Longtemps, Vimla Marday, s’est levée, « la révolte et la colère » au coeur. Quelques années après avoir appris qu’elle souffrait de l’hépatite C, « une maladie dont je n’avais jamais entendu parler auparavant », elle réalise une biopsie en Suisse qui lui apprend qu’elle traîne la maladie depuis six ans. Vu qu’elle n’a pas les moyens financiers pour avoir accès au traitement, le médecin lui suggère de revenir réaliser une biopsie dans… cinq ans. « Chaque matin, je me levais, la colère au coeur. Je me sentais impuissante ». Aujourd’hui, suivant son sixième et dernier mois de traitement, sur le chemin de la guérison, la jeune femme de 37 ans, membre de HEP Support, nous raconte ses longues années de calvaire.
Tout commence, une dizaine d’années de cela, par des picotements. Elle consulte des généralistes qui lui font faire des tests d’allergies, lesquels s’avèrent négatifs. « Les médecins m’ont dit que c’était le stress et m’ont prescrit des médicaments contre le stress ». Ne voyant pas une amélioration de son état, la patiente décide de faire un test sanguin au dispensaire de Cassis. « C’est là qu’on m’a révélé que j’avais l’hépatite C, une maladie dont je n’avais alors jamais entendu parler. Je me suis enquis à ce sujet et on m’a dit que cela était lié à un problème de foie. Mais, comme je n’avais pas eu beaucoup d’explications, je suis sortie du dispensaire plein de doute. Je me posais des questions sur la gravité de la maladie. Pendant deux ans, je suis restée ainsi sans être davantage éclairée. Je n’avais reçu aucun traitement ni conseils du médecin au dispensaire. On m’a simplement donné le numéro de HEP Support. J’ai appelé une fois mais personne n’avait répondu et la routine a repris le dessus. À l’époque, HEP Support ne disposait pas de hotline comme aujourd’hui (5701 5828). Un an après, une amie m’a signalé qu’un médecin parlait de l’hépatite à la télé et m’a conseillé d’aller le voir. Ce que j’ai fait, mais ce dernier m’a dit : “Si ou ena Rs 400 000, ou vini, nou gete ki kapav fer.” Ma consternation suite à ces paroles était telle que je n’avais plus envie de remettre les pieds chez un médecin. Il aurait au moins pu me donner quelques conseils ou tenter de me rassurer. J’étais de plus en plus consciente des conditions requises pour vaincre la maladie et étant donné que j’étais sans moyens financiers, je me retrouvais dans la détresse ». La même année, un proche de la jeune femme, en Suisse, l’invite à y effectuer un test pour en savoir plus. « Mon mari m’a aidée à financer le voyage. Le médecin, en Suisse, a procédé à une biopsie pour voir si j’avais une cirrhose. Il m’a dit que j’avais probablement contracté le virus en faisant un tatouage sur mon bras ou en allant chez un dentiste. La biopsie a révélé que j’étais malade depuis six ans ! » Nouveau choc pour Vimla Marday qui se dit alors qu’« à tout moment je pourrais avoir un cancer du foie. Le médecin m’a dit qu’il y avait un traitement mais avec beaucoup d’effets secondaires. Mais, je n’avais pas les moyens de me le payer en Suisse. Il m’a donc suggéré de refaire une biopsie dans cinq ans ».
De retour dans son pays, Vimla Marday est une femme révoltée. Révoltée par son sort, par l’inaccessibilité des traitements, par le regard des autres. Et, morte d’angoisse, d’avoir découvert qu’elle traînait, sans le savoir, la maladie depuis aussi longtemps et de ne pouvoir y remédier alors même qu’elle avait été mise au courant. « Chaque matin, je me levais, la colère au coeur. En plus, je ne pouvais partager ce que j’avais avec tout le monde. Mes jours se passaient en larmes. Pour moi, à tout moment, je pouvais avoir le cancer ». Quatre ans se sont écoulés de la sorte sans qu’elle ne trouve de remède à sa maladie. « Je ne pouvais me payer ces traitements ». Jusqu’au jour où elle tombe sur un article de journal où intervenaient Brigitte Michel de PILS et le Dr Rittoo de Hep Support. « J’ai écrit à ces personnes à travers Facebook et Brigitte Michel m’a mise en contact avec le Dr Rittoo. On m’a ensuite appris que CAP Research offrait un traitement gratuit à la Clinique du Nord ». Depuis juin 2015, Vimla Marday a enfin accès au traitement tant recherché, non sans effets secondaires toutefois. Parmi, anémie, sautes d’humeur, douleurs musculaires, saignements à la bouche, découragement, perte d’appétit, perte de cheveux et perte de poids.
Virus indétectable
Aujourd’hui, Vimla Marday en est à son sixième et dernier mois. « J’ai fait mon premier test après les trois premiers mois de traitement et déjà, le virus était indétectable dans mon sang. Mais, il faut que je termine le traitement jusqu’au bout ». Outre le traitement, « il faut pouvoir payer un médecin chaque semaine pour faire le suivi. Heureusement, le Dr Rittoo m’a prise en charge gratuitement ».
Malgré les résultats très positifs, la jeune femme met du temps à réaliser que la guérison est proche. « Je me suis tellement enfermée sur moi-même pendant dix ans, sans compter les effets secondaires, je ne réalise pas vraiment. De temps en temps, une joie immense me vient de savoir que la vie va recommencer ».
Vimla Marday, ancienne employée de bijouterie, ne travaille pas aujourd’hui. « J’avais suivi un cours de pâtisserie mais je ne prends pas de commande de peur que les gens qui soient au courant de ma maladie soient réticents ». Ce qui aura été le plus dur durant toutes ces années en tant que malade, « c’est de savoir qu’à tout moment je pouvais avoir le cancer et ne rien pouvoir y faire. Je me sentais impuissante faute de moyens financiers. Et, lorsque le médecin en Suisse m’a dit que j’étais malade depuis six ans, je m’attendais au pire ». D’autre part, il y avait « l’attitude des gens et les précautions que j’ai dû prendre pour ne pas propager la maladie. Par exemple, je ne vais pas chez le dentiste de peur que si celui-ci ne stérilise pas bien ses accessoires, je puisse contaminer quelqu’un ».
Mariée depuis cinq ans alors même qu’elle avait appris qu’elle était malade, Vimla Marday estime aujourd’hui que son honnêteté vis-à-vis de son mari a payé. « Quand je l’ai connu, je ne lui ai rien caché. J’aurais pu ne pas me marier. Quand j’ai découvert ma maladie, je n’avais pas envie de me marier. Qui m’aurait acceptée ? Mais, mon époux m’a acceptée ». Toutefois, étant donné les risques qu’une mère porteuse du virus le transmette à son enfant, Vimla Marday n’a pas tenté sa chance. « Avec mon époux, on prend des précautions mais quand je serai guérie, je pourrai mener une vie complètement normale ».
Aujourd’hui qu’elle est en fin de traitement, la jeune femme dit espérer « pouvoir reprendre ma vie en main et de rattraper tout le temps perdu. Dieu m’a protégée pendant toutes ces années. Je remercie le Dr Rittoo, Cap Research et Brigitte Michel ».