Hier matin, Navind Kistnah, qui se prépare à solliciter une Immunity from Prosecution dans les saisies de 135 kilos et de 20,34 kilos d’héroïne des 9 et 24 mars derniers, a entamé sa troisième séance d’interrogatoire formel. Même avec ces premières confessions, les limiers de l’Anti-Drug and Smuggling Unit du Deputy Commissioner of Police Choolun Bhojoo n’ont pas encore franchi l’étape des révélations cruciales à être consignées de manière formelle. Entre-temps, l’absence d’informations au sujet d’un autre suspect dans ce réseau de drogue, Homanchul Kumar Ramdin, âgé de 54 ans, père de famille, habitant rue Paul et Virginie à Vallée-des-Prêtres, inquiète terriblement ses proches et la police. Un avis de recherche a été lancé depuis la  fin de la semaine écoulée.
Au cours de ces trois premiers contacts avec l’équipe d’enquêteurs de l’ADSU menée par le surintendant Azima dans les locaux du CID de Port-Louis Sud, dotés d’équipements de video recording, Navind Kistnah a été longuement entendu au sujet de ses débuts à la douane, du système de travail mis en place, du nombre de Consignments reçus à Port-Louis depuis qu’il a débuté avec sa compagnie, de même que les clients concernés. Selon la progression de l’enquête, ce ne sera que dans les jours à venir que le poids des aveux commencera à se faire sentir avec des développements, probablement de nouvelles interpellations et inculpations provisoires ou même des confrontations avec d’autres suspects.
Mais il est de plus en plus évident que les parrains de la mafia de la drogue sont bel et bien des trafiquants purgeant de longues peines d’emprisonnement, dont le dénommé Peroumal Veeren. D’un côté, il y a les informations fournies de manière préliminaire par Navind Kistnah et de l’autre les numéros de contacts dans les mémoires des téléphones cellulaires saisis sur des prisonniers à la prison ou lors des perquisitions de l’ADSU et de l’Independent Commission Againt Corruption. Un exercice de Comparing of Notes des relevés téléphoniques entre les différents Investigating Panels est à prévoir aussitôt les Judge’s Orders pertinents sont émis au terme des dispositions de la loi.
Un renforcement des mesures de sécurité
A ce stade, très peu de détails ont transpiré quant à la teneur des réponses apportées par Navind Kistnah, qui a retenu les services de Mes Rama Valayden et Neelkant Dulloo. L’un des rares éléments demeure que le directeur de Kun Management INT Co Ltd a concédé avoir utilisé les noms d’autres compagnies pour les besoins des importations. « Ine servi noms lezotte konpagni pou sa bann travay », aurait laissé entendre le suspect sans aucune précision au sujet de l’accord et le consentement des parties concernées.
Compte tenu de l’importance des informations, qui seront versées dans le dossier à charge et les risques inhérents à la sécurité de tout ceux qui sont impliqués dans cette enquête, de strictes mesures de vigilance et de contrôle entourent chaque étape. Tout déplacement de Navind Kistnah hors de sa cellule au QG de l’ADSU nécessite le déploiement d’éléments de la Special Mobile Force et de la Special Supporting Unit, même si les locaux du CID de Port-Louis Sud sont situés à un bloc du Compound de l’ADSU.
Au fur et à mesure que progressent les aveux de Navind Kisnah, il faudra s’attendre à voir un renforcement des mesures de sécurité. Ces craintes ont gagné en importance vu qu’à ce jour, un partenaire de Navind Kistnah dans les milieux des courtiers et potentiels suspect dans le réseau est porté disparu. Aucune trace de Homanchal Kumar Ramdin depuis le 17 mars dernier. Dans une déposition à la police au sujet de sa disparition, son épouse affirme que la dernière fois qu’il avait vu son conjoint était quand il avait été déposé leur fille au collège.
Aucune nouvelle de Homanchul Kumar Ramdin au cours de ces six dernières semaines, même pas un appel téléphonique pour prendre des nouvelles de la famille. Au lendemain de la saisie des 135 kilos d’héroïne dans les six compresseurs à bord du MSC Ivana le 9 mars, ce suspect avait déserté le toit conjugal pour aller chercher refuge ailleurs en vue d’éviter d’être appréhendé par l’ADSU et l’ICAC. D’ailleurs, des membres de la famille Kistnah avaient pu le rencontrer durant le week-end de la fête du 12 mars à la demande de Navind Kistnah, qui était en Afrique du Sud.
Toutefois, la situation devait changer de manière dramatique avec un black-out total avec la famille. L’avis de recherche émis vendredi par la police constitue une indication de l’évolution difficile de la situation, ouvrant la porte à aux pires spéculations.
Avec les enquêtes au niveau de l’ADSU et de l’ICAC et les noms des avocats dans le Karne Labutik et en parallèle, les listes de contacts extra-professionnels avec des prisonniers dans les dossiers de la commission d’enquête par l’ancien juge de la Cour suprême, Paul Lam Shang Leen, des membres du barreau pourraient se retrouver dans des positions inconfortables, pour dire le moins. Après l’épisode des Prison Officers, le train des avocats devrait s’arrêter d’un moment à l’autre devant la porte de la commission d’enquête sur la drogue…