site incontournable pour ceux qui sont en quête d’aventures et d’évasion au cœur de la nature. Quelques centaines de mètres après la gare routière de Henrietta, nous apercevons ces chutes d’eau qui se déversent dans la rivière Tamarin. Les habitants se transmettent des histoires sur cette randonnée. “Beaucoup de ceux qui ont piétiné une liane ont perdu leur chemin et se sont égarés”, raconte Santee Chutoo, une planteuse de 65 ans. “Il ne faut pas s’aventurer en terre inconnue sans un bon guide.”
Les environs du réservoir de Tamarind Falls sont aussi très prisés par les pêcheurs de la localité et d’ailleurs.

À proximité, on peut apercevoir la ferme photovoltaïque du Central Electricity Board (CEB), achevée en début d’année. Elle comprend quelque 6,000 panneaux solaires s’étalant sur quatre hectares. “Hormis quelques logements de la NHDC, dont les dernières construites vers Bord Cascade, la localité n’a pas connu de grands développements ces dernières années”, souligne Vikram Dunpath, que nous croisons près du Henrietta Social Hall. Le bâtiment jouxte un espace vert comprenant des aires de jeux pour les enfants. De l’autre côté de la rue, un kovil très ancien domine l’horizon. Henrietta abrite plusieurs lieux de culte : chapelles, kovil, mosquées, temples… “Ces dernières années, la population d’Henrietta a augmenté considérablement. Plusieurs terrains sucriers ont été transformés en lotissements”, affirme Appadoo Narainsamy.

Plusieurs activités de loisirs.

Le long de la route principale, on trouve plusieurs bâtiments commerciaux et petits commerces. “Cependant, le cœur d’Henrietta reste vert”, précise Santee Chutoo. “La région est reconnue pour sa terre fertile. Dès l’enfance, j’accompagnais ma famille dans les champs de cannes. Puis, nous avons commencé à planter des légumes sur ce lopin de terre.”

Henrietta est une région qui compte plusieurs de lieux de culte

Marie-Noëlle l’Eveillée, que nous croisons aux abords de School Lane, est une habitante fière de sa région. “Tout le monde vous dira que nous habitons dans un lieu où tous vivent en harmonie.” Elle est satisfaite des multiples aires de jeux, du nouveau terrain de football et des autres loisirs qui sont à la portée de tous : enfants, jeunes, femmes et seniors.

Marie-Noëlle l’Eveillée, une habitante fière

Quotidiennement, plusieurs activités sont offertes au Henrietta Community Centre : broderie, artisanat, peinture, yoga, zumba. “Les dames de Henrietta sont très créatives”, confie Roopwuntee Gunnoo, professeur de broderie. Dans ce même centre communautaire se réunissent très souvent des associations de troisième âge. Des activités sont également organisées pour les enfants. “Les jeunes sont nombreux à venir jouer au basket après l’école.” Abedeen Kinoo, qui tient un snack dans le quartier, estime que les habitants d’Henrietta n’ont pas à se plaindre du système de transport en commun et encore moins de la fourniture d’eau.

La gare d’Henrietta

Les maisons à l’amiante.

Marie-Noëlle l’Eveillée est ravie qu’Henrietta ne soit pas aussi touchée par les fléaux sociaux. Mais il faut savoir que la localité compte une trentaine de familles qui résident dans des habitations construites à l’amiante. Une marche pacifique organisée par Lalit avec les familles des cités ouvrières résidant dans ces maisons s’est tenue en juillet 2018. Regroupées depuis deux ans au sein d’un mouvement, ces personnes attendent de bénéficier du plan national de désamiantage de ces habitations, comme annoncé en 2015 par les autorités. Entre angoisse et frustration, ces familles ne savent plus à quel saint se vouer.

“En attendant, nous sommes touchés de plein fouet. Du jour au lendemain, nos gens sont emportés par le cancer”, confie Max Bauda. Roger Husseiny, dont la femme est décédée du cancer, raconte “qu’avec le temps, les panneaux à l’amiante tombent”.

Ceux de la Cité EDC de Henrietta qui habitent dans des maisons à l’amiante vivent dans l’angoisse

Max Bauda nous convie dans sa maison pour nous montrer les panneaux dégradés qui l’exposent ainsi que sa famille aux plaques d’amiante. Plus loin, nous arrivons chez Claudio Bauda. Il nous montre une pièce sombre dont les fissures dans le toit sautent aux yeux. Des flaques d’eau boueuses sont aussi visibles parmi d’autres objets du quotidien. Cette famille a dû construire une autre pièce pour être en mesure de vivre un peu mieux. “Mais à chaque fois qu’il y a de fortes pluies, nous sommes submergés. Nous attendons que cette pièce à l’amiante soit démolie car nos enfants sont malades.”

Les activités pour découvrir Sept Cascades

– Niché au beau milieu de cette nature luxuriante d’Henrietta, le 7 Cascades Restaurant & Lodges est une invitation à se ressourcer. Le lieu offre une vue panoramique sur le réservoir de Tamarind Falls, la forêt et les lacs environnants. Elle compte cinq lodges pouvant accommoder deux à quatre personnes. Des activités comme le trekking, les balades à VTT et le quad sont aussi proposés par l’établissement pour découvrir les environs. Les férus de sensations fortes peuvent aussi choisir de descendre les sept cascades en descente en rappel (canyoning). Plus d’infos au 52-90-73-80.
– Pour une randonnée à Sept Cascades, plusieurs pancartes aux abords des view points vous indiqueront les coordonnés de guides qui vous accompagneront tout au long de votre aventure en nature. Selon Jean-Claude Félix, “normalement, le prix par groupe avoisine les Rs 1,000”.