Les premiers enseignants mauriciens recrutés par le ministère seychellois de l’Éducation seront en poste dès janvier 2018. C’est ce qu’a indiqué le Premier ministre, Pravind Jugnauth, lors du banquet d’Etat offert hier soir à Pointe aux Piments en l’honneur du président seychellois, Danny Faure, en visite officielle de quatre jours depuis hier à Maurice.
Pravind Jugnauth a rappelé à cette occasion la collaboration entre Maurice et les Seychelles. Outre le domaine de l’éducation, il cite ainsi de nombreux autres secteurs, tels la santé, les arts et la culture, la connectivité et le tourisme. « Le commerce entre nos deux pays a connu une croissance significative et le tourisme est devenu un des piliers économiques majeurs de nos deux pays », a-t-il déclaré, avant de rappeler l’existence de la commission mixte Maurice/Seychelles, qui ouvre la voie à une coopération bilatérale accrue dans ces différents domaines. De même, il a rappelé que, depuis la signature du DTAA (Double Taxation Avoidance Agreement) entre nos deux pays en 2011, de nombreuses entreprises mauriciennes se sont établies dans le secteur financier aux Seychelles. Et d’ajouter : « Il y a une collaboration totale entre les autorités régulatrices de nos deux pays. » 
Le Premier ministre a mis ensuite l’emphase sur les points communs de Maurice et des Seychelles, comme « notre façon démocratique de vivre et notre respect pour les droits humains », ce même que « la beauté naturelle de nos deux pays ». Sur ce dernier point, il rappellera les efforts « exemplaires » des Seychelles concernant la préservation de son écosystème et son environnement naturel. « Maurice a beaucoup à gagner de l’expérience seychelloise dans la conservation de l’océan », poursuit-il. 
S’agissant du développement, Pravind Jugnauth a estimé que nos deux pays, « de même que nos voisins », ont besoin d’un environnement international et régional « paisible, qui mène aux objectifs de développement ». Il reprend : « Cependant, nous faisons face à des défis communs tant sur le plan international que dans la région. Nous devons être prêts à faire face à de nouvelles réalités dans le cadre de la fin de l’accord de Cotonou, en 2020, la fin du protocole sucre et la nouvelle approche de l’Union européenne par rapport à sa coopération sur le plan du développement, la restructuration du groupe ACP et le Brexit. Nous devons aussi nous assurer que les intérêts des Petits États insulaires en développement soient sauvegardés dans toutes les discussions avec nos différents partenaires. »
Dans la région, le Premier ministre a rappelé que nos deux pays doivent faire face à de nombreux défis, tels le trafic de drogue, le crime transfrontalier, le blanchiment d’argent, la piraterie et la pêche illégale. « Ce combat est important pour nos deux pays et nous devons joindre nos efforts dans la recherche de solutions à ces maux de la société », a-t-il souligné, avant de faire part de son inquiétude par rapport à la résurgence de la piraterie dans la région.
Pour sa part, le président seychellois, Danny Faure, a souligné l’engagement de son pays afin de continuer « à nourrir et à préserver le lien indestructible de fraternité qui existe entre nos deux pays ». Il ajoute : « Nous reconnaissons aujourd’hui la grande réussite de Maurice, qui est une source d’inspiration pour la région et le monde. » Par ailleurs, l’économie bleue, dit-il, représente « notre présent et notre futur ». Il fera de même ressortir : « Le “continental shelf” que nous gérons ensemble a un grand potentiel de développement. Nos efforts conjoints dans ce domaine devraient contribuer à la transformation de nos mers en un espace pour le développement, la croissance économique et des opportunités partagées. L’océan a en effet un vaste potentiel pour l’avancement et la prospérité en Afrique et dans le monde. »