Photo Facebook : Hindu Girls College
  • – Licenciements et suspensions injustifiés, écarts de langage et autres accusations graves à l’encontre du manager
  • – Devant le « silence » de la PSEA, manifestation de l’UPSEE cet après-midi devant l’établissement

Le Hindu Girls College, situé à Curepipe, et qui est habituellement un établissement « très calme », connaît des secousses depuis quelque temps en raison des relations « très tendues » entre le management de l’école et des employés. La Private Secondary Education Authority (PSEA) ainsi que le ministère du Travail et d’autres instances gouvernementales sont en présence officiellement depuis plusieurs semaines de plaintes de l’UPSEE concernant plusieurs pratiques « abusives » de la part du manager du collège portant atteinte aux droits et à la dignité des travailleurs et entraînant le non-respect des lois en vigueur.

Devant l’absence d’une décision de la PSEA « pour ramener à l’ordre le manager », l’UPSEE a prévu cet après-midi une manifestation devant le collège. « Nous demandons le “deregistration” du manager qui cause beaucoup de tort à cet établissement », dit Bhojparsad Jugdambi, président de l’UPSEE. La direction de celle-ci se dit « déconcertée » et « en colère » devant l’atmosphère tendue qui prévaut au sein du staff depuis quelques mois « par la faute », dit-elle, « du manager » en fonction depuis l’an dernier.

« La direction de ce collège a toujours eu, dans le passé, un ton calme et sobre envers le staff. Mais ce n’est plus le cas depuis l’arrivée du manager en poste l’année dernière. Il bafoue les règlements et ses agissements portent un coup à la réputation de cet établissement », dit Bhojparsad Jugdambi, président de l’UPSEE. Ce syndicat fustige la PSEA pour son « silence » au sujet de l’attitude « grossière et inacceptable » du manager envers certains membres du personnel. « Les amendements à la loi en 2007 donnent des pouvoirs à la PSEA d’agir en cas de mauvaises pratiques dans la gestion des écoles et de mauvaise conduite de la part des responsables des établissements. Pourquoi la PSEA, qui est au courant des problèmes au Hindu Girls College, n’agit-elle pas ? » se demande le président de l’UPSEE.

Que reproche-t-on exactement au manager de cet établissement ? D’abord, l’UPSEE évoque pas moins de trois cas de licenciement et un cas de suspension qui seraient « sans fondements », et ce en « ne respectant pas » les procédures établies par la PSEA Act et l’Employment Rights Act. Après enquêtes du ministère du Travail dans un cas, le management a été obligé de payer une compensation d’environ Rs 100 000 à une jeune enseignante ayant tout juste une année de service. Dans un autre cas, la direction a levé la suspension concernant un membre du personnel non-enseignant. Un autre enseignant a été renvoyé, préférant ne pas donner suite à une action légale à l’encontre de son ancien employeur car il a décroché entre-temps un emploi dans un autre collège.

En revanche, le licenciement d’une enseignante ayant plusieurs années de service et faisant partie du comité exécutif de l’UPSEE suscite la grande colère au sein du personnel et parmi ses proches. Selon les dirigeants du syndicat, le directeur de la PSEA aurait lui-même reconnu, lors d’une réunion à son bureau le vendredi 22 mars, que le licenciement de cette enseignante serait « illégal » car les procédures n’ont pas été respectées par l’employeur.

« Ce jour-là en présence de témoins, le directeur de la PSEA nous a promis qu’il a envoyé une lettre au Manager du collège pour l’informer du caractère illégal du licenciement de cette dame. Le directeur a aussi ajouté que la PSEA n’autorisera pas le recrutement d’une autre personne à la place de cette enseignante. Mais à ce jour celle-ci attend toujours une lettre du collège pour sa réintégration. La PSEA joue-t-elle le jeu du manager ? » questionne le président de l’UPSEE.

Mais ce qui « scandalise » aussi l’UPSEE, c’est la démarche du Manager du collège de s’enquérir ouvertement auprès des autres profs de l’appartenance ethnique de l’enseignante licenciée. Ce syndicat juge « très grave » qu’un responsable d’une institution éducative demande une telle information alors que l’école a pour mission, souligne la direction de l’UPSEE, de « travailler pour la construction de la société mauricienne sans distinction de couleur, de religions et de groupe ethnique ». Il ajoute : « Nous avons informé le ministère du Travail et la PSEA de cet écart du manager et envisageons sérieusement de porter plainte auprès du ministère de l’Égalité des Genres et devant la Human Rights Commission. »

L’UPSEE s’élève aussi contre la décision du management du collège de réclamer une somme de Rs 200 par mois au personnel pour l’utilisation du parking se trouvant dans la cour et dans d’autres espaces à l’extérieur de l’établissement. L’UPSEE a vérifié, dit-elle, auprès de la PSEA si cette pratique était conforme aux règlements en vigueur et elle a obtenu une réponse négative. « La PSEA nous a dit que le management n’a pas le droit de réclamer de l’argent ni aux enseignants ni aux élèves sous n’importe quel prétexte parce que le collège bénéficie d’une “grant” assez conséquente du gouvernement », affirme le président de l’UPSEE.

Après sa rencontre avec le directeur de la PSEA, l’UPSEE a envoyé une récente correspondance à cet organisme dans laquelle elle fait deux demandes spécifiques : donner des directives au Hindu Girls College « pour la réintégration sans condition » et enclencher les procédures pour le “deregistration” du manager. « La PSEA a suffisamment de données pour répondre positivement à nos deux demandes. Si cet organisme ignore nos requêtes, nous déploierons tous nos efforts pour faire respecter l’article 54 de l’Employment Act », prévient la direction de l’UPSEE.