La Doha Academy, à Phoenix, dont la gestion et le contrôle sont au centre d’un bras de fer entre deux groupes, connaît un coup de force physique. Le groupe, qui assurait jusqu’à hier l’administration de cette institution académique à vocation islamique, a été expulsé de force des locaux depuis hier après-midi, les challengers installant leurs hommes dans des postes clés. Ce matin, les conseils légaux des expulsés tentaient d’obtenir un nouvel ordre de la Cour suprême en vue de les rétablir dans leurs droits au terme d’une précédente décision intérimaire de cette même instance. Toutefois, des parents d’élèves se disent « inquiets » de l’ambiance « traumatisante » dans l’enceinte de cette institution scolaire, avec au moins un cas d’agression contre le manager de la Doha Academy of Tertiary Education commis hier après-midi.
Des recoupements d’informations effectués par Le Mauricien de sources concordantes indiquent que des membres de la bande rivale avaient débarqué hier à la Doha Academy à la tête d’une quarantaine de personnes en vue de faire exécuter un ordre par un huissier privé. Des échauffourées devaient ensuite éclater entre les deux groupes, les responsables étant littéralement expulsés de force pour faire place à de nouveaux. Le manager de la Doha Academy of Tertiary Education a d’ailleurs consigné une déposition à la police hier en début de soirée pour « agression physique » contre sa personne alors qu’il se trouvait dans son bureau. Il accuse trois personnes, dont une est déclarée person non grata par la Cour suprême, d’avoir pénétré dans son bureau et de l’avoir « assommé ». Il a par ailleurs été blessé au bras et au pied.
Ce matin, la nouvelle administration avait fait remplacer les serrures de toutes les portes d’accès à la Doha Academy ainsi que des bureaux des responsables. Le circuit de caméras de surveillance aurait également été « désarmé » alors que l’accès à l’enceinte de l’institution est désormais contrôlé de manière systématique. Les membres de la Doha Academy, qui ont été expulsés des lieux hier, multipliaient ce matin les initiatives sur le plan judiciaire pour entrer dans leurs droits et reprendre le contrôle de la situation, comme il avait été ordonné précédemment par le juge Bhaukaurallee siégeant en référé. Ils ont retenu les services de Mes Shawkat Oozeer et de Mahamad Baccus.
Des parents d’élèves fréquentant la Doha Academy cachent difficilement leurs appréhensions devant la situation, qui se développe avec l’intensification de cette guerre de clans. « Quand j’ai reçu un appel téléphonique hier faisant état de graves incidents à la Doha Academy, j’ai accouru, car il y va de la sécurité des enfants qui y sont inscrits. De ce que j’ai pu témoigner, c’était extrêmement traumatisant pour les enfants. Et ce matin, je suis retourné à l’école. Le contrôle exercé à la porte est encore plus effrayant », ajoute un parent d’élève, qui souhaite voir les autorités mettre de l’ordre dans cette institution, laquelle risque de partir à la dérive.
Depuis le début de l’année, deux groupes influents se disputent en effet le contrôle de la Doha Academy à coups de dépositions et d’accusations de détournements de fonds de plus d’un demi-milliard de roupies l’un contre l’autre. Des enquêtes ont été initiées au CCID aussi bien qu’au niveau de la CID de la Central Division. Avec ce qui se passe actuellement dans l’enceinte de l’académie, un nouvel élan pourrait être insufflé à ces dossiers à la police…