C’est un véritable drame qui s’est joué hier en début d’après-midi dans le petit village de Grande-Retraite. Christiane Moussa, une femme de ménage de 46 ans, a été sauvagement tuée à coups de machette par son compagnon Vishnu Bungari, 55 ans, qui a ensuite tenté de se suicider. Il se trouve actuellement aux soins intensifs à l’hôpital de Flacq. Les limiers de la Criminal Investigation Division sont à pied d’oeuvre depuis hier soir pour établir le mobile de ce crime. Par ailleurs, la police de Trou-aux-Biches enquête depuis hier matin sur un cas de serious assault dans lequel un pêcheur de Tamarin a poignardé sa femme avec un tournevis après une récente séparation.
Selon les recoupements d’informations dans les milieux autorisés de la police, Vishnu Bungari a agressé mortellement Christiane Moussa peu avant 14 heures. Très peu de détails ont toutefois transpiré sur le déroulement de ce crime dans la modeste maison des Moussa située dans un champ de canne à Grande-Retraite, le présumé meurtrier étant en Intensive Care Unit et le couple étant seul au moment du drame.
Vishnu Bungari a ainsi assené plusieurs coups de machette, surtout au visage, à Christiane Moussa, sa compagne depuis quatre ans. Après ce meurtre atroce tout porte à croire que le présumé meurtrier a été pris de remords : il a avalé une certaine quantité de substances nocives pour mettre fin à ses jours. Sa tentative de suicide a toutefois été un échec, son neveu Raj Bhoodoo (40 ans) arrivant à temps pour le transporter d’urgence à l’hôpital de Flacq.
Durant le trajet au centre hospitalier, Vishnu Bungari se serait confié à son neveu Raj Bhoodoo, en lui expliquant qu’il avait mortellement agressé sa compagne de 46 ans, une mère de huit enfants, à coup de machette. Raj Bhoodoo a alors contacté le poste de police de Brisée-Verdière à 21 h 05 pour l’informer de ce crime atroce.
Chez les Moussa, quatre des huit enfants qui vivent toujours sous le toit familial s’inquiétaient de ne pas trouver leur mère au travail. « Kan monn rentre lakaz monn dir mo soeur al crier mo mama dan travay me li pa ti laba. Noun essay sonn li lor so portab me so telefonn ti teign. Nou finn pense ki mo mama pou fini travay tard… » confiait ce matin Jonas Moussa (20 ans), anéanti par les événements de ces dernières heures. La découverte macabre a été faite un peu plus tard dans la soirée. La victime était allongée sur le lit de sa chambre. « Enn moman asoir mo finn al dan lasam mo mama, la porte-la ti ferme. Kan mo finn rentre dan lasam la monn trouve enn dimounn anba molton. Kan mo tir couvertir la mo trouv mo mama dan enn la mar disan ek enn la mass a kote ar so latet », poursuit-il avec une voix cassée par le chagrin. Christiane Moussa, méconnaissable, était allongée sur le ventre, la tête tournée vers le mur.
Pratiquement au même moment, des policiers du poste de Brisée-Verdière sont arrivés sur les lieux après le request de Vishnu Bungari. Des mesures ont été prises immédiatement et le lieu du crime a été coordoned-off en attendant les éléments du Scene of Crime Office (SOCO) pour le prélèvement d’indices et de preuves et des responsables de la CID de Flacq. L’autopsie de Christiane Moussa était en cours durant la matinée. À ce stade de l’enquête, le présumé meurtrier étant en ICU, le mobile de cette agression mortelle demeure inconnu. Le jeune Jonas Moussa affirme, lui, que depuis au moins une semaine et demie, le compagnon de sa mère présentait des signes d’inquiétude et les disputes s’accumulaient ces derniers jours. « Missie-la ti inpe bizar ek ti pe paret stresser. Mo kone li ti pe gagn problem dan so travay dan enn lotel. Bann la pa finn donn li cass ki li ti bizin gagner… » raconte le fils de la victime.
D’autre part, la police de Trou-aux-Biches se retrouve depuis hier matin avec deux cas de serious assault et d’attempt at suicide sur les bras. En effet, un pêcheur de Tamarin âgé de 47 ans a violemment agressé hier vers 8 h 45 sa femme de 46 ans avec un tournevis après une récente séparation. Comme dans le meurtre de Grande-Retraite, le présumé agresseur a avalé une substance nocive pour mettre un terme à ses jours. L’état de santé des deux présumés meurtriers admis à l’hôpital du Nord inspire de vives inquiétudes.