La dernière quinzaine du mois de mars s’annonce extrêmement cruciale sur le plan politique dans la perspective de la prochaine assemblée des délégués du week-end du 14 avril et d’autres événements majeurs avant cette prochaine échéance. Entre-temps, les hostilités au plus haut sommet de l’État ont été enclenchées, dimanche soir, lors des célébrations pour le 44e anniversaire de l’indépendance et le 20e de la République. Désormais, il faudra s’attendre à l’escalade entre le président de la République sir Anerood Jugnauth et le Premier ministre Navin Ramgoolam.
Le président de la République a choisi trois thèmes majeurs pour son intervention à cette occasion et pour un virulent choc frontal avec le gouvernement. Ils sont le fléau de la drogue, la détérioration de la situation économique au niveau des ménages et la frustration dans la fonction publique.
Au chapitre de la drogue, sir Anerood Jugnauth est revenu à la charge après la pique du Premier ministre, samedi, lors de sa conférence de presse. Pour étayer ses dires, il a pris à témoin les analyses du département d’État américain sur la consommation de la drogue à Maurice. « Eta amérikin pe tir sonet dalarm lor konsomasyon heroïne dan Moris. Departman d’Eta amérikin ine trouv sa. Mé bann otorité dan Moris pa trouvé », lance-t-il à l’assistance à la Hindu House en présence du Premier ministre.
L’autre cheval de bataille du président de la République dans ses attaques contre le gouvernement concerne l’évolution des prix au détail et les répercussions sur les ménages. Toujours le plan économique, il ne manquera pas de dresser le parallèle avec l’époque où il était le Premier ministre en avançant que « nou ti tire sa pays-là dan bankrout. Ou pou rappelle kan ti enan plein anplwa, kouma zanfan kit lekol, zotte gagn travay. Sa ti la péryod de glwar. Bizin retrouv sa bann moman la ».
Le président de la République laisse percevoir son désaccord avec les récentes hausses des tarifs d’eau et d’eaux usées et également du gaz ménager. « Dimounn pe servi dibwa pou kwi manzé. Gaz trop ser », fait-il comprendre.
Abordant la situation dans la fonction publique, le président de la République a pris le ton de la dérision par rapport à la réforme mise à exécution. « Mo tann dir gran gran réform pe fer dan servis piblik. Beh, si pena job satisfaction, kot ou kwar pou ena dévouman », ajoute-t-il en faisant allusion à des attentes d’une à cinq années pour des promotions dans le service Civil.
De son côté, le Premier ministre, qui avait déjà pris la parole, a déclaré à la presse à la fin des célébrations que « le président de la République est devenu vieux. Li pe gagn ène sertin laz.  Li pa konné ki li pe dir ». Il lui a également lancé un défi de descendre dans l’arène politique.