Le Board des Racing Stewards, composé de Stéphane de Chalain (Chief Stipe), Marc Piat, Michel Halbwachs et Tanvir Adamjee, a entendu pendant plus de deux heures hier matin les explications de l’entraîneur Hugues Maigrot et du palefrenier James Fidèle au sujet du dopage de Mc Naught. L’entraîneur a écopé d’une amende de Rs 100 000 alors que le palefrenier du cheval a vu sa suspension prolongée.
On se rappelle que le laboratoire du Mauritius Turf Club avait décelé la présence d’un produit prohibé, nommément le diclofenac, dans le sang et l’urine du cheval Mc Naught après sa course victorieuse du 24 novembre dernier. Le chef chimiste, Bertrand Baudot, a fait ressortir que le diclofenac a été vraisemblablement administré par voie orale ou intraveineuse vu la grande quantité retrouvée dans l’organisme du cheval. Il devait dire que l’analyse de sang effectué le jeudi précédant la course n’avait rien révélé d’anormal et que l’administration ou l’injection du produit devait avoir eu lieu entre jeudi après-midi et samedi matin.
Après un exposé détaillé des faits, les auditions se sont déroulées séparément. À tour de rôle, les personnes concernées se sont présentées devant les RS. Shahnawaz Rawat, Security Manager du MTC, devait d’abord éclairer les RS concernant le système de sécurité mis en place par le club. Une des mesures phares est le fait qu’un surveillant, dès jeudi après-midi à 14h, doit observer en permanence les faits et gestes d’un cheval potentiellement en compétition lorsque celui-ci est hors de son box.
À cet effet, Kelvin Ramkalawany et Dominique Radassamy avaient tous deux cette tâche chez l’écurie Maigrot. Toutefois, ces derniers disent n’avoir rien remarqué d’anormal. Aucun grillage n’a été endommagé et aucun cadenas forcé. D’après leurs dires, ils étaient à tout moment en compagnie du palefrenier James Fidèle lorsque ce dernier était en contact direct avec Mc Naught.
Ce à quoi le Chief Stipe devait émettre des réserves. En effet, rejoints par les autres RS, ces derniers ont fait mention du box numéro 11 dans lequel se trouvait Mc Naught et du fait que la mangeoire se trouvait à l’opposé de la porte d’entrée. Quelqu’un, en l’occurrence le palefrenier, aurait pu verser le produit prohibé dans la nourriture du cheval sans que les surveillants ne remarquent quoi que se soit.     
Tenu responsable dans ce cas de dopage, l’entraîneur Hugues Maigrot a fait ressortir que c’est le MTC qui lui a imposé ses mesures de sécurité et ne voit pas comment il aurait pu mieux faire afin de renforcer la sécurité au sein de son écurie. Il a tenu les officiels du MTC pour responsables et a laissé entendre que ce n’était pas de sa faute s’il y avait eu une éventuelle connivence entre les surveillants et l’auteur de la maldonne.
Toutefois, les RS lui ont fait part qu’il avait signé le document relatant le strict liability du Rule 202. Répondant du tac au tac aux RS, l’entraîneur devait dire qu’il n’avait pas vraiment le choix. C’était signer le document où se retirer du giron vu qu’il n’aurait pas pu renouveler sa licence.
Les RS ont pris en considération le fait qu’Hugues Maigrot n’a, en dix-huit ans de carrière, jamais été sanctionné pour ce genre de faute avant de lui imposer une amende, alors que le palefrenier a vu sa suspension prolongée en attendant que le département des ressources humaines ne statue sur son cas.