Paul Bérenger, leader de l’opposition et du MMM, doute que la construction d’un nouveau Prime Minister’s Office (PMO) ou d’un nouveau parlement soient des priorités du jour. Il juge “choquant” que le contrat de conception du projet Heritage City ait été alloué “sans appel d’offres.” Il s’étonne que le Conseil des ministres ait approuvé, cette semaine, ce projet controversé “extrêmement risqué” évalué à quelque Rs 30 milliards sans préciser comment il sera financé. Paul Bérenger souligne le risque, au cas où cela tournerait mal, que le contribuable soit invité à passer à la caisse. Tout en réclamant ainsi l’abandon du projet, il prévient qu’en cas de refus du gouvernement, des enquêtes seront initiées “en temps et lieu.”
Paul Bérenger explique que son parti et lui s’opposent surtout au fait que c’est sans   appel d’offres que le Conseil des ministres a décidé d’allouer le contrat pour la conception du plan directeur du projet Heritage City à Stree Consulting. Il soutient avoir vérifié sur le Net et auprès des professionnels du secteur à Maurice pour se faire une idée de l’envergure de ce cabinet d’architectes et d’ingénieurs  de Dubaï “choisi par Bhadain avec le feu vert du Conseil des ministres.” Ces recherches, dit-il, l’ont amené à conclure qu’il s’agit de “parfaits inconnus.”
“Pourquoi pas l’appel d’offres de la SLDC?”
Paul Bérenger rappelle qu’en réponse à sa PNQ du 13 octobre 2015, le ministre des Finances, Vishnu Lutchmeenaraidoo, qui chapeautait encore l’ensemble du Highlands Project, avait laissé comprendre que Heritage City n’était qu’un élément de tout le projet. Il rappelle encore que le 10 novembre, le Grand argentier avait annoncé que la State Land Development Co Ltd (SLDC Ltd) avait lancé un appel d’offres pour la désignation d’un cabinet de consultants pour l’ensemble du projet d’Highlands dont Heritage City. Un exercice d’allocation de contrat de “consultancy” qui, explique le leader des mauves, était sur le point d’aboutir.
Le chef de l’opposition qualifie, ainsi, de “choquante” la décision du gouvernement d’allouer sans appel d’offres un contrat pour la conception du seul Heritage City qui a, entre-temps, été séparé du projet d’Highlands dans son ensemble. Paul Bérenger considère que l’argument mis en avant à l’effet que cela se justifiait par le fait qu’il s’agit d’un projet “de gouvernement à gouvernement” ne tient pas la route.
“Comment ça se peut qu’un projet de gouvernement à gouvernement ne concerne qu’un exercice de consultancy?”, se demande-t-il, à cet effet. Paul Bérenger, qui ne voit pas comment un nouveau PMO ou un nouveau Parlement puissent être des priorités du moment, demande au gouvernement d’abandonner le projet. Pour lui, ultimement, un gouvernement “responsable” se devait à la limite de revenir avec l’appel d’offres qui avait été lancé au départ par le SLDC Ltd.
“Bienvenue fraternelle au président malgache”
Le leader de l’opposition s’étonne tout aussi que le Conseil des ministres a décidé, cette semaine, d’approuver le projet Heritage City sans préciser comment il sera financé. Paul Bérenger rappelle les options successives qui ont été évoquées par les ministres Roshi Bhadain et Showkutally Soodhun, essentiellement: possibilité que Dubaï soit “le banquier et le constructeur” du projet; financement à trois volets dont au moyen du système dit de Vente à l’État Futur d’Achèvement ou encore gros financement saoudien à hauteur de Rs 18 milliards.
Dans ce dernier cas évoqué par le ministre Soodhun, le chef de l’opposition rappelle que le ministre Bhadain est venu subséquemment préciser, le 19 février dernier, qu’aucun contrat n’avait été signé par le gouvernement avec les autorités d’Arabie saoudite. Devant ce qu’il laisse comprendre comme un manque de clarté autour de ce projet de ville nouvelle à la lisière de la cybercité d’Ebène, Paul Bérenger parle de projet “extrêmement risqué.” “Il faut se rendre à l’évidence que si cela tourne mal, ces sont les contribuables qui en feront les frais”, dit-il.
“Pourquoi tant d’empressement pour un projet estimé à quelque Rs 30 milliards sans compter les millions d’autres à être payés aux consultants?”, s’interroge le leader de l’opposition. Et de lancer un “sévère avertissement”: “Des enquêtes seront initiées en temps et lieu” si les autorités gouvernementales persistent à aller de l’avant avec ce projet controversé qui, selon Paul Bérenger, “relève de la folie”, si ce n’est qu’il “pue l’arnaque.”
“Maurice n’est plus en État de droit”, considère, par ailleurs, le leader de l’opposition en commentant la démission, cette semaine, de Gérard Lincoln, administrateur judiciaire de la défunte Bramer Bank. Il allègue que ce dernier qui avait été nommé à ce poste par la Banque de Maurice (BoM) aurait été “terrorisé et menacé pour qu’il s’en aille.” Paul Bérenger dresse un parallèle avec le départ d’André Bonieux. “Peut-on s’imaginer que, dans une telle atmosphère de Far West financier, Maurice inspire de la confiance à des investisseurs étrangers?”, s’interroge-t-il.
Paul Bérenger invite, d’autre part, la population à souhaiter une “bienvenue fraternelle spéciale” au président de Madagascar, Hery Rajaonarimampianina, invité d’honneur à la Fête nationale, samedi 12 mars. Il se dit partisan d’une action concertée entre nos deux îles dans nos revendications respectives de souveraineté nationale sur nos îles éparses démembrées. Le leader de l’opposition présente aussi ses sympathies aux familles de pèlerins du Maha Shivaratree victimes, au courant de la semaine, d’un accident de la route.
Le leader du MMM confirme, enfin, que le Comité central de son parti a approuvé la recommandation du Bureau politique du MMM pour que les mauves se présentent “seuls”, la prochaine fois, aux élections générales avec lui-même, Paul Bérenger, comme candidat au poste de Premier ministre pour cinq ans. Il précise, par ailleurs, que la Task Force sous la présidence de Steve Obeegadoo constituée le 1er mai 2015 pour se pencher sur un projet de réforme du MMM met actuellement la dernière main à son rapport. Paul Bérenger annonce la possibilité de la tenue d’une Assemblée spéciale des délégués mauves le jour de la Fête du Travail pour discuter des propositions d’amendements à la Constitution du MMM.