Après le communiqué émis hier par la station météorologique de Vacoas sur les risques de houles de cinq mètres et de raz-de-marée, pouvant causer une détérioration de l’état de la mer au cours de la nuit d’hier, la vigilance était de mise dans le Sud. Alors que certains s’en donnaient à coeur joie dans la baie au Morne, d’autres, inquiets, suivaient la situation de très près et prenaient les précautions nécessaires…
17 heures hier. Des touristes français et anglais pratiquent du kite-surf au Morne. Ils ne semblent pas au courant du « high waves warning bulletin » de la station météorologique de Vacoas indiquant que des houles du sud d’environ cinq mètres pourraient se manifester en haute mer et une possibilité d’un raz-de-marée sur le littoral sud et ouest. Comme eux, des colporteurs de plage que nous avons rencontrés ignorent aussi tout de ce phénomène, qui est dû à « l’effet combiné d’une zone de basse pression et d’un anticyclone dans la région ».
Un peu plus loin sur la plage du Morne, des Scouts qui font du camping, disent suivre de très près la situation. Les responsables de ce groupe de jeunes âgés de 10 à 14 ans expliquent que c’est un parent qui leur a communiqué l’information hier matin. « Nous sommes en contact permanent avec les gardes-côtes… De plus, nous sommes parés à toute éventualité. Si les houles commencent à représenter un réel danger, nous avons déjà des véhicules en stand-by pour évacuer les jeunes qui sont sous notre responsabilité », précise Kersley Frédéric, Assistant Group Scout Leader du 19e Upper Plaines-Wilhems.
Malgré le « high waves warning » de la station météorologique de Vacoas, les responsables des Scouts ont pu respecter le programme d’activités prévu hier. Ils ont cependant préféré réduire les baignades. « Nous attendons plus d’informations des gardes-côtes… Si une catastrophe se présente, notre priorité sera de mettre les enfants à l’abri », souligne Kersley Frederic.
Après une rude journée, les pêcheurs, eux, regagnent la terre ferme.Une fois les poissons et autres prises débarqués, ils ne manquent pas d’amarrer fermement leurs pirogues. « Gramatin vers 11 h (NdlR : hier matin) ki bann coast gard inn inform nou ki kapav ena bann houles ek raz-de-marée. Kan ena sa bann fenomenn-la, bann coast gard abitie siniale. Me nou bizin koumans pran nou bann prekosion », explique Ludovic Salmine, un pêcheur de 46 ans.
Pêcheur depuis une vingtaine d’années, cet habitant de Riambel explique que « demin matin (NdlR : ce matin) ki nou pou guette situation couma li ete avan prend decision ale la pess ». « Ver 6 h mo pou fini arriver pour guet le temps couma ete… » avance Ludovic.
Les habitants du Morne expriment aussi leur inquiétude face à ces phénomènes naturels. Jean François Auguste, qui vit à une trentaine de mètres de la plage, se souvient d’ailleurs des fortes houles qui ont touché en 2007 le sud de Maurice et Rodrigues. « Kan sa ti arive nou ti bizin kit lakaz nou ale. Nou tou ti byin per. Me avek letan sa freyer la inn ale. Nou lagon gran ek bann vag la pou kraz loin. Selman ena enn minimum prekosion ki nou tou bizin pran », dit le trentenaire.
Comme au Morne, tout était calme hier à Rivière-des-Galets. Seul le froid hivernal se faisait ressentir. Même si de fortes houles n’ont pas touché le littoral sud dans la nuit d’hier à ce matin, tous ont les yeux rivés vers l’horizon et restent sur le qui-vive…